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Tribunes

Politique : Quelques réflexions pour clarifier le débat

Publié le 25/05/2012

Par Serge Harpin

 
1. CONSTATS DE DEPART
 
Constat 1

Il faut se rendre à l’évidence : l’essentiel se jouera encore pour nous à Paris et à Bruxelles. Les maîtres de ce que nous appelons, faute de mieux, l’« Ã©conomie locale » ont depuis toujours intégré sans états d’âme cette donnée et en ont tiré les conséquences en mettant très tôt en place des réseaux et un lobbying relativement efficace en Europe, en appui des relais politiques locaux. C’est dire, que s’agissant de la politique des Outre Mers et plus généralement des anciennes colonies, le nouveau Président, comme les autres Présidents de la cinquième République, mettra vraisemblablement ses pas dans ceux de son prédécesseur avec tout au plus sa touche personnelle.

La « croyance » que « la Martinique est une affaire martiniquaise » ne repose, au moment où nous parlons, sur rien de politiquement consistant. Et la future Collectivité Unique (CU), en l’état, n’enlève rien à ce constat. On aura beau s’époumoner sur le boulevard Général De Gaulle « Péyi-a sé ta nou, sé pa ta yo ». On aura beau faire le bravache - « Les Martiniquais sont les experts des affaires Martiniquaises », face au Président de la République Française et à un parterre d’officiels triés sur le volet, rien n’y fait. Un peu comme si nous étions condamnés au seul registre de l’incantatoire et du phatique. C’est-à-dire à une conduite de pure jouissance narcissique et de connivence identitaire. Une connivence, cela dit, qui confrontée aux intérêts personnels et catégoriels de citoyens « situés » - inscrits dans une histoire et une sociologie particulières avec des vécus singuliers, s’effrite.

Constat 2

Les « Ateliers de l’Imaginaire », qu’on agite depuis quelque temps pour épater les gogos, est un cas d’école très intéressant pour l’étude de cette inclination à l’évitement de la réalité et au « bavardage ». Cette dénomination prétentieuse et emphatique est en fait une énième opération d’autojustification et d’autolégitimation inscrite dans une logique de « fétichisme politique ». Le fétichisme politique, c’est cette « dé laïcisation » du politique et sa dérive vers le magico religieux. On assiste alors à un détournement de la relation de délégation ou de représentation. Le « porte-parole », le « mandataire », se transforme, ce faisant, en « oracle », il est le groupe, il est la « Nation », en un mot, il est leur incarnation transcendantale, dépositaire exclusif de leur parole et de leur vérité. La magie opère, parce qu’il est aussi de la nature de la « délégation » que les agents sociaux qui ont mandaté tendent à s’abandonner à des transports d’idolâtrie, et consentent à la dépossession, à la dépolitisation. L’usurpation est un possible de la « délégation » et les « prédateurs » à l’affût des vulnérabilités des uns et des autres et du moindre signe de faiblesse collective le savent. Ils se sont ainsi appliqués, opiniâtrement, depuis la « prise » de la « Capitale » en 2001, à imposer leur vision du monde social en usant de leur capital de notoriété et de prestige et en profitant de la capitulation des intellectuels et des journalistes. Cette « vision », c’est-à-dire ces représentations imaginaires à travers lesquelles on nous somme de nous percevoir chacun et de les percevoir, est mise en forme dans un univers factice, un monde de mots, d’images, de symboles. Un monde où « l’élu » (au sens religieux) tout puissant maîtrise totalement les évènements. Un monde, où pour éviter que le vécu quotidien ne vienne contredire la fiction de la « toute puissance », on parasite les mémoires qu’on soumet à la fugacité et à la discontinuité de l’instant et on brouille les frontières entre « le dire » et « le faire », entre « le dire vrai » et « le dire faux », entre le discours et le vécu. On comprend mieux maintenant ce goût immodéré du sensationnel et de la mise en scène, cette avalanche d’annonces intempestives et de coups médiatiques, cet usage calculé du mensonge. La base de cet édifice improbable - car malgré tout le réel résiste surtout dans ce contexte de crise, est un bric-à-brac d’idéologies d’un autre temps où tout recul critique est inconvenant et inconcevable. D’où cette mystique du chef et l’instrumentalisation du religieux (visite de l’Abbé Pierre, bénédiction de la Tour de la Pointe Simon par l’Archevêque de la Martinique, infiltration des groupes charismatique, hindouiste et rasta…).

