J. Dulys : "Pour rester dans l’esprit d’Osons Oser"
"La Responsabilité d’un élu c’est de ne jamais renoncer à défendre les intérêts de la population et de l’accompagner dans ses choix.
Conformément aux orientations du Mouvement OSONS OSER que nous défendons avec Pierre PETIT depuis 1995 , j’ai fait le choix à titre personnel le 18 décembre 2008 de voter en faveur d’un changement du statut de la Martinique dans le cadre de l’article 74 de la Constitution.
Cette démarche n’avait pas d’autre signification que de manifester ma détermination à soutenir le principe qu’un véritable et définitif changement politique est nécessaire pour notre pays. Mais surtout pour mettre un terme à cette valse hésitation qui durait depuis 50 ans stérilisant le développement économique et social par la perte de confiance dans note île.
Cependant la crise du mois de février 2009 et les Etats généraux ont orienté ma réflexion vers une démarche plus prudente, plus proche des considérations de la population.
De plus la proposition du Président de la République de soumettre à l’avis de la population par consultation référendaire d’une part le 17 janvier 2010 le projet de changement de statut avec une nouvelle collectivité dans le cadre de l’article 74 et d’autre part le 24 janvier la création d’une collectivité unique régie par l’article 73, me donnent l’opportunité de revenir sur ma position initiale et faire le choix de construire la responsabilité martiniquaise dans un rapport étroit avec la population.
Depuis 1981 c’est la première fois que les Martiniquais sont invités à faire un choix politique. Il s’agit ici véritablement de décider de l’avenir politique de notre île.
La décision du Président de la République me donne désormais la liberté de prendre la voie de la réforme dans le cadre de l’article 73 et de proposer à la population de choisir une démarche plus prudente pour préparer la Martinique à la responsabilité et au développement.
Je mesure quotidiennement, sur le terrain, le manque de quiétude des citoyens par rapport à ce changement de statut. Nombreux sont ceux qui me disent que ce n’est pas un changement de statut qu’ils demandent mais une réforme de l’organisation des pouvoirs locaux.
Doter la Martinique d’une assemblée unique sans toucher à son statut comme le Président SARKOSY le soumet à l’avis des Martiniquais le 24 janvier va incontestablement dans le bon sens et reprend une revendication portée par notre Mouvement Osons oser pour la Martinique depuis sa création. Quelle perte de temps !
En effet nous avons été les premiers à vouloir des Etats généraux pour la Martinique, personne n’a accepté notre proposition au motif que Pierre PETIT était de droite, nous avons été également parmi les premiers à suggérer une réforme de la constitution pour sortir l’outremer de l’impasse politique et de l’engrenage de deux assemblées locales ayant des pouvoirs qui se chevauchent. Nous avions également demandé une consultation référendaire pour donner la parole au peuple. Toujours, nous avons réclamé un projet de société pour accompagner toute idée de réforme institutionnelle.
La Martinique est parvenue à la croisée des chemins sans qu’elle n’ait eu a débattre d’un véritable projet global de société. Ce que n’est ni le SMDE, ni l’agenda 21. Avons-nous eu le courage de nous poser la question
" Quel Développement pour quelle Martinique ? »
Formule qui est une antienne de Pierre PETIT depuis 1982.
Notre population, celle du Morne Rouge en particulier et plus largement celle de Martinique veut d’un changement sans risque, et contrôlé c’est-à-dire en dehors de tout esprit de défiance ou de rupture avec la France.
Elle voudrait surtout construire l’avenir de la Martinique dans un cadre sécurisé qui ne suppose aucune négociation des fonds attribués à la collectivité territoriale mais prévoit des obligations financières pour l’Etat vis à vis de notre territoire en terme de moyens politiques et financiers.
En réalité avec l’article 73 l’Etat est tenu d’attribuer à la Martinique des moyens financiers pour son fonctionnement et son développement. Il nous appartient de faire un acte de confiance d’abord en la Martinique quant à sa capacité à se mettre au travail pour élaborer un réel et intelligent projet de développement et surtout pour donner un avenir prospère aux nouvelles générations.
Même si pour certains je reprends ma parole, le choix de proposer à la population de voter non le 17 janvier est lié à ma volonté de donner à notre pays la chance de prendre en main son destin et d’avancer vers la responsabilité pas à pas dans la certitude de respecter les attentes de nos concitoyens. Le changement doit être volontariste et s’inscrire dans une logique de responsabilité et de confiance.
En choisissant de voter pour une réforme dans le cadre de l’article 73 nous optons pour une démarche volontariste qui permet à la Martinique de se préparer et de parvenir à la responsabilité en poussant le plus loin possible les habilitations ouvertes par la constitution.
On peut affirmer qu’en poussant à l’extrême cette marge de manœuvre il est possible de créer un espace de pouvoir permettant finalement aux élus du peuple de décider par eux -mêmes les actions nécessaires au développement. Cela suppose évidemment que nous ayons au préalable arrêté dans le cadre d’un compromis entre martiniquais le projet à partir duquel nous dirigerons ce pays. (Lire Osons Oser page 71)
Nous avons besoin de temps et de la confiance des martiniquais pour engager ce pays dans la voie du changement de statut. Pour l’heure nos compatriotes n’y sont pas prêts.
Je ne veux pas avoir le sentiment d’avancer plus vite que la population. Pour cette raison j’opte pour une réforme dans le cadre de l’article 73."
Jenny DULYS-PETIT Maire et Conseiller Général du Morne Rouge Vice Présidente du Mouvement OSONS OSER POUR LA MARTINIQUE
