La Départementalisation contestée de Mayotte
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Mayotte attend, avec impatience sa départementalisation. Cependant, cette dernière reste largement contestée par l’archipel des Comores d’une part, et par l’ONU d’autre part. Que cache la vague de contestation de l’intégration de Mayotte à la République Française ?
Pour être crédibles et acceptés par la population mahoraise impatiente de voir se développer son économie, tous les partis politiques mahorais doivent présenter clairement dans leur programme LE terme clé synonyme du progrès de l’île : celui de la départementalisation. Mais s’ils le revendiquent clairement, ces mêmes partis politiques mahorais ont souvent fait le reproche de la lenteur du processus d’assimilation, qui, rappelons-le débuta en 1958. En effet, cette date marque l’année de première aspiration des élus de Mayotte à devenir département français. Ainsi, peut-on lire dans la lettre du Comité Mayotte Département datant du 19 Février 2008, « Nous considérons à présent que la France ne doit plus trahir ses promesses vis-à-vis des Mahorais. » Mais si la présence française est souhaitée par les Mahorais, elle poserait un problème diplomatique et de droit international.
Tout d’abord, l’île de Mayotte n’a jamais cessé d’être revendiquée par l’archipel des Comores depuis son indépendance en 1975. Ce dernier espère bien récupérer « la quatrième perle de sa couronne ». Et pour cela, il compte amplement sur l’intervention d’instances internationales, comme l’ONU, l’Union Africaine (UA) et la Ligue Arabe qui, dès 1975, condamnent régulièrement la France. L’UA conteste notamment les premiers référendums de 1976 qui constituent selon eux une « violation grave de l’intégrité territoriale des Comores ». La dernière condamnation de la France fait suite au référendum qu’elle organisa en 2009 : malgré les 95% de « oui » affirmant la volonté mahoraise de son assimilation à la France, les ministres des Affaires étrangères des 118 pays du Mouvement des Non alignés rejettent cette requête et demandent l’arrêt immédiat de toute intégration.
De nombreuses pétitions sont organisées contre l’occupation « illégale » de Mayotte par la France. D’un point de vue géopolitique, ces référendums sont considérés comme des affronts de l’Etat français envers les autorités comoriennes. Ainsi, André Oraison, un juriste réunionnais pense que « pour une multitude de raisons aussi internes qu’internationales, il serait également judicieux que le gouvernement français n’accorde pas à l’horizon 2010 le statut de Département d’outre-mer (DOM) à l’île aux parfums de ylang-ylang (…) ; à ce sujet, il faut espérer que les élites mahoraises auront eu le temps, d’ici là, de se convaincre elles-mêmes que le statut de DOM n’est pas la solution miracle aux maux dont souffrent les sociétés françaises ultramarines. (…) Le statut de DOM risquerait par ailleurs d’introduire une vie économique totalement artificielle à Mayotte de nature à faire basculer irrémédiablement une société insulaire traditionnelle et rurale à plus de 80 pour cent dans la dépendance d’une riche métropole et dans l’assistanat généralisé".
Mais il semblerait, que cette vague d’intégration déstabilise réellement la géopolitique comorienne : en effet, après sécession de l’île d’Anjouan, certains habitants de cette île rêveraient, selon certains comoriens, eux aussi, à se rapprocher de la France, et des avantages qui en découlent.
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