Léon-Laurent Valère : Pourquoi je voterai oui le 24 janvier prochain.
"Dans une précédente tribune du 8 janvier 2010, j’invitais les électeurs et électrices martiniquais, à prendre conscience de l’ « enjeu décisif » du scrutin proposé, et à répondre fermement « non » à la question posée le 10 janvier 2009, afin de « gagner la bataille du progrès dans l’article 73 de la Constitution ».
Leur réponse a été claire, cinglante même, en dépit des insultes et des propos peu amènes qui continuent de pleuvoir sur ceux qui ont eu le mérite tout simple d’être pragmatiques et clairs et de démentir les augures.
Leur vote signifie d’abord qu’ils ont voulu mettre enfin un terme à aux spéculations hasardeuses qui ébranlent depuis trop longtemps la stabilité de notre île, et exprimer leur volonté déterminée de continuer à faire histoire commune avec la France.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’est nullement agi pour eux, de se refuser à toute idée de progrès institutionnel à la Martinique, et de se résigner aux délices trompeurs du statu quo, c’est-à-dire du refus de toute avancée administrative, au fallacieux prétexte que la collectivité unique qui nous est proposée, nous exposerait au risque de ne plus bénéficier des protections de l’article 73 que nous venons précisément de plébisciter.
Quel martiniquais ne sent et ne voit en effet qu’il faut que les choses changent, que la situation actuelle ne peut perdurer sans danger grave pour notre avenir, sans que la population ne nous demande compte, un jour peut-être prochain, de ce que nous aurons fait de l’occasion de progrès qu’elle nous a donnée, en nous débarrassant des miasmes d’une autonomie improvisée par son vote du 10 janvier dernier ?
Nos électeurs nous auraient-ils inutilement prodigué le cadre de réformes sans drames que nous souhaitions ?
Non !
Je ne crois pas que nous ayons reçu de la société martiniquaise un mandat d’immobilité et d’attentisme, mais au contraire une mission de mouvement réaliste et sécurisé.
Je suis donc partisan résolu d’une réponse affirmative à la question qui nous sera posée le 24 janvier prochain : j’approuve la création d’une nouvelle collectivité territoriale, par la fusion du département et de la région, disposant des mêmes prérogatives et compétences que ceux-ci, et gérée par une assemblée unique, remplaçant le conseil général et le conseil régional.
La logique et le souci de l’efficacité l’imposent et depuis longtemps.
Pourquoi en effet deux collectivités et deux assemblées sur un seul département puisqu’une région est par essence le regroupement de plusieurs départements ?
L’étrange et inefficace solution de la région monodépartementale, n’était qu’un pis aller à l’impossibilité pour les D.O.M. de la Caraïbe, ou à leur refus de constituer une seule région.
Elle s’est révélée inutilement coûteuse et source de doublons peu propices à la clarté et à la lisibilité que les citoyens sont en droit d’attendre de leurs institutions.
Les compétences de la nouvelle assemblée sont, répétons le, clairement précisées cette fois par le libellé de la question qui sera posée le 24 janvier 2010.
Ce seront tout simplement celles du département et de la région qui sont parfaitement connues depuis longtemps.
Mais surtout, il résulte des dispositions combinées de l’article 72-3§2 et du §7 de l’article 73 de la constitution, que c’est bien l’ensemble de cet article qui s’appliquera à la nouvelle collectivité proposée.
Or ce dernier texte est précisément le fondement même des garanties d’égalité dont nous avons obtenu l’avantage par notre vote du 10 janvier.
Ainsi,et de toute évidence, la collectivité nouvelle qui nous est proposée,est non seulement un progrès dans la simplification et l’efficacité de nos institutions locales,mais encore, en se référant à l’article 73 de la constitution, elle sécurise le processus du changement.
Je ne disconviens pas que certains se disent inquiets de toute modification, hostiles à tout changement, et voient se profiler je ne sais quelle manœuvre subtile ayant pour objet caché de préparer un découplage de notre département et du droit commun de notre ensemble républicain.
Ils se trompent juridiquement, et font par ailleurs à leurs contradicteurs un simple procès d’intention.
Je les renvoie à l’exposé télévisé,lumineux et objectif fait à cet égard par M.le Pr. Justin Daniel, consultant de RFO, le 11 janvier 2010.
En bref, je pense que l’on ne peut systématiquement fuir toute réforme, ni pérégriner indéfiniment de soupçon en soupçon.
Le temps est venu d’avancer, même s’il y a lieu avec des concitoyens qui n’ont pas toujours les mêmes options que nous.
Le principe de la démocratie n’est-il pas dans la confrontation des opinions jusqu’à trouver la règle d’intérêt général la plus utile à tous ?
Mon message du 10 janvier, invitait nos électeurs au progrès dans l’article 73, non à l’immobilisme attentiste.
Mon propos n’a pas changé.
Puisque nous avons su écarter les risques inutiles d’une réforme imprudente,soyons maintenant ouverts au renouveau maîtrisé,et acceptons le signe indubitable de progrès que constitue la proposition d’évolution institutionnelle qui nous est faite.
C’est pourquoi, avec, j’en suis sûr, la majorité de nos concitoyens, je voterai oui le 24 janvier 2010."
Le 16 Janvier 2010
Léon-Laurent Valère
Ancien Conseiller Général
Ancien Conseiller Régional
Evolution 73
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