Ces manœuvres d’apprentis sorciers ne sauraient effacer, en aucune sorte, le fait indiscutable que ceux d’aujourd’hui, comme ceux d’hier et d’avant-hier ne gouvernent effectivement et pleinement que peu de chose.

Constat 3

Nous sommes depuis la loi de la Départementalisation de1946 associés à la gestion de nos propres affaires. « Associés », pas plus…Bien que dans le contexte colonial de l’époque, ce droit d’association ouvert à tous et non plus exclusivement à la caste dominante, ait été une avancée politique et démocratique décisive. La décentralisation n’a fait que le conforter en y ajoutant ce qu’on a cru être un temps un supplément de pouvoir sur notre destin. La difficulté est que si la finalité de l’association fut au départ sans ambiguïté -« instaurer l’égalité des Droits », si l’adhésion fut massive, il en est tout autrement aujourd’hui. Les temps ont changé et les positions des parties contractantes, Paris et la Martinique sans oublier Bruxelles, ont évolué, sous l’effet à la fois du discours de la différence, devenu prééminent - discours par ailleurs perturbateur pour une République fondée sur l’identité entre l’Etat et la Nation » (« l’Etat Nation »), de la mondialisation et de la pression d’une crise endémique au niveau local et européen, qui s’est révélée être systémique.

En résumé, nous sommes dans une assez grande confusion de ce vers quoi doit tendre prioritairement aujourd’hui le partenariat avec Paris et Bruxelles. Or, il ne peut y avoir d’association viable sans définition claire et explicite de son objet ou finalité. C’est cet impensé qu’il faut urgemment soumettre au débat. La Collectivité Unique à venir n’apporte rien à cet égard, sinon un surplus d’opacité dans la mesure où la discussion s’est enlisée dans des considérations secondes, telle la question, quasi obsessionnelle pour certains, de savoir « qui va être l’interlocuteur privilégié de Paris ».

Ce dévoiement de l’ordre logique et chronologique des problèmes à résoudre est à l’origine de l’état de guerre permanent dans l’île, des graves divisions qui ont désorienté et découragé nos concitoyens et assombri encore plus l’horizon.

Constat 4

Il y a depuis ces quarante-trois dernières années, depuis le Congrès en 1969 de l’Association Générale des Etudiants Martiniquais (AGEM), trois grandes options politiques, publiquement assumées à la Martinique : « le maintien de la Départementalisation », « l’Autonomie » et « l’Indépendance ». Les partis représentatifs de ces différentes options ont été à tour de rôle, pendant un temps significatif, à la tête de Collectivités locales majeures. Le bilan à tirer en toute objectivité est qu’aucun n’a réussi à se dégager de la gestion du quotidien pour articuler une politique concrète qui aille dans le sens de son orientation politique tout en respectant le cadre de son mandat. Les avancées obtenues, par exemple, pour l’égalité effective des droits, fondement de la doctrine des départementalistes, ont été acquises à l’issue des batailles politiques et syndicales très dures sur le terrain et à la suite d’explosion sociale comme en Décembre 1959. Les timides et problématiques progrès concernant la « responsabilité locale », point d’appui essentiel de la revendication d’autonomie et de l’indépendance, ont été, d’une certaine façon, plus ou moins octroyés par Paris avec la loi de décentralisation, puis la révision constitutionnelle donnant droit aux Outre Mers à se prononcer par consultation référendaire sur leur avenir respectif au sein de la République. « Plus ou moins octroyé » parce que Paris y voyait aussi son avantage ; un avantage qui passe par le renoncement à « l’Etat Providence ». La seule exception à l’empêtrement des politiques martiniquais dans une gestion au jour le jour sans mise en perspective et sans horizon précis est la mise à l’ordre du jour et l’organisation des consultations populaires sur l’évolution institutionnelle et/ou statutaire de 2003 et de 2010, à l’initiative de certains courants Autonomistes et des Indépendantistes.

Tout cela confirme donc le constat d’une difficulté, voire d’une impuissance des partis à agir sur le cours des choses même lorsqu’ils sont localement aux commandes.

