De l’art de ne rien dire
"DE L’ART DE NE RIEN DIRE
On ne compte pas les inepties stylistiques de certains politiciens lorsqu’ils se lancent dans des déclarations dans lesquelles se faire valoir eux-mêmes l’emporte sur la défense de leurs idées et de leurs convictions : « si 74 là pa passé mwen ka pati… ». Dans leur envolée, ils sont loin d’imaginer qu’on les écoute alors qu’ils veulent juste se faire entendre et ils ne se rendent pas compte, ou alors rarement, qu’ils s’enferment dans des contradictions qui ne rehaussent pas leur côte auprès de l’opinion. C’est pourtant ce qu’ils recherchent en général.
Toutes les questions qu’on pose ou qu’on ne pose pas à ces messieurs et dames de la politique dans la conjoncture actuelle de notre pays,- sauf à notre Député- Maire Serge Letchimy- n’amènent aucune réponse satisfaisante. Bien entendu, personne ne se fait d’illusions quant à leur sincérité aussi bien dans les paroles que dans les actes. Il n’y a pas non plus lieu de lire entre les lignes de leurs déclarations. Il suffit de replacer leurs propos dans le contexte et de se remémorer leur parcours pour parvenir à la conclusion que droiture et franchise ne sont pas leurs premières qualités. Qui plus est, la communication n’est pas leur fort. Mais, dans l’ambiance qui prévaut actuellement, la discrétion peut signifier leur arrêt de mort politique. Pendant toute la campagne pour le 73 ou le 74 nombre de nos grands chefs de partis se sont tus ou se sont jamais montrés. Quant aux autres, pointons du doigt que leurs trop fréquentes déclarations sur tout et n’importe quoi n’ont servi qu’ à réveiller une forme de suspicion, dans la mesure où personne n’imagine être dupe des motivations qui les poussent à agir ainsi. Intervenir à répétition pour donner son opinion est une forme d’occupation de terrain. Se taire n’est pas forcément prendre du recul. C’est tout un art qui n’est pas à la portée du premier venu en politique.
On se retrouve ainsi devant des cas de plus en plus nombreux où certains politiciens ont raté l’occasion de se taire. La dernière en date est à mettre à l’actif de l’occupant de Plateau Roy qui, s’il était en conformité avec sa parole, aurait dû déménager dès le 11 janvier. Sa récente prise de position le remettant en selle pour un dernier round pourrait être diagnostiquée, mais je ne suis pas spécialiste, comme une manifestation patente de schizophrénie mais par les temps qui courent, parler pour ne rien dire ou, pire, tout et son contraire, n’est ce pas devenu une habitude singulièrement chez nos politiques ?
Desinit in piscem disait déjà un certain Horace, "quand la fin ne correspond pas au commencement"
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Félix Orestile
Journaliste
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