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Le sens de nos votes ?

Publié le 26/01/2010

Le sens de nos votes ?

Le droit acquis de voter a fait l’objet de luttes âpres par les peuples de tous les pays et notamment de la population française. Ce même droit a été acquis par la population de la Martinique dont la partie la plus nombreuse a pu être libérée du joug des esclavagistes. Celle-ci devait pouvoir s’exprimer démocratiquement.

La relative très bonne participation au scrutin du 10 janvier 2010, a démontré que le citoyen pouvait se rendre aux urnes en nombre. Ce 24 janvier nous sommes dans une configuration décevante mais dont les chiffres de participation expriment néanmoins un taux assez habituel des Martiniquais dès lors que le passionnel ne guide pas son geste citoyen de voter.

Il est vrai que le 10, les Martiniquais ont exprimé, à tort ou à raison, leur refus de tendre vers une autonomie même à minima avec des acteurs politiques qui ont montré leurs limites à travers leur « idéologisme » aveugle. Eloignés des réelles préoccupations des Martiniquais exprimées notamment le 5 février 2009, mais dont la nature a été détournée au gré des orientations politiques trop politiciennes, nos élus actuels vieillissants ont manqué de réponses à apporter aux citoyens dans ce monde où beaucoup de curseurs ont été déplacés tant économiquement, socialement que dans le fonctionnement de la société en général.

L’essor économique s’est ralenti jusqu’au dernier « crash contrôlé » qui a ruiné plus d’un mais surtout les petits.

Mais aujourd’hui aussi, les quelques 35 000 jeunes qui sont allés voter le 10 semblent pouvoir faire preuve de discernement ou tout au moins de choix non dictés par les dogmatismes politiques.

Alors, cette expression de la jeunesse indique-t-elle l’heure du renouvellement de la classe politique ? Quelle jeunesse fera l’effort de s’engager sur les prochaines listes électorales et ces dernières leurs feront elles des places éligibles ?

Ces derniers votes veulent-ils aussi contraindre notre classe politique à toujours travailler avec le gouvernement français de façon progressiste et profitable à la Martinique ?

Nos votes locaux à la Martinique semblent revêtir l’habit du passionnel qui selon DECLIC972 fausse la portée de ce que devrait être la nature d’un suffrage. Et demain, plus que jamais, nous devrions changer notre manière de voter pour sortir d’une attente intéressée des femmes et hommes politiques que l’on souhaite élire (pani zafè fèy tôl ankô ou sak siman !!! ). Ou encore, que seule la tête de liste ne soit plus celle sur laquelle on ne veut que porter son suffrage mais plutôt la représentation d’une liste de personnes compétentes et à même de pouvoir répondre aux différentes aspirations du peuple dans une Martinique qui se développe !

Ainsi, et au-delà de l’intérêt que chacun porte à telle ou telle élection, les Martiniquais qui souhaitent remplir entièrement leur rôle de citoyen devraient dorénavant faire preuve de plus de présence à chaque scrutin qui se présentera à eux. De même, ils devront insister pour que leur entourage remplisse leur devoir de citoyen.

Cela passe par le plus petit niveau : associatif, professionnel, confessionnel. Chaque fois qu’un ensemble de femmes et d’hommes réunis autour d’un projet, dans une même entité, dans une entreprise ou autre et que des décisions doivent être prises, l’action de participer à un vote est fondamentale pour que les femmes et les hommes deviennent réellement des citoyens acteurs, majeurs et matures.

La cohérence décrite par tous sur les deux dernières expressions du peule Martiniquais nous laisse quelque peu interrogateurs pour ce qui est de la participation d’autant qu’il s’agissait de définir le nouveau cadre de fonctionnement de notre petite île.

En quoi sont cohérents nos votes si notre participation ne demeure pas la même pour chaque scrutin ? Peut-on parler de cohérence, de maturité lorsque des comparaisons se font sur des pourcentages de participations peu identiques ?

Nous avons à faire évoluer notre façon de considérer chaque scrutin et sortir des petits intérêts personnels et privés pour entrer dans l’élaboration de projets qui répondront au mieux aux aspirations du plus grand nombre.

L’intérêt général devrait prévaloir sur l’intérêt particulier. L’intérêt de La Martinique dans l’ensemble franco-européen doit-il être privilégié pour absorber au mieux les grands chocs de la société mondialisée actuelle ou encore en cas de catastrophes naturelles ?

Assurément, c’est surtout par notre engagement et notre participation active à toutes les composantes organisationnelles de la Martinique sans négliger le reste de notre ensemble naturel mais aussi politico-administratif que nous pourrons exister.

Nous aurons donc 3 bonnes années pour considérer chaque scrutin (Régional, Cantonal et pour la nouvelle Collectivité Départementale et Régionale de La Martinique) sur le même pied d’égalité mais aussi par rapport au désaveu émis les 10 et 24 janvier 2010 à l’encontre d’une certaine classe politique.

Nous aurons à démontrer toute notre cohérence dans nos choix afin que l’on cesse de nous traiter de schizophrènes ou encore de qualificatifs méprisables sortant de la bouche de certains de nos intellectuels déçus.

D’ici là, laissons s’exprimer notre citoyenneté dans nos actes au quotidien. Informons-nous dès maintenant auprès de sources et personnes diverses sur ce qui nous intéressera prochainement. Ne cédons plus à la « sympathie politique » de tel ou tel mais plutôt à la solidité d’un projet réaliste et équilibré dans lequel nous trouverons toute notre place.

Protégeons et préservons notre richesse (reconnue par d’autres…) humaine, culturelle, diverse en prenant soin de considérer l’AUTRE. Cet autre, parfois tout près de nous mais aussi d’ailleurs, que nous appelons à nous reconnaitre aussi dans ce que nous sommes.

JG VOISIN

Président DECLIC972

declic972@orange.fr

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