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Maisons de Retraite : le Conseil Général en organisateur ?

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Publié le 22/07/2010

Second volet de la tribune de l’association Déclic972 consacrée à la situation des maisons de retraite en Martinique.

"La fermeture de la Maison de retraite Poto Mitan de l’Anse à l’Âne a entraîné un émoi familial et une faillite sociétale au sein de notre Martinique. Cette fermeture a aussi été l’occasion pour le Conseil Général (CG) de prendre sa part de responsabilité avec l’ARS et les autres partenaires de l’aide à la personne âgée.

Il faut saluer l’implication de ces instances dans la gestion de cette crise qui a secoué une trentaine de familles et de pensionnaires. Les travailleurs, pour leur part, sont en attente du règlement de cette liquidation pour percevoir leurs indemnités. Le propriétaire de l’Hôtel le Maharadja espère lui aussi pouvoir retrouver son dû en fin de parcours.

La mobilisation du Médecin VIGEE, du Directeur de l’Aide aux Personnes Âgées et aux Personnes Handicapées du CG et de son personnel en partenariat avec les Directeurs des Maisons de Retraite a permis de tracer le profil des pensionnaires afin de leurs proposer l’établissement qui pourrait le mieux les accueillir.

Un bémol tout de même, l’organisation retenue dans l’urgence, n’a pas permis de prendre en même temps l’attache des parents auxquels il a été proposé des places dans un contexte très contraint en matière d’accueil en établissement pour personnes âgées. Ce qui a eu pour conséquence un éloignement relatif des familles par rapport à leur lieu d’habitation. Ainsi, le jeudi 15/07/2010 au CG les familles émettaient leur réserve quant au choix fait pour leurs parents, même si certains acceptaient la proposition d’origine. Il est vrai que ces derniers avaient pris l’initiative de se rendre déjà dans les établissements pressentis même dans ceux dont le directeur ne semblait pas avoir été informé ou invité par le CG.

Les parents qui dénonçaient le surcoût mensuel de ce transfert dans les nouvelles structures (+1000 euros pour certains) dénonçaient aussi la conséquence pour elles de la mauvaise gestion par les directeur et actionnaire de Poto Mitan.

Le CG a voulu être rassurant en indiquant que ce surcoût allait être pris en charge. Ce qui n’est pas donné, par contre, comme information c’est la déclinaison de la prise en charge. Il faut donc se rendre dans les services administratifs pour qu’il vous soit indiqué (sauf erreur) que dans le cadre de « l’aide sociale » une hypothèque sera prise sur les biens du pensionnaire avec des renseignements sur les ressources des enfants. En réalité, il s’agit plutôt d’un prêt ou d’une avance et en cela le CG devrait reformuler son aide. Or, il nous semble que l’Etat a mis en place l’aide sociale sans condition. En ce qui concerne l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) elle peut être versée directement à la Maison de Retraite d’accueil pour des raisons pratiques ou normalement au bénéficiaire pour assurer le paiement en fonction de son taux de dépendance.

En effet, le montant d’une pension est découpé en 3 parties : l’hébergement (70 euros et plus par jour en moyenne), la dépendance identifiée par le GIR (Groupe Iso-Ressources) qui définit le niveau d’autonomie (GIR 1-2, 3-4 ou 5-6) et les frais médicaux.

L’hébergement relève de la pratique tarifaire de la structure d’accueil ce qui pourrait expliquer les différences parfois importantes. C’est donc une entreprise qui a des obligations de gestion et de rentabilité ou tout au moins d’équilibre. C’est à ce niveau que DECLIC972 tire la sonnette d’alarme contre les « requins-coffres ». « Ou pa pou sonjé fè lajan anlè têt gran moun ». La situation économique générale de la population n’est pas suffisante pour une pratique tarifaire élevée ou pire pour des aventuriers de l’entreprise qui laissent une ardoise de quelques 300 000 euros comme à Poto Mitan. Ou est passée cette somme ?

Le GIR est cadré par une réglementation qui fixe aussi le niveau de l’APA. C’est un médecin habilité qui définit le niveau de dépendance en fonction de critères précis. Les tarifs médicaux (médecins, infirmiers, kinés….) sont ceux qui sont édictés par la Sécurité Sociale.

Aujourd’hui, c’est avec bonheur que nous assistons à l’ouverture d’une Maison de Retraite à Pelletier : l’Orchidée. Son architecture étudiée lui permet un accueil optimal des personnes dans un cadre où la fluidité de la circulation rassure. Les chambres individuelles, donc personnalisables, permettent le début d’une nouvelle vie pour nos têtes blanches. Le respect des besoins spécifiques de chaque cohorte de personnes plus ou moins dépendantes n’empêchent en rien le partage en commun du repas et de la vie sociale.

DECLIC972 souhaite à l’ensemble du personnel tout le professionnalisme possible relevant des métiers de la gérontologie afin qu’il puisse s’épanouir dans l’action bienfaitrice envers les pensionnaires. Cela ne pourrait être autrement, tant la Directrice de cet établissement donne l’exemple de par son implication passée, présente et même avenir quand on entend ses objectifs. Ses choix relèvent du progrès par rapport à l’existant en permettant aux prochains investisseurs de pouvoir encore faire mieux pour un tarif acceptable. Car ne nous voilons pas la face, en dessous de 2500 euros par mois une Maison de Retraite ne pourra proposer que des actions très relatives envers la personne âgée. Donc, se pose tout de suite la question du financement que DECLIC972 place dans son interpellation auprès des acteurs publics en partenariat avec les investisseurs privés.

L’Etat a prévu jusqu’en 2012 un grand plan Alzheimer. Nos collectivités se doivent d’utiliser au mieux les sommes versées (si elles le sont !) au service de la population martiniquaise tellement vieillissante qu’elle sera leader en France dans 3 ans. Nous dénoncerons néanmoins les objectifs des gouvernants dont une mission parlementaire présidée par Valérie Rosso-Debord prévoit une révision du versement de l’APA. Elle souhaite préconiser, sauf pour les plus pauvres et les plus dépendants (lesquels ?), le remplacement de l’Allocation personnalisée autonomie (APA) par une assurance dépendance obligatoire à partir de 50 ans. DECLIC972 y voit tout comme l’Union des Familles Laïques, une dérive néo-libéraliste pour enrichir les assurances et quelques autres corporations gourmandes. A ce sujet, l’article web de l’UFAL (http://www.ufal.info/sante-protecti...) est éloquent.

Cette dérive ne doit pas nous recroqueviller sur nous même mais plutôt nous mobiliser tous azimuts avec tous ceux qui souhaiteront faire pour le meilleur des personnes âgées tout en sachant que nous-mêmes encore en activité pourront en profiter.

La future Assemblée Unique, avec les pouvoirs qu’elle pourra s’attribuer dans le cadre de l’article 73, doit dès maintenant mettre en place un plan spécifique à la Martinique et complémentaire à celui de l’Etat. A charge, d’ici là, pour le Conseil Général de se montrer plus ambitieux avec le concours de la population qui doit aussi s’impliquer."

Fort de France, le 20/07/2010

Le Président, JG VOISIN declic972@orange.fr

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