 
2.POSITION DU PROBLEME

Nous sommes aujourd’hui, et c’est là le fond du problème, dans une double impasse. La première peut ainsi se résumer : les subventions et autres transferts sociaux s’ils ont permis une amélioration sensible des conditions de vie en Martinique ont d’un autre côté renforcé considérablement notre dépendance et donc notre « irresponsabilité vis-à-vis de nos propres affaires ». Et cela parallèlement à l’aggravation, particulièrement au cours de ces vingt dernières années, de la pauvreté tandis qu’un petit nombre s’enrichissait de manière éhontée. La seconde impasse est l’effet d’un double échec. Celui d’abord, de la grande grève de février et mars 2009, entravée par une demande anachronique d’Etat Providence. Celui ensuite, des politiques qui n’ont pas réussi à tirer profit des consultations populaires de décembre 2003 et de janvier 2010 pour faire émerger une volonté collective forte et claire qui s’assume comme telle.

 
3.SORTIR DE l’IMPASSE ET DEPASSER LE FETICHISME POLITIQUE

Sortir de l’impasse, c’est d’abord se fixer un horizon raisonnable qui suscite une très large adhésion, qui donne cohérence et efficacité aux stratégies arrêtées et qui serve de finalité à l’association avec Paris et Bruxelles pour la gestion de nos affaires. Cet horizon me paraît pouvoir être formulé ainsi : « La réduction des dépendances » et en premier lieu, la dépendance alimentaire - y compris dans sa dimension culturelle, la dépendance énergétique et la dépendance sanitaire. Il y a dans cette exigence de réduction des dépendances, réalisable et modulable à court, moyen et long terme, une perspective et un contenu à contre courant de « l’Economie de comptoir » qui fonde pour l’essentiel notre subordination en toutes choses et en premier lieu la sujétion politique par rapport à Paris.

La sujétion politique est une dépendance majeure. Et même s’il faut reconnaître une relative autonomie des divers autres champs sociaux par rapport à celui de la politique et l’effet de leur dynamique sur celle-ci, elle est en mesure de les articuler tous. La réduction de la dépendance politique –amorcée déjà d’une manière plutôt timorée et avec plus ou moins de bonheur par la Départementalisation et la Décentralisation, devrait être, en toute rigueur à la mesure des impératifs de responsabilisation dans les autres domaines. La Collectivité Unique est, de ce point de vue, un minimum qui devrait être reconsidéré en fonction de l’horizon esquissé précédemment et des stratégies retenues. Ceci sans perdre de vue qu’une nouvelle approche de la relation de délégation s’impose pour dépasser le fétichisme politique et la reproduction des formes de domination qu’elle favorise.

Le fétichisme politique est un des meilleurs indicateurs de la crise de la Démocratie qu’on pourrait interpréter comme étant un déséquilibre entre les trois constituants indispensables du système : la « délibération », la « participation » et la « représentation ». Les circonstances du débat sur la Collectivité Unique en Martinique, de la rédaction de la proposition de loi du gouvernement et de son vote à l’Assemblée Nationale est l’illustration la plus récente et la plus manifeste à grande échelle de ce déséquilibre. Le délibératif – faussé par la rétention d’information, et le participatif ont été purement et simplement mis hors-jeu au profit d’une représentation au poids disproportionné. Le sentiment qui a alors dominé est celui de politiques travaillant non pas à l’émergence d’une volonté collective mais à faire valoir des intérêts partisans. La procédure de mise en place de la CU en Martinique marque la limite extrême du dévoiement démocratique. C’est que nous nous obstinons, sciemment pour certains, à fonctionner dans un système démocratique aujourd’hui dépassé où la « représentation » occupe presque tout l’espace politique, marginalisant la « délibération » et la « participation ». Cette dernière instrumentalisée dans les faits est devenue un alibi pour la démocratie représentative, un lieu où l’on vient non pas délibérer mais administrer aux citoyens les vérités des élites politiques dominantes et de leurs experts. Quant à la « délibération », on assiste régulièrement avec la nouvelle majorité à la Région à sa mise entre parenthèses. On préfère régler les dossiers litigieux en petit comité, en Commission Permanente, avec une majorité acquise d’avance. Or ce sont ces dossiers, parce que litigieux et souvent importants, qui justement nécessitent une large délibération en plénière. La prime des 20% à la liste en tête pour l’élection de la nouvelle CU est sans doute le coup le plus terrible porté à la Démocratie de la délibération. Comment peut-on raisonnablement concevoir une délibération de qualité dans une assemblée qui a vocation à « gouverner » en neutralisant institutionnellement toute opposition et en faisant obstacle au pluralisme politique ? En définitive donc, malgré les difficultés de mise en Å“uvre que posent une délibération et une participation de qualité – difficultés atténuées dans notre cas par notre échelle modeste, il faut tout tenter pour dépasser le fétichisme politique, pour rompre donc avec une République aux relents monarchiques. Ce qui signifie en clair un rééquilibrage entre « délibération », « participation » et « représentation ». C’est aussi sur cela que nous jugerons le Président F.Hollande. D’autant qu’il y a déjà au moins deux pistes, à notre avis prometteuses, pour aller dans ce sens. Nous les avons déjà, plus d’une fois, évoquées : 1/la déprofessionnalisation de la politique par réduction du cumul des mandats en succession et en extension 2/ une participation qui institue un véritable espace public non seulement de délibération mais aussi de décision.

