Région Martinique : La bataille Marie-Jeanne/Letchimy
Plusieurs listes se profilent en vue de ces élections régionales des 14 et 21 mars 2010, qui ne seront définitivement connues qu’à la clôture du dépôt des candidatures le 15 février en Préfecture.
Dans la course à la Région, bien décidées à compter leurs voix dès le premier tour, la liste de la FSM (fédération socialiste) sera finalement conduite après bien des atermoiements par son 1er Secrétaire le Député-Maire de Trinité Louis-Joseph Manscour. Celle du Modem sera conduite par Max Orville, et Lutte Ouvrière placera en tête Ghislaine Joachim Arnaud. Le Grand Rassemblement Martiniquais envisage une liste citoyenne autour de José Mirande, candidat malheureux aux dernières municipales au Marin. De même, Ralph Monplaisir, Maire de Case Pilote, et Margareth Tanger, Présidente du Parti Chrétien Démocrate, pourraient ensemble constituer une seconde liste de droite, fédérant entre autres des "nonistes" du 24 janvier.
Mais en Martinique, la bataille des régionales se jouera principalement entre le MIM d’Alfred Marie-Jeanne, et le PPM de Serge Letchimy. Il paraît en effet difficile d’imaginer quel autre résultat que la candidature de ce dernier en qualité de tête de liste, pourrait émerger de la convention du PPM le samedi 6 février 2010.
Il faudra également compter avec des arbitres de poids, pour un inévitable second tour : le RDM et sa liste conduite par Madeleine de Grandmaison, Bâtir le Pays Martinique et son président Pierre Samot, et une droite (FMP & UMP notamment) qui va tenter, sous la houlette de André Lesueur, maire de Rivière Salée, de retrouver quelques couleurs électives dans un rassemblement de ses principaux leaders : Miguel Laventure, Chantal Maignan, Françoise Rose-Rosette...
Cette campagne MIM versus PPM, déjà bien entamée, semble particulièrement s’intéresser aux capacités de gestion des deux principaux candidats, à leurs bilans et à leurs projets.
Alfred Marie-Jeanne, au terme de 12 années à la tête de la Région est crédité par les martiniquais d’une gestion saine des finances régionales. Mais il devra user d’inventivité dans ses propositions pour la prochaine mandature. C’est que le Président sortant trouvera aussi placés dans sa balance ses coups de sang, ses déclarations telles "ma réélection ne m’intéresse pas", ou encore ce qui n’est pour l’heure qu’une polémique autour de la construction d’une école en Dominique.
Serge Letchimy aura pour sa part fort à faire pour répondre aux attaques pour mauvaise gestion dont lui et son parti font l’objet. On connaît en effet la situation difficile de la ville de Fort-de-France depuis de nombreuses années, et on se souvient également que le PPM avait laissé à la Région un endettement important, qu’avaient résorbé Emile Capgras puis Alfred Marie-Jeanne. Un endettement que le parti de Trénelle continue de justifier par des investissements majeurs réalisés à l’époque pour le pays, politique d’investissements indispensable qu’il oppose aujourd’hui à ce qu’il appelle "l’immobilisme en termes de développement" de la majorité en place. Un héritage malgré tout encombrant, que le leader du PPM a choisi d’assumer, et auquel viennent s’ajouter les "on dit" de ses adversaires concernant des déficits à la SEMAFF ou à la CACEM qu’il a précédemment dirigées.
Les martiniquais ont en janvier 2010 signifié à leurs élus leur désir que soient laissées de côté les préoccupations statutaires et institutionnelles. Et on le voit, dans leurs échanges, dans nos forums sur ce site, ce sont les enjeux économiques qui prennent le pas dans cette campagne des régionales qui est loin d’être jouée, et qui s’apparente déjà à un test grandeur nature en vue de la conquête de la très proche collectivité unique.
FSRR
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