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50 minutes avec Edouard Glissant

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Publié le 05/12/2009

Bertrand Caruge m’invite de temps à autres à venir parler de l’actualité de Politiques Publiques au "rendez-vous de la presse", sur radio Martinique le samedi de 12 à 13h. Et c’est avec plaisir que je viens entendre et interroger le témoin de l’émission, et partager les regards sur la semaine avec les journalistes professionnels invités.

Le "grand témoin" de ce samedi 5 décembre 2009 était Edouard Glissant, de passage en Martinique pour le 20ème prix Carbet de la Caraïbe. Inutile de vous rappeler qui est Edouard Glissant. Juste inviter ceux qui ne le connaissent pas à aller découvrir cet immense penseur et écrivain, créateur du concept de "créolisation" du monde, et observateur attentif de cette réalité.

En 50 minutes, Edouard Glissant a livré un regard limpide et incisif sur tous les sujets qui lui étaient proposés.

Parlant de Barack d’Obama, Glissant considère que la société "américaine", au sein de laquelle il vit depuis de nombreuses années, est à la croisée des chemins. Addition de communautés, elle s’est projetée le temps de l’élection d’Obama dans un nouveau monde, un espace du milieu, celui justement de la "créolisation". Un pas difficile à accomplir tant pour la communauté noire que pour les autres. Pourtant, Edouard Glissant rappelle "qu’on ne cesse pas d’être noir quand ont est métis", et que ce pas qui n’allait pas de soi pour la communauté noire, constituait pourtant pour elle un gigantesque pas en avant. Enfin, le poète a dressé des Etats-unis le portrait d’une société souvent conservatrice dans sa pensée, mais capable du meilleur dans le geste, dans le "faire", et qui, avec son Président, pourrait nous réserver encore bien des surprises.

Parlant de la Caraïbe, il a appelé de ses voeux l’émergence d’une "communauté caraïbéene" qui peine à se concrétiser, et souligné le formidable bouillonnement de cultures et d’idées qui anime notre région. Une caraïbe dont il souhaite que ceux qui y parlent français, espagnols et anglais soient tous pleinement partie prenante, loin de la forme de défiance qui caractérise toujours leurs relations.

A propos du débat douteux qui a cours en France autour du thème de l’identité nationale, son regard est sans appel et son commentaire bref : "Les débats sur l’identité nationale sont - quand ils sont organisés - des débats vains et inutiles".

Réticent à commenter l’actualité locale, et notamment les sujets sensibles du moment, Glissant a finalement accepté, avec de nombreuses précautions, de livrer un sentiment qu’il a qualifié de personnel et subjectif, ne maîtrisant pas tous les tenants et aboutissants des dossiers évoqués.

A propos du Lycée Schoelcher, l’écrivain a brièvement rappelé qu’il y avait fait ses classes de jeunesse, et que sa "position", une fois de plus "personnelle et subjective", serait qu’un maximum d’éléments fidèles à la structure actuelle soient préservés ou rebâtis à l’identique, ce qui ne lui paraissait pas être le cas dans le dernier projet présenté.

Pour ce qui est du débat politique en cours, et de janvier 2010, Edouard Glissant a regretté la "notoire insuffisance" de la consultation telle qu’envisagée, "qui accule les martiniquais et les guyanais à choisir tel ou tel article de la constitution française, un choix pour le moins limité", qui ne laisse pas de place à l’imagination des peuples.

50 minutes avec Edouard Glissant...un autre monde est possible !

FSRR

Cliquez ici pour lire les 6 commentaires

  • 50 minutes avec Edouard Glissant 6 décembre 2009 10:18

    j’aurais aimé qu’il s’expliqaue plus sur l’état mental d’un gouvernement français qui prend les antillais et les guyanais dans une véritable trappe ; dommage qu’il fuit la question ; on ne reconnaît plus le combattant qui fut notre modèle, à nous jeune étudiant des années soixante.ON NE RECONNAÏT PLUS LE COMPARSE ET BEAU6FR7RE DE mARC pULVAR.Je pense qu’il prend trop de hauteur pour se protéger ; le discours et le détour, il l’a lui-même décrit.

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  • Martiniquaise responsable 6 décembre 2009 16:41

    J’aurais aimé savoir sur quel article Edouard Glissant aurait souhaité qu’on interroge les Martiniquais, sachant que le Président de la République a clairement déclaré qu’il n’est pas favorable à une modification et que les Martiniquais ne pourront voter leur propre article... ????
    C’est bien beau que notre distingué Edouard Glissant ait usé ses pantalons au lycée Schoelcher mais doit-on pour autant le reconstruire à l’identique pour cette seule raison ?
    Quel est ce fétichisme ?
    Parce qu’Aimé Césaire y a fait ses classes et enseigné ?
    Les murs du Lycée Schoelcher abriteraient-ils l’âme de notre distingué poète ?
    A mon avis, l’âme d’une personne ne reste pas dans des murs...
    Il faut arrêter ce caprice d’enfant que représente le souhait que le lycée Schoelcher soit reconstruit à l’identique.
    Pourquoi aucun Martiniquais ne s’est élevé contre la destruction d’un monument aussi porteur d’histoire que le Collège Ernest Renan anciennement Pensionnat colonial, puis petit lycée des filles, "où d’éminentes dames Darnal ont rayonné" (pour paraphraser l’auteur d’un article à ce sujet), lorsqu’il a été détruit et remplacé par un parking ?