22 mai 2012
 
PS :
- Voir à propos du « Fétichisme politique » P.Bourdieu, 1984 « Revue Acte de la recherche en sciences sociales .
- Voir à propos de la « délibération », « la participation » et « la représentation » Y. Sintomer, 2001 (Mémoire HDR sociologie), 2011 (Revue en ligne CAIRN.INFO).
 

Cliquez ici pour lire les 20 commentaires

  • Politique : Quelques réflexions pour clarifier le débat 25 mai 2012 12:08, par Tim tim bwa sèk

    Certains ont encore la claque du 74 de travers.( 80% de NON ! ).
    Mais ne vous inquiétez pas, cela se soigne.

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  • blablablablablabla

    toujours la même soupe névrotique… assez pleuré, au boulot ! La richesse s’invente avec les cellules grises que vous gaspillez en blabla… comme tant d’autres… Or nous n’avons que 2 richesses en Martinique : notre île et nos cerveaux, le reste effectivement ce ne sont que des illusions… tout comme la plainte éternelle que certains semblent avoir consacré comme seule et unique activité de leur misérable existence ! Battez-vous plutôt pour le développement, pour l’éducation de vos enfants qui continueront le combat pour le développement… la seule dignité est là ! Ce n’est pas le cadre qui fait la force, mais ce que nous en faisons !!!!

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    • Politique : Quelques réflexions pour clarifier le débat 25 mai 2012 17:00, par Tim tim bwa sèk

      Je reve ou certains gauchos se réveillent enfin ?

      J’espère qu’il ne s’agit pas d’un simple élément de langage PPM qui accompagne le Plan de Relance 2 !

      Si vous le pensez sincèrement et réellement, je suis heureux car la Martinique ferait un grand pas !

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  • Ni an moun anlè sit tala yo élé Tim tim bwa sèk

    Mé missié pa ni fanm ?
    I pa ni ich ?
    I pa ni poul pou ba manjé ?

    ébé bondié !

    Pa ni an sijé man ka li, si missié pa adan
    UMP dwèt ka bay an ti-lanmoné pou i rété skaté lannuit kon jou

    Koté missié soti ?

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  • An pil an chay an lo pawol pou pa di ayen ! Tous les moyens sont bons pour tirer, dénigrer, critiquer et ce sont généralement ceux qui ne font rien qui sont les plus loquaces. On avait déjà Boriel, et maintenant on a Harpin. Logorrhée verbale, action zéro, idée zéro, motivation zéro, donc bien sur, risque zéro !

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  • PP, laisse ce genre de "zoizo" à Dégras ! Quel manque d’humilité, il dit vouloir "clarifier" le débat, avec quelle écumoire ??

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  • Très bonne analyse de la situation dans laquelle nous nous trouvons !!!

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  • Voila de la matière, malheureusement de la confiture donnée à des cochons !!

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  • En fait de clarification, Serge Harpin apporte sa part à l’obscurcissement du débat. En vérité, les choses sont simples : souhaitons-nous continuer à vivre impuissants mais repus grâce à l’argent du contribuable français, ou tentons-nous de nous en sortir par nous-mêmes, avec tous les risques mais aussi toutes les potentialités que cela implique ?

