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Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur

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Publié le 27/08/2010

Après la mobilisation des associations locales, et l’examen (toujours en cours) d’une plainte pour "mise en danger de la vie d’autrui", les associations françaises s’intéressent à leur tour à l’affaire Chlordecone. La FNE regroupe plus de 3000 associations françaises de protection de l’environnement, dont l’ASSAUPAMAR en Martinique. Son implication pourrait faciliter l’émergence de toute la vérité dans cette affaire, où les importateurs et les utilisateurs de la chlordecone, mais également les services de l’Etat portent chacun à leur niveau de lourdes responsabilités.

Scandale du chlordécone : FNE n’hésitera pas à aller en justice

"Ce mercredi 25 aout, nombre de médias se sont faits l’écho d’un rapport de l’INRA et du rapport de l’AFSSET, enfin publié, mettant sévèrement en cause les grands planteurs de bananes et la complaisance de l’Etat, pour leur responsabilité dans la pollution au chlordécone des bananeraies des Antilles françaises. Un scandale sanitaire et écologique inacceptable.

La catastrophe aurait pu être évitée

Dans un premier mouvement salutaire, le ministère de l’agriculture avait interdit l’usage de ce pesticide dès 1968, en refusant son homologation. Mais, la pression des lobbies aidant, une autorisation provisoire d’un an a été délivrée en 1972 et a couru, sous différentes formes, jusqu’à 1993 aux Antilles. Les Etats-Unis, pourtant souvent indulgents face au lobby international de l’agrochimie très bien représenté dans leur Parlement, l’ont interdit dès 1976 !

L’amiante des Antilles ?

Le chlordécone, considéré comme et perturbateur endocrinien a été identifié comme « bioaccumulatif » dès 1979 : il est peu ou pas éliminé par les organismes dans lesquels il s’accumule et classé comme cancérigène potentiel. Pour José Cambou pilote du réseau Santé environnement : « Les effets sanitaires dus aux produits cancérigènes peuvent mettre plus de dix ans pour se faire jour, comme dans le cas des expositions à l’amiante. ». Or du fait de sa diffusion dans le milieu, comme polluant organique persistant (POP), et en particulier dans les cours d’eau et les nappes phréatiques, le chlordécone a vraisemblablement atteint l’ensemble des populations mises en contact.

L’avenir de l’agriculture hypothéqué

Les ravages du chlordécone ont été identifiés en 2009. L’OPCEST (1) dressait un tableau sombre dans un rapport peu suspect « d’écologisme » : « à la Martinique et en Guadeloupe, respectivement 19% et 15% des surfaces agricoles utiles sont contaminées, et 8% et 9% très contaminés, c’est-à-dire avec une concentration supérieure à 1milligramme par kilo. Elle correspond à la valeur-seuil au-dessus de laquelle la contamination des végétaux est trop importante pour permettre des cultures, notamment des légumes racines ». Le scandale est donc tout à la fois écologique et sanitaire.

FNE : partout où la nature et les hommes ont besoin de nous

Pour Bruno Genty, président de la fédération France Nature Environnement : « FNE, avec ses associations ultramarines membres sera très vigilante. Si une prévalence forte de cancers apparaissait dans les Antilles françaises et qu’elle était imputée à l’usage prolongé du chlordécone, FNE et ses associations pourront agir en justice pour atteinte à la nature et en soutien des victimes éventuelles. »"

[Communiqué du 27.08.2010]

(1) Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, sous la plume de la sénatrice Catherine Procaccia et du député Jean-Yves le Déaut

Cliquez ici pour lire les 6 commentaires

  • Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur 27 août 2010 07:55, par Delta

    Il ya dans ce dossier pris dans sa globalité, tous les ingrédients des scandales que nous avons l’habitude de voir ....à la télévision. Pourtant, c’est bien chez nous. Alors que faire ? Qui est coupable ? Qui est responsable ? Comment s’en sortir ?
    Je n’en sais rien moi-même, abasourdi une nouvelle fois par les dysfonctionnements de notre microcosme.

