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Désiré : "la curiosité dont vous auriez du faire preuve..."

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Publié le 30/08/2010

Ci-après le courrier-réponse de Rodolphe désiré à Marlène Chanteur, suite à la publication dans France-Antilles, et dans nos colonnes, d’une lettre adressée au maire par sa collègue à l’assemblée départementale.

"Réponse à Mme Marlène CHANTEUR, Vice présidente du Conseil Général en charge des actions de démoustication, membre de l’ADEGE (Agence Nationale de Démoustication et de Gestion des Espaces Naturels démoustiqués)"

"Madame,

Je suis assez surpris voire ahuri de la lettre ouverte que je découvre dans le France Antilles du 25 Août 2010 dans laquelle vous vous en prenez à moi de manière scandaleusement virulente. Car si vous aviez pris attentivement connaissance de la lettre que j’ai adressée à Mr le Président du Conseil Général le 18 Août dernier, ainsi qu’à Mr le Préfet de Région, Mr le Président du Conseil régional, Mr le Directeur de l’ARS Martinique et Mr le Président de l’Association des Maires de la Martinique, vous vous seriez aperçue qu’à aucun moment il n’a été dans mon intention d’attaquer les services du Conseil Général.

D’ailleurs, je reprends ma formulation publiée dans le FA du 20 Août 2010 où j’écris : « si la lutte menée par l’ARS et les services du conseil général contre la prolifération des gîtes à moustiques a pu donner quelques résultats, force est de constater que le Conseil Général compétent en la matière est dépassé par les évènements ».

En effet sensibilisé en tant que Maire, certainement le plus ancien de la Martinique, et par ailleurs médecin, je m’étais aperçu que ces services étaient dépassés notamment sur le Marin. J’en veux pour preuve le signalement en date du 29 Juillet, par les services municipaux de l’existence d’un gîte important et dangereux, en l’occurrence l’ancienne station dépuration du Marin, suivi d’une intervention des services de démoustication le 17 Août soit 19 jours après.

Si comme vous le dites vous-même on dénombre après 4 mois d’épidémie plus d’une dizaine de morts, 26 600 cas dont 39% d’enfants, que vous faut-il de plus comme résultat pour vous sentir ainsi satisfaite et affirmer que les services du Conseil Général ne sont pas dépassés par cette épidémie ? Cela même si, comme vous l’affirmez, nous avons des anthropologues de renommée internationale ce qui n’immunise pas contre le virus de la dengue. Mais peut-être est-ce là Madame votre confiance excessive dans votre système qui nous mène à ce résultat.

En tout cas, mon interpellation des différents services concernés a eu pour mérite de faire sortir les uns et les autres de leur torpeur et de permettre que les principaux services concernés se mettent autour d’une table, voire que le gouvernement se saisisse de l’affaire. En réalité, le ton de votre lettre et vos insinuations sont peut être la source des insuffisances que nous constatons dans l’action menée par le Conseil Général.

Je suis fort étonné, m’étant adressé directement au Président du Conseil Général mais pas à vous, de n’avoir reçu aucune réponse de lui et de noter sa totale disparition parmi les acteurs qui se sont mobilisés depuis quelques jours pour la lutte contre l’épidémie actuelle de dengue qui cause tant de dégâts dans notre île.

Vous savez parfaitement que ce qui nous différencie, c’est que je demande que soit mis en œuvre TOUS LES MOYENS, y compris les larvicides et insecticides adéquats de façon à stopper le plus rapidement possible cette épidémie mortelle. J’ai communiqué à tous les services concernés les informations que je tiens notamment de l’institut national de veille sanitaire ainsi que le protocole mis en place à la Réunion dans la cadre de la lutte contre le chikungunya, que j’ai eu la curiosité de consulter sur internet.

Je ne demande pas moins, avant qu’il ne soit trop tard, que la procédure qui a été mise en place contre le chikungunya à la Réunion soit appliquée pour l’épidémie qui sévit en Martinique et en Guadeloupe.

Je vous conseille de consulter le site Web sur laquelle vous pourrez trouver le PowerPoint publié par les services compétents à la Réunion, dont vous pourrez vous inspirer (www.afsset.fr et www.moustiquesinfos.sante.gouv.fr ).