    Loin du verbiage d’Harpin, Jean de La Fontaine avait, au XVIIe siècle, dit les choses clairement :

    Le loup et le chien

    Un Loup n’avait que les os et la peau,
    Tant les chiens faisaient bonne garde.
    Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
    Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
    L’attaquer, le mettre en quartiers,
    Sire Loup l’eût fait volontiers ;
    Mais il fallait livrer bataille,
    Et le Mâtin était de taille
    A se défendre hardiment.
    Le Loup donc l’aborde humblement,
    Entre en propos, et lui fait compliment
    Sur son embonpoint, qu’il admire.
    "Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
    D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
    Quittez les bois, vous ferez bien :
    Vos pareils y sont misérables,
    Cancres, haires, et pauvres diables,
    Dont la condition est de mourir de faim.
    Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
    Tout à la pointe de l’épée.
    Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
    Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
    - Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
    Portants bâtons, et mendiants ;
    Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
    Moyennant quoi votre salaire
    Sera force reliefs de toutes les façons :
    Os de poulets, os de pigeons,
    Sans parler de mainte caresse. "
    Le Loup déjà se forge une félicité
    Qui le fait pleurer de tendresse.
    Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
    "Qu’est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
    - Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
    De ce que vous voyez est peut-être la cause.
    - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
    Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu’importe ?
    - Il importe si bien, que de tous vos repas
    Je ne veux en aucune sorte,
    Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
    Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

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  • LE CHIEN ET LE LOUP
    LE sujet est clair, même très clair, par compte j’ai du mal à vous suivre
    1)repus grâce à l’argent des contribuables français ?? A quoi servent les IMPÔTS, et autres taxes que nous payons.

    2° TOUT EST POSSIBLE SUR LE CHEMIN DE LA LIBERTÉ

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    • A travers les impôts et taxes que nous payons, l’Etat français se rembourse d’une partie de ce qu’il injecte comme flux financiers en Martinique. Mais d’une partie seulement : la moitié. Le mécanisme est simple : sur 100 euros transfusés en Martinique avec l’argent des contribuables métropolitains, l’Etat en récupère 50 par l’impôt des Martiniquais.

      Dans une société hyper-dépendante comme la Martinique, où la production de richesse est nulle, le financement de l’Etat français permet : 1) aux Martiniquais de s’alimenter, de se loger, de se déplacer, de vivre, quoi ; 2) aux Martiniquais de payer leurs impôts.

      CQFD : 1) nous vivons grâce aux impôts du contribuable métropolitain ; 2) payons nos impôts avec les impôts du contribuable métropolitain.

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      • calcul quelque peu foireux !
        Un ouvrier, un médecin martiniquais, ect... qui fait ses heures de travail est payé comme tout ouvrier français puisqu’il l’est et ceci jusqu’à ce qu’il soit indépendant, de son fait ou du fait de la France !
        Même travail, même salaire.
        Encore autre chose, un agriculteur français qui est des plus subventionnés de la planète, il vit au crochet aussi du contribuable français.
        Il y a comme un truc qui cloche, ce serait donc d’être un noir des îles français qui pose problème ?
        De même le calcul des 50% est faux, trop simpliste, puisque le reste est à son tour injecté sous un autre forme (salaire, achat) dans le circuit économique et retourne aussi à la France, à l’Europe, à son économie.
        Les 50% serait valable si le martiniquais constituait 50% de son revenu en épargne et l’envoyait à l’étranger.
        Quand je consomme, je fais tourner les usines françaises ce qui génère bénéfices, salaires, impôts, taxes en France...non ?

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      • Cela méritait d’etre dit !!! Sans compter les prix réglementés (carburant) et les productions subventionnées et les fonds européens en tant que zone de convergence.

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  • LE CHIEN ET LE LOUP
    MAL APPRÉCIER. ; c’est bien en faisant de la MARTINIQUE une DÉPENDANCE total hyper comme vous dites quel assure sa richesse ; c’est la logique COLONIALE.
    ET SI CETTE SITUATION NE VOUS ÉTAIT PAS PROFITABLE ,vous n’auriez pas répété a l’identique le même système dans toute vos dernières
    colonies départementalisées C’EST UNE STRATÉGIE LE PLUS CRIMINEL DE COLONIALISTE SELON MOI.

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    • On peut, comme vous le faites, apprécier ainsi la situation. Mais ça ne change rien à l’alternative devant laquelle nous sommes placés : continuer à vivre impuissants mais repus grâce à l’argent du contribuable français, ou tenter d’en sortir par nous-mêmes, avec tous les risques mais aussi toutes les potentialités que cela implique.

