Dernière minute :
*** Le dépot des candidatures aux législatives commence le 14 mai 2012 ***

Le Juif, le Noir, l’Arabe, l’homosexuel, l’étranger...ou la politique du stéréotype

Partager sur Facebook

Publié le 05/02/2012

Par Jean-Philippe Branchi

Les élections présidentielles sondent et établissent au final, une sorte de cartographie structurelle de la nature des relations ; relations que les êtres humains tissent entre eux au sein d’une même société.

Les élections présidentielles expriment donc la nature voire, l’état d’un régime politique autant que le rendu historique… Mais, bien plus que la grande Histoire, les élections présidentielles sont l’expression de l’Histoire des Idées d’une Nation, ou d’une société ; au sens anthropologique du terme. Les élections présidentielles sont ce moment unique ou le débat public se nourrira des souffrances et de l’imaginaire collectifs pour exprimer, après filtration idéologique, statistique et stratégique, l’état de l’imago qui lie, ou parfois délie, les individus au sein d’une même Nation-Société.

Or, l’imago ou imaginaire collectif se nourrit et se structure d’archétypes...

Mais au fait, qu’est-ce qu’un archétype ?

Eh bien, un archétype est une forme de représentation à priori, une image primordiale qui se structure et structure la psyché ou l’inconscient. L’archétype est dans la psychologie Jungienne un processus psychique fondateur des cultures humaines. L’archétype renferme les modèles élémentaires de comportements et de représentations... L’archétype est en quelque sorte l’élément élémentaire de base de l’inconscient collectif. En bref, on pourrait dire que l’archétype est l’expression savante de ce que l’on nomme communément le stéréotype.

Et qu’est-ce qu’un stéréotype alors, me direz vous ?

Un stéréotype est une opinion généralisée qui concerne, le plus souvent, un type d’individus ou un groupe social. Les stéréotypes sont des hyper simplifications qui déconsidèrent avant tout l’allocateur car, ils permettent au locuteur d’éviter de faire part du fond idéologique, des bases philosophiques voire, théologiques mais surtout, du processus discursif qui mena à la conclusion simpliste que le stéréotype est, en soi. Les stéréotypes permettent donc d’économiser de la discussion, de la réflexion de nourrir l’insatisfaction des citoyens et permettent surtout d’abêtir les populations. Ils relèvent souvent du mythe, d’une prise de position simpliste, conventionnelle, confortable et arrangeante. C’est pour cela que les stéréotypes sont les armes grand public, de bien des hommes et femmes politiques et ce, quelque en soit le parti ou l’époque…

Il existe toutes sortes de stéréotypes fondés sur toutes sortes de mythologies ou croyances : Le mythe de l’état de nature… Le mythe du bon sauvage… Le mythe d’une robotique salvatrice de la condition humaine… Le stéréotype du juif grigou au nez crochu… Le stéréotype du jeune banlieusard qui ne peut que « niquer ta mère »… Le stéréotype du musulman forcément intégriste et islamiste… Le stéréotype de l’étranger jouisseur et profiteur mais jamais travailleur… Le mythe de la supériorité masculine… le mythe de l’amour comme condition de la reproduction humaine… Le mythe d’une hétérosexualité porteuse de normalité sexuelle et de moralité institutionnelle… Le mythe du couple Monsieur-Madame comme cellule sociale fabricatrice d’enfants parfaits et parfaitement équilibrés… Le mythe de l’instinct maternel… Le mythe du père, symbole d’autorité et de responsabilités… Le mythe d’une société judéo-chrétienne bienveillante, bien-pensante et bienfaisante… Le mythe d’un monde structuré aux logiques la dualité… Le mythe d’un occident inventeur de la civilisation… Le mythe d’une homosexualité perverse et dégénérative… Le mythe du pédéraste forcément pédophile… Le stéréotype de Tintin au Congo… Le mythe du gigantisme phallique de l’homme Noir… Le stéréotype du Nègre priapique menaçant la femme blanche… Le mythe du Nègre fainéant… Le stéréotype de l’Oncle Tom… Le mythe de la lubricité des Femmes Noires… Le mythe de la femme Noire indolente, souffrant d’une hypotrophie cérébrale… Le stéréotype domestique de la Mama Noire à gros seins, laitière nourricière des petits Hommes blancs… Le mythe d’une phallocratie protectrice des fragilités de la Femme… Etc… Etc… Etc…

La publicité en est d’ailleurs pleine… Elle en use et en abuse … C’est tellement racoleur et tellement vendeur… !!!

Bref… Qu’il soit négativiste ou positiviste, le stéréotype ne sert qu’à nier l’être, qu’à nier son existence autant que sa liberté, qu’à le déshumaniser, qu’à le bestialiser pour l’ostraciser et qu’à justifier l’oppression des masses par la domination d’une autoproclamée surhumanité ; surhumanité qui serait secrètement détentrice des normes du Être Humain…

Dans les faits, le stéréotype est un outil de dédouanement du pouvoir… un instrument de justification du pouvoir… un outil de biopolitique… Il sert la stratégie de l’évitement et permet de faire illusion de la solution…

Car, qu’on se le tienne pour dit, le discours stéréotypique, est un discours caricatural fait de cloisonnements… Le discours stéréotypique, en tant que genre stylistique, est une expression de violences qui ne disent pas leurs noms… Le discours stéréotypique, est un discours bubonique simpliste dont les vulgaires et quotidiennes manifestations prennent formes sous les vocables insidieux… de machiste…, de sexiste…, de raciste…, de fasciste… Et même parfois, de négriste.

Le discours stéréotypique est l’isthme sans issues de l’esprit de l’Homme ; un isthme auquel je préfère encore les grands horizons de l’utopie républicaine : « liberté… Egalité… Fraternité... ».

Et pour finir, je dirais que nous sommes à un carrefour de l’histoire du monde occidental… Nous devrons être capable de nous réinventer sous peine d’involuer et de sombrer dans le puis du pire de l’Homme…

Repérer ces éléments stéréotypiques dans le discours politique, qu’ils soient issus d’un sectarisme positivistes ou d’un sectarisme négativistes, permet de prendre part à l’action citoyenne républicaine de manière transversale…, non partisane… dans un état d’esprit purement situationniste.

Seuls cette attention et ce repérage des lieux communs dans le discours politique et subséquemment les nouveaux points de vues qu’ils engendrent, permettent une approche systémique des problèmes, de faire voler en éclat les cloisonnements, d’ouvrir à de nouveaux espaces idéels, de faire évoluer les comportements, d’inventer de nouveaux modes relationnels autant que de nouvelles modalités citoyennes et enfin, d’envisager une révolution paradigmatique comme base d’é-volution.   Février 2012                

Cliquez ici pour lire les 8 commentaires


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Faire une recherche

Soutenez-nous !

Vous pouvez soutenir Politiques Publiques en faisant un don via Paypal. C'est simple, rapide et sécurisé !

Retrouvez Politiques Publiques sur facebook