Société
Hôpitaux : Nouvelles mobilisations en vue
L’UGTM Santé a appelé ses adhérents et les travailleurs de la santé à se réunir en assemblée générale ce mercredi 13 juin 2012. Malgré les engagements verbaux de la direction du CHU quant au respect des instances réglementaires, le syndicat dénonce l’absence de réponse concernant la réorganisation des soins, dont il estime que certaines dispositions ne respectent pas le Projet Médical de Territoire.
L’UGTM dénonce également que "décisions sont prises sans aucune concertation des instances réglementaires des trois hôpitaux (FDF, LAMENTIN, TRINITE), sans information de la population et de ses élus, des usagers et de leurs représentants. En particulier la fermeture à terme des urgences de Mangot-Vulcin, la fermeture au 30 juin 2012 de la Chirurgie de Trinité, de l’absence de Service mobile d’urgence (SMUR) dans le Nord, de la fermeture des activités d’ophtalmologie à Mangot-Vulcin etc".
L’assemblée générale de ce jour devrait permettre de définir la forme d ela mobilisation prévue dans les prochains jours. le syndicat
qui souligne "les dispositions répressives prises par le Directeur de l’ARS dans l’affolement et consistant à embaucher des agents de sécurité munis de chiens".
De son côté, le Syndicat Martiniquais des Hospitaliers, qui regroupe les professions médicales du CHU, a également reçu les syndicats de personnels hospitaliers. Le SMH qui indique partager les constats sur la nécessité de préserver des soins de qualité, ne s’associe toutefois pas à des manifestations de blocage des établissements. Il envisage de son côté des actions symboliques et fait part de ses explications à la population : "Dans un premier temps, nous avons décidé de commencer par une action
symbolique : Jeudi toute la journée, les consultations sur les hôpitaux de
Martinique seront gratuites. Nous essaierons d’offrir aux patients les soins
nécessaires mais sans facturation. Ce geste, qui, nous en sommes conscients,
diminue les rentrées sur une journée est cependant l’expression d’un profond
mécontentement sur l’organisation actuelle de la fusion et des rapports que
nous avons avec nos directions, sur l’actuel silence du ministère de la santé.
Nous attendions de profonds changements à l’issue du mouvement du 15
février. Des accords avaient été signés avec la direction sur la qualité et la
sécurité des soins mais pour la plupart ne sont toujours pas mis en oeuvre,
renforçant la sensation d’opacité ambiante et le découragement du corps
médical. Les commandes de matériels urgents ont énormément de peine à se
mettre en oeuvre, même s’il s’agissait de demandes les plus urgentes et ceci
malgré les financements confirmés.
Le corps médical et hospitalier a l’impression que rien ne change vraiment
mais que la fusion entraîne une désorganisation claire des services, des
rapports confus avec les directions, poussant, petit à petit certains praticiens
à quitter la Martinique devant l’absence de perspective de travail de qualité au service de la
population.
Nous ne pouvons taire plus longtemps notre désarroi.
La lettre de l’ARS est claire et dans la lignée de la position qu’il a toujours prise depuis 3 ans. La
fusion nous sauvera. Oui, mais si le corps médical démissionne, qui va rester pour soigner les
patients ?
Nous ne reviendrons pas sur tous les points déjà abordés et en rapport avec la crise dramatique
que l’hôpital public de Martinique traverse. Nous avons adressé une lettre aux politiques de
Martinique en campagne et seul le candidat Yan Monplaisir nous a répondu dans une longue lettre,
nous assurant de son soutien futur, local et national.
La santé publique est en danger en Martinique. Nous n’arrêtons pas de le dire. Le corps médical se
refuse à arrêter les soins parce que c’est contraire à notre éthique mais si cette alternative finit par
être la seule pour être entendus, nous serons obligés de l’appliquer.
Nous voulons des signaux forts, une administration qui place le malade et les soins qui lui sont dus
au centre des décisions présentes et futures et non une comptabilité froide faisant fi de l’humain
que nous soignons et que nous sommes tous. Nous voulons pouvoir exercer une médecine
humaine de qualité et en sécurité aujourd’hui mais aussi demain.
La santé publique est en danger en Martinique. Nous le répétons.
Ce sujet ne peut être secondaire et doit être au centre du deuxième tour... c’est l’avenir des soins
à la population qui est en jeu.
Nos caractéristiques ultramarines, notre passé déficitaire, nos besoins présents et futurs, avec un
soutien franc dans la réorganisation nécessaire de l’offre de soins publics doivent être reconnus,
entendus au Ministère et à l’Assemblée Nationale. Nous ne tiendrons plus longtemps...
Ne laissons pas mourir l’hôpital public en Martinique. Pas de fusion dans la confusion mais une
fusion qui va dans le sens des patients de Martinique, de leur prise en charge, de leurs besoins et
des soins de qualité tels qu’ils pourraient leur être prodigués en métropole."
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