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L’affaire DSK et l’image de la France

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Publié le 25/05/2011

Par Yves-Léopold Monthieux

Les démêlés qui mettent en cause Dominique Strauss-Kahn (DSK) sont bien entendu une véritable épreuve pour le rayonnement international de la France. Sans être aussi catastrophiques, la France accumule quelques soucis résultant de ses grands commis. On se souvient que la nomination de Jean-Claude Trichet en qualité de président de la Banque centrale européenne, en 2003, avait été suspendue à une décision de justice dans l’affaire du crédit Lyonnais. Dans des conditions apparemment moins préoccupantes, Christine Lagarde s’expose à son tour à la suspicion. Il est vraisemblable qu’Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, soit l’un de ceux qui s’emploient le plus à favoriser cette promotion. Lui aussi avait connu les affres de la justice.

Néanmoins, à travers la mouise attachée à toutes ces nominations deux éléments positifs apparaissent, qui tiennent à l’expertise économique notoire et à l’autorité politique avérée de la France. Une grande compétence est unanimement reconnue à toutes ces personnalités françaises de rang international. Dominique Strauss-Kahn ne reçoit que des louanges pour l’action qu’il a menée à la Direction du fonds monétaire international. Jean-Claude Trichet est présenté, suite à l’autorité acquise dans une fonction de premier ordre, comme l’un des meilleurs candidats possibles à la succession de DSK. La compétence de Mme Lagarde est reconnue par les spécialistes du monde entier et soulignée en France, y compris par le Parti socialiste, alors que celui-ci n’a pas de cesse de dénoncer la politique nationale conduite depuis quatre ans sous l’autorité de la ministre. Cette reconnaissance est établie alors que la position économique de la France recule.

Cependant cette expertise des grands commis français en matière économique ne pourrait pas s’imposer sans la reconnaissance, au plan international, d’une vraie autorité politique de la France. Celle-ci parvient à surmonter les aléas politiques sous les accusations et les quolibets des pays anglo-saxon, notamment. La présence française est attendue et appréciée autant que critiquée sur les terrains d’affrontement : en Asie du Sud-Est, en Afrique noire ou au Maghreb, par exemple ; son absence est souvent regrettée. Ainsi les Etats-Unis sont les premiers à dénoncer le comportement de DSK, de la presse française et des hommes politiques français. Ils ont été également les premiers à proposer une nouvelle candidature française et à soutenir celle de Christine Lagarde.

A un observateur martiniquais à qui je disais que la France a du souci à se faire en ce qui concerne le maintien de son niveau de vie, il me répondait que la France sera toujours un grand pays. C’est peut-être un élément de ce paradoxe qui justifie sa place dans le monde, aujourd’hui encore.

25 mai 2011.

Cliquez ici pour lire les 6 commentaires

  • Tout est énorme dans cette affaire : énormes, les faits reprochés à DSK ; énormes, les méthodes utilisées par la justice américaine ; énormes, la couverture médiatique américaine à charge contre DSK et la France ; énorme, le parti-pris anti-américain de la presse et de l’intelligentsia françaises, en faveur de l’ancien directeur du FMI ; énorme, le silence initial de la classe politique sur la situation de la présumée victime ; énorme, l’étalage de la puissance financière de l’épouse de DSK ; énormes, les exigences de luxe du prévenu et d’un entourage supposé de gauche. Toutes ces énormités donnent un sentiment de malaise et on en vient à se demander, au cas où DSK serait condamné, comment il pourrait se refaire du glauque d’un centre pénitentiaire. Par ailleurs, tout cela concourt à mettre en évidence le fossé existant entre la gauche d’en bas et la gauche d’en haut.

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  • Il faut prendre en compte les rapports de forces au sein de l’Europe. Et ce que l’Allemagne permet a la France d’avoir sur la scène internationale. Les allemands sont conscients des nécessités symboliques de la France. Et en rigole. Et coopère avec plus ou moins bonne humeur. Les allemands ne font pas, par exemple, de différences entre le besoin de la France de posséder un miniatur reich (empire au réduit) et celui d’avoir Lagarde au FMI. Symboles obligeants. Et puis, comme quelqu’un disait, la France n’est pas l’Université de Chicago avec ses douzaines de Nobel en économie. Il faut surtout douter que la France a des « commis » plus compétents qu’en l’Allemagne. Ce qu’elle a ce sont des exigences symboliques.

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    • Ce qu’il faut c’est deux zones euro. La première, nordique, protestante et richement discipliné avec a sa tète l’Allemagne. La deuxième, sud, catholique/orthodoxe et toujours en difficultés, rarement gouvernable, la France a sa tète.

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  • L’affaire DSK et l’image de la France 26 mai 11:54, par Guide pour les perplexes

    Christine Lagarde est la coqueluche des banquiers. Les parties qui ont le plus à perdre de sa nomination à la tête du FMI sont les pays en en voie de développement en dehors de la zone euro. Ces pays, en Afrique, en Asie et en Amérique latine seront marginalisés parce que Mme Lagarde jettera les ressources du FMI dans la bataille ruineuse pour protéger les banques françaises et allemandes qui ont tout à perdre si les pays comme la Grèce restructurent leurs dettes comme ils le devraient. Si le