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  • 50 minutes avec Edouard Glissant 7 décembre 2009 02:12

    c est malheureux pour toi Martiniquaise responsable, tu n as pas beaucoup d imagination par contre.
    sectaire et enfermé dans un discours partisan fanatique qi t empeche de t ouvrir à toutes remarques constructives

    Essaie d imaginer qu il n y est en france plus de tour effeil, plus de musee du louvre et plus de lycee Louis Le grand, pour parler ce lycee classe monument historique a accueilli des eleves prestigieux futurs presidents dont jacques chirac et senghor et enfin illustre poete et politique aime cesaire et oui. Les francais aurait du faire comme le president de region le detruit car trop vieux et ben non il l on classé et entrepris de le renove en 1995 en gardant je cite "L’histoire matérielle traduit aussi certaines de ces caractéristiques : un goût affirmé pour l’expansion et la double volonté de moderniser, avec méthode et de façon fonctionnelle, mais aussi de maintenir intacte la présence, l’âme du passé."

    ce lycee s est modernisé tout en conservant son architecture historique. Sommes nous en martinique tellement peu fier de notre histoire pour vouloir l effacer radicalement sous quels pretextes fondes sur quoi ?

    a cet heure aucun élements de dangerosité n a ete donné par la region pas d etudes le recteur attend toujours, sinon pourquoi la rentree a eu lieu ?

    de plus personnes n est contre sa reconstruction mais quand meme un peu de serieux et d intelligence et de culture pourquoi ne pas respect l arcitecture exwceptionnelle de ce batiment classe monument remarquable.

    Alors oui si c etait Mr Marie jeanne qui dirigeait la France ce pays aurait perdu beaucoup de sa richesse patrimoniale et le lycee Louis Le Grand illustramment connu de part le monde aurait disparu ou remplace par une Barre d’immeuble sans ame.

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  • 50 minutes avec Edouard Glissant 7 décembre 2009 15:03

    Il y a des "Martiniquaises responsables" qui entrevoient notre avenir sous les lumières blafardes d’un communisme désuet et destructeur de tout patrimoine afin d’avilir et d’asservir les hommes ! Sans passé autre que celui enseigné dans le petit livre rouge d’AJM et MIM et consort !
    L’acculturation a assez duré ! Lycée colonial, oui ! Et c’est ce qui a lieu de symbole, qui permet la prise de conscience de tout progrès ! Nous étions là, nous sommes aujourd’hui arrivés ici, et demain, nous le construiront libres !

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  • 50 minutes avec Edouard Glissant 8 décembre 2009 02:37, par Martiniquaise responsable