      Plutôt que de risquer d’être les loups libres mais affamés, nous avons choisi d’être des chiens gras mais enchaînés. Au lieu de rejeter la faute sur l’Autre, assumons ce que nous sommes devenus : des chiens épais mais insatisfaits, incapables pourtant de prendre le moindre risque s’il devait leur en coûter ne serait-ce qu’un centimètre de lard.

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      • l’Histoire est un long processus et chacun nous contribuons à la faire même si le résultat immédiat ne nous satisfait pas, l’important c’est de croire en l’objectif.
        Le Monde a changé et les "révolutions" qui pouvaient avoir lieu jusque dans les années 60 dans les pays colonisés ne peuvent plus se faire.
        Les peuples ont des aspirations immédiates, fruit de la mondialisation, d’un nouveau modèle économique, fruit des médias qui vendent un monde merveilleux où tout s’achète et se vend et surtout le bonheur.
        Ceci doit être regarder comme étant juste un instant de l’Histoire de l’humanité et que rien n’est immuable.
        Sur notre petite île, nous sommes condamnés à survivre en faisant vivre une identité, ce qui dérangent certains pensant à tort qu’identité égal indépendance.
        Quant aux choix d’antan, ont ils été fait vraiment par nos hommes politiques locaux ?
        Quel choix nous laissait la France des années 60-70, quand la moindre contestation se réglait par la force ?
        Quel choix quand le peuple était nourri de peur, peur d’être comme nos voisins qui au lendemain des indépendances se retrouvaient dans le dénuement alors que nous on nous montrait ce que ce serait d’être français : télé, aéroport, dispensaire, école, hopitaux, libre service, routesn voitures, ect...?
        Chez la majorité d’un peuple qui n’avait jamais rien possédé, sortant d’une colonisation féroce, a t il donc vraiment été question de choix ?
        Quand en même temps les "lapo sové" étaient les seuls possédants autres que békés et que dans la tête de Ti Sonson on avait savamment instillé le doute sur ses capacités à pouvoir un jour diriger un MArtinique qui ne lui appartenait pas ?
        Quel choix quand une Martinique entière agée de 20-30 ans était obligée de partir vers la France ?
        Il ne sert à rien de se lamenter sur des choix d’antan.
        L’important c’est comment sauver ce et ceux qui peuvent l’être avec ce que nous sommes ?

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  • La métaphore du chien et du loup est mal positionnée ici
    le piège que veux éviter à mes ENFANTS c’est de les laisser croire que moi je m’aurais rien fait de mes dix doigts, que
    intelligence serait inexistant, et je n’aurais en participé à leurs évolutions.
    MA CONCEPTION s’agissant de nos taxes récoltés par un autre est un non sens, je l’avoisine à un caquetage.
    CE débat là est très complexe comme l’ai tout le reste en MARTINIQUE ce qui malheureusement salmigondis tout.
    En fait pour revenir à LA FONTAINE, ici c’est l’introduction la manière, l’esprit que je ne soutiens pas.

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  • nous avons des intellos capable de nous faire douter de nous meme tant ils sont bons pour masquer leur incomptance ?Si vous aviez eu a mouiller votre chemise pour gagner votre pain quotidien vousn’en serz pas là a nous abreuver de paroles sans fondement travailler c’est le fond qui manqu e le moins Soyez tout simplement des citoyens fiers de l’etre

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  • On sent chez vous, Monsieur "CHARLERY", transpirer la haine de l’intellectuel. Une haine qui vous conduit à dire des sottises. Il y a en effet des travailleurs manuels et des travailleurs intellectuels. Et dans chacune des catégories il y a de tout : ceux qui mouillent beaucoup leur chemise, ceux qui le font moins et ceux qui rusent... C’est vrai qu’on ne reconnaît pas suffisamment la valeur et la pénibilité du travail manuel ; mais c’est un autre problème, et cela ne vous autorise pas à dire n’importe quoi. Si ce sont les opinions émises qui vous dérangent alors critiquez les, contestez les avec vos mots, mais pas de démagogie populiste, je vous prie. J’aurais été toutefois curieux d’avoir votre opinion sur les intellectuels recrutés par la Région avec des salaires et des avantages de hauts fonctionnaires pour des missions dont on ne saisit pas trop la finalité.

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