Pour terminer, je ne parle même pas de la curiosité dont vous auriez dû faire preuve afin de connaître quelles sont les mesures et précautions prises à Porto-Rico, en Floride, en Louisiane et au Brésil dans le cadre de cette épidémie.

Vous vous posez la question de savoir quel est celui qui est le plus dépassé, vous avez la réponse.

J’ajouterai que si les choses devaient rester en l’état, « dépassé » ne serait plus le qualificatif adéquat dès lors mais « incompétence »."

Le Maire,

Rodolphe Désiré

26 août 2010

Cliquez ici pour lire les 10 commentaires

  • Désiré : "la curiosité dont vous auriez du faire preuve..." 31 août 2010 07:43, par l’observateur

    Boudoum !!! Chanteur déchante !

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  • Jeu de rôle classique inspiré des polars : il y a "le gentil" qui propose son aide et ne veut que du bien à tout le monde et il y a le "méchant", le "teigneux" chargé de maintenir la pression, de pousser à la faute. Ce petit jeu donne à ceux qui le pratique une marge tactique plus étendue. Nous, à dire vrai, à force, il nous ennuie...

    Répondre à ce message

  • Y salé 31 août 2010 09:23

    Ou chaché ou trouvé

    Répondre à ce message

  • Je n’ai pas très bien suivi ou lu les articles et leurs réponses. Je n’émettrai donc pas d’opinion sur ce sujet. Mais laissez moi dire que la responsabilité est générale et nous devons tous la partager. Pourquoi attendre cette épidémie pour réagir face à la crasse ambiante. Cela fait 40 ou 50 ans que les dépôts d’ordures sauvages se perpétuent, que les pneus et carcasses de voitures s’entassent dans nos campagnes,que la construction "sauvage" sans règle d’urbanisme continue dans les quartiers avec les problèmes sanitaires qui en découlent,...Que personne ne se sente visé particulièrement, beaucoup de responsables politiques ou économiques font beaucoup d’effort d’éducation et de persuasion. NON la responsabilité est collective.Il y a eu quelques progrès c’est certain, mais que de chemin encore à parcourir !

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  • La cause première est le manque de civisme dont nous faisons preuve ,et cela se voit partout ,dans la rue ,sur les routes ;nous sommes une population mal éduquée ,là par contre, nous avons pris le pas sur l’hexagone que nous critiquons tant ,et les médias du continent ne se gènent pas pour montrer la malpropreté du citoyen antillais générant les gites à moustiques ,il est vrai que nos elus n’ont rien fait pour éduquer leurs administrés .

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  • Absolument AMBROISE nous sommes victimes notre malepropreté

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  • Kaboummmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm !

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  • Rodolphe DESIRE a parfaitement raison.

    Pour gérer ce grave problème, qui aura des répercutions sur notre industrie touristique déjà moribonde, et par voie de conséquence sur notre économie chancelante, il faut des réponses globales, voire d’envergure.
    Il est certain que la gestion de proximité (vase à fleures, informations, pédagogie, etc.) est importante et le restera, mais à quand un traitement des gîtes entre les bourgs et les communes tel que l’épandage ???
    Au-delà des gîtes à ciel ouvert, il est inadmissible, que les services "compétents" du conseil Général, n’aient pas pensé aux égouts !

    En effet, la prolifération des moustiques, jadis confinés aux abords des marigots (Salines) est concomitante avec l’édification du tout à l’égout à la Martinique.

    Mme CHANTEUR, soyons curieux de l’expertise de l’autre, soyeux curieux de l’expérience de l’autre.

    Je ne sais plus qui a dit : Si tu diffères de moi, loin de me léser ... tu m’enrichis.

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  • Je ne suis pas sûr que les européens soient plus propres. le moustique n’a pas tellement vocation à se développer dans le froid.
    Désiré a raison il y a une grande opacité sur la politique de démoustication. Quel insecticide utilise t-on ? quelle quantité ? quelle fréquence ? Avec quel danger ? Pourquoi ne pas utiliser le vectobac g larvicide biologique sans danger utilisé en guyane et à la réunion ?
    la lutte contre les gîtes est indispensable mais insuffisante car il est illusoire de croire pouvoir les éliminer totalement surtout sur les terrains privés. l’état et les collectivités n’arrivent même pas à éliminer les gîtes sur les sites publics.
    Les communes doivent prendre en main ce dossier.

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