    Vos commentaires ne manquent pas de me surprendre.
    Pourquoi reconstruire à l’identique ? Voici la véritable question.
    Pourquoi la reconstruction de manière différente dérange et réveille les passions à ce point ?
    Je m’interroge.
    Je ne comprends pas.
    Pourquoi quand un Collège est détruit sans être reconstruit du tout, personne ne s’en offusque ?
    L’établissement Victor Schoelcher n’a pas de style architectural particulier si ce n’est "l’homogénéité du plan d’ensemble et son unité architecturale".
    Pour tout dire, on ne sait même pas quel architecte l’a construit.
    L’un des attraits de cet établissement était la magnifique vue sur la baie de Fort-de-France qui certainement inspirait notre grand poète mais que malheureusement des bâtiments H.L.M. construits en face viennent masquer...
    Un rapport sur la construction du lycée Schoelcher met en avant la dangerosité de cet établissement dès sa construction. En effet ce rapport précise que : "L’état de l’édifice pose très vite problème. L’utilisation de sable de mer pour le béton (à l’époque, le sable utilisé pour la fabrication des bétons est du sable de mer lavé) en est la principale cause : les fers à béton s’oxydent (à cause du sel) et font éclater le béton par plaques. Après de nombreuses campagnes de restauration, le lycée doit finalement être détruit.".
    Ce lycée peut s’avérer très dangereux en cas de tremblement de terre majeur.
    Un article de Francis Carole et Clément Charpentier-Tity, membres du PALIMA, daté du 2 Octobre 2008 intitulé "LE LYCEE SCHOELCHER ET LES SCHOELCHERISTES TARDIFS" rappelle les éléments suivants :
    Le diagnostic de structure et de stabilité aux séismes, réalisé en 2002, révèle l’étendue des dangers auxquels se trouvent exposés les usagers du site.
    Un site extrêmement fragile puisqu’au lendemain du tremblement de terre du 19 mars 1953, le proviseur en place, R. SEGUIN, adressait au ministre de l’Education un courrier révélant l’impact du phénomène sur les bâtiments :
    "J’ai l’honneur de vous rendre compte que le séisme ressenti à Fort-de-France le 19 mars 1953, de 04 h 30 à 04 h 31 environ a causé des dégâts au lycée Schoelcher. Tous les joints de dilatation placés entre les différents corps des bâtiments ont éclaté et sont à reprendre […]. Des murs de remplissage ont été fissurés, leur consolidation est à envisager…"
    On peut aisément s’imaginer son état plus de 50 ans après...
    En dépit de la puissance du séisme du 29 novembre 2007,ce qui a sauvé le lycée Schoelcher et bien d’autres édifices, c’est la profondeur de la secousse (150 Kms) et également la faiblesse de sa fréquence.
    La commission municipale de sécurité, présidée par un adjoint au maire de Fort de France, a déjà émis un avis défavorable à la continuation des cours dans les bâtiments de ce lycée.
    Le rectorat a certainement estimé qu’il y avait risque pour les lycéens, puisque c’est lui qui a pris la décision finale de les répartir dans d’autres lycées, sur proposition de la Région.
    L’UPEM quant à elle demande que tous les élèves soient répartis ailleurs, estimant qu’aucun des bâtiments n’est sûr.
    Il semble acquis que cet établissement scolaire, vieux de 70 ans, ne garantit pas la sécurité de nos enfants.
    Pourquoi cet acharnement à les y laisser au mépris de leur sécurité ?
    Il faut savoir raison garder.
    Des plaques de béton se fissurent et parfois tombent, les fers se rouillent...
    Comme l’a dit une ancienne enseignante de ce lycée, les questions de rivalité politique ne doivent pas primer avant les questions sécuritaires...
    La sécurité de nos lycéens doit prévaloir sur tout.
    De plus, si tous les bâtiments d’antan étaient reconstruits tels quels, il n’y aurait pas d’évolution, ni de modernisation architecturale.
    Par ailleurs, il y a des contraintes à respecter s’agissant des normes sans compter le coût d’une telle reconstruction.
    Le sectarisme c’est de ne pas admettre le moindre changement.
    Au nom de quoi ?
    Même reconstruit différemment, le lycée Victor Schoelcher demeurera un symbole si nous Martiniquais, en décidons ainsi.

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  • 50 minutes avec Edouard Glissant 8 décembre 2009 02:44, par Martiniquaise responsable

    Extrait de l’article de Francis Carole et Clément Charptentier-Tity, membres du PALIMA, intitulé "LE LYCEE SCHOELCHER ET LES SCHOELCHERISTES TARDIFS" (dans la lettre N° 4 du PALIMA du 2 Octobre 2008) :

    " C’est bien Serge Letchimy qui, sans débat, sans forum citoyen, sans mobilisation médiatique (il est des œuvres dont l’accomplissement exige un silence de moine d’ordre contemplatif), a "rasé" le Pensionnat Colonial des Jeunes Filles qui a vu passer tant de belles figures de notre histoire telles, en 1914, Marie-Thérèse GERTRUDE, Docteur es sciences, ou encore en 1926, Jane LERO, membre fondatrice et présidente de l’Union des Femmes de la Martinique jusqu’en 1949. Il n’a même pas été jugé utile d’apposer une plaque à l’emplacement de ce pensionnat… Il a paru plus pertinent à des esprits bien plus passionnés de patrimoine que les nôtres, d’ "ériger" sur le site une merveille de l’architecture post-moderne : Un parking…

    C’est encore l’édilité foyalaise qui, entre le 12 et le 13 décembre 2001, a "rasé" la chapelle de l’ex hôpital civil. Cet hôpital avait été mis en service le 14 mars 1899 et était représentatif de l’architecture de la fin du XIXe siècle. La chapelle avait été inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté en date du 16 mars 1995 et était, à ce titre, protégée.
    Une information judiciaire sur les conditions de démolition de ce patrimoine inscrit fut d’ailleurs ouverte contre la mairie de Fort-de-France qui plaida "le droit à la sécurité" des foyalais… Le même droit qui se voit aujourd’hui dénié aux usagers du lycée Schoelcher.

    Dans France-Antilles du vendredi 1 er août 2008, Serge Letchimy déclarait avoir "découvert par hasard la maquette du futur lycée ". Il a fait mieux… Dans une lettre au Préfet, datée du 26 mars 2002, il s’étonnait de "découvrir", - 7 ans après l’arrêté du 16 mars 1995 !- que la chapelle rasée quelques mois plus tôt par ses soins était inscrite : "Après vérification, il s’avère en effet et de façon surprenante que l’ensemble du site est inscrit…" On peut légitimement s’interroger sur un tel fonctionnement."

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