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  • Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur 27 août 2010 11:36, par sunlight

    Quatre formules différentes du Roundup, l’herbicide au glyphosate fabriqué par Monsanto, sont hautement toxiques pour les cellules humaines, et cela à des concentrations bien en dessous de la quantité recommandée pour l’usage agricole. Les chercheurs de l’Institut de Biologie de Caen, en France, ont publié leurs dernières conclusions dans le numéro actuel de Chemical Research in Toxicology [1] [Ce fait a été révélé il y a quelques temps au grand public par notamment un interview au 20 Heures de TF1, ndt]

    Le "scandale" du ROUND UP est pour quand ? Dans 10 ou 20 ans ?

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  • Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur 27 août 2010 15:22, par Jacques

    Nier l’évidence de la part des autorités centrales alors qu’il existe des preuves accablantes sur leur responsabilité sur ce dossier du chlordécone mûrement réfléchi et programmé contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, ne serait pas très futé.

    Alors, ces gentils amoureux des Antilles qui ne sont pas tombés de la dernière pluie, adoptent une stratégie simple : faire des révélations croustillantes sur la légèreté avec laquelle a été instruit par les différents ministères ce dossier du chlordécone dont manifestement les enjeux de son utilisation aux Antilles, n’ont pas encore été décryptés par les Antillais , ceci dans l’unique but d’ apparaître sincère pour mieux ensuite l’enterrer .

    Les associations qui ont porté plainte contre l’Etat savent qu’elles n’ont aucune chance de voir leur plainte aboutir pour une raison simple : il faut d’une part prouver que nous sommes en présence d’un poison qui a été administré d’autre part en toute connaissance de cause et enfin qu’il existe un lien de causalité entre l’administration du poison et la pathologie occasionnée à un citoyen qui s’en plaindrait.

    Et comme il fallait si attendre, on assiste à l’immixtion d’associations métropolitaines de protection de l’environnement pour éviter que ce dossier, révélateur des intentions « bienveillantes » qu’ont ces amoureux désintéressés pour les Antilles , ne vienne contrarier en autre l’intégration des Antilles .

    Ces associations métropolitaines jouent le rôle d’une épuisette qui rattrape ceux qui par mégarde sortent des clous .

    On a eu l’occasion d’observer le même comportement lors de la grève de 2009 en Guadeloupe et en Martinique avec la venue sur place de représentants d’organisations politiques métropolitaines de gauche ou d’extrême gauche prenant bien entendu position en faveur des revendications du LKP et du K5F, qui loin d’apporter un soutien sincère , contribuaient en réalité à ce que l’intégration de la Guadeloupe et de la Martinique ne soient altérer par ce grand mouvement social aux résultats discutables par ailleurs.

    Si les Antillais comprenaient ce qui a motivé une telle volonté d’autoriser l’utilisation du chlordécone, à n’en pas douter, les Antilles seraient à feu et à sang.

    Ce dossier est selon toute vraisemblance le plus sensible de l’histoire de Martinique et de l’histoire de Guadeloupe .

    Il n’y a rien d’innocent en effet dans cette saga présentée comme fortuite ou dictée par les intérêts des grands planteurs.

    C’était une aubaine inespérée à ne surtout pas rater pour les autorités de l’Etat dont plusieurs d’entre elles déclaraient la main sur le cœur être des amoureux des Antilles.

    Des amoureux comme cela, les Antilles s’en seraient bien passer .

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    • Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur 27 août 2010 20:47, par quès aco ?

      A Jacques et à d’autres, à qui la visite ministérielle donne des boules. Et même à tous.

      Si le nombre de responsables ne s’élève pas à 400 000, on ne doit pas être loin de ce chiffre. Il y aurait, aussi, des initiatives à prendre à ce niveau de responsabilité, pour mieux faire demain. Pas seulement au niveau ministériel, pour mieux faire, aujourd’hui, ... de la politique.

      A propos, Mme Bachelot nous apprend l’hospitalisation de notre préfet, lui aussi touché par la dingue.

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  • Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur 1er septembre 2010 20:17, par roro972

    Aucun doute, il faut porter l’affaire devant les tribunaux pour synthétiser la collusion du pouvoir décisionnaire et du lobby BEKE.Les faits relèvent de la criminalité et justice doit être faite. Bon courage !

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  • Chlordecone : la fronde prend de l’ampleur 14 septembre 2010 11:00, par Gonda Gilbert

    je désire prendre contact avec des responsables de environnement pour les Antilles car il y a de fortes probabilité que l’un de mes clients viens de produire une bactérie pour neutraliser le Chlordecone

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