Épandage aérien : Restons vigilants
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Elus et professionnels étaient récemment sur le terrain au Lamentin pour découvrir les améliorations apportées aux systèmes d’épandage par hélicoptère. Unn nouveau communiqué régional annonce que les travaux se poursuivent également sur la nature des produits utilisés, avec un nouveau rendez-vous le 6 février en laboratoire. Des initiatives qui ne rassurent pas complètement, comme en témoigne cette tribune de Jean-Claude Filin*
"Manifestement, une fois ne suffit pas.
Encore une dérogation pour la diffusion massive de produits toxiques ; Mais cette fois avec notre bénédiction : nous avons pu donner notre avis à l’occasion d’une enquête publique !!!
Malgré les dégâts sur la santé publique, sur celle des martiniquaises et des martiniquais, causés par la dérogation accordée aux planteurs de banane pour l’utilisation du Clordécone, une fois de plus, sous la pression du marché et en contradiction totale avec le principe de précaution à mettre en œuvre lorsque les populations sont menacées sur le plan de la santé, l’Etat par l’intermédiaire de son représentant a autorisé, l’épandage aérien dérogatoire, sur notre petite île.
La santé des Martiniquais a été reléguée au second plan.
Cette dérogation réserve encore une fois un traitement particulier à la Martinique. Les conséquences de l’épandage aérien sur l’environnement ne sont pas mesurées du fait même de la méthode : la circonscription des espaces traités est impossible ; De plus, les effets des produits utilisés sur l’Homme sont mal connus à ce jour ; Et singulièrement sur ces femmes et ses hommes qui travaillent chaque jour dans les champs de banane !
Il faut rappeler que ce mode de traitement des cultures est, depuis mai 2011, interdit et que les dérogations éventuelles sont très exceptionnelles en France et plus encore en Europe. Or, sur ces territoires étendus les espaces habités sont, moins qu’ici, susceptibles d’être touchés et les conséquences écologiques plus circonscrites.
Dans notre pays où le taux de cas de cancer est supérieur à la moyenne nationale, nous devons faire preuve de la plus grande vigilance : Notre TERRE doit pouvoir continuer à nourrir ses enfants en toutes circonstances. Les producteurs de banane doivent trouver en urgence des solutions alternatives pour le traitement de la cercosporiose. La dérogation a été accordée pour six mois nous dit-on. Mais La Guadeloupe est maintenant touchée. Cela pose la question la question de la situation de la Martinique ? La maladie est-elle éradiquée avec les traitements autorisés ? Quelle est la durée d’efficacité du traitement ? décidera-t-on d’une prolongation de la dérogation ? Pour combien de temps encore ? Bien sur, toutes ces questions restent posées…
Mais si la banane doit détruire nos sols et notre santé, si aucune solution écologique ne peut être trouvée, un choix devra être fait pouvant aller jusqu’à la mise en œuvre d’autres cultures !
A mon sens, La Martinique devrait se tourner vers une agriculture raisonnée voire biologique, plus en adéquation avec la fragilité de notre écosystème. Aujourd’hui, personne ne parle plus de la dépollution des sols martiniquais ! Il est impératif que l’Etat, responsable de ces décisions dévastatrices, mette en place les moyens d’une recherche efficace en vue de la dépollution des sols par le clordécone. Nous en sommes encore loin.
Nos responsables politiques ont le devoir de se positionner clairement sur une question qui aura des répercussions non seulement sur la population actuelle mais également sur les générations futures. Nos responsables politiques ont le devoir de demeurer vigilants sur une solution aujourd’hui présentée comme exceptionnelle et factuelle."
Jean-Claude FILIN, Secrétaire Général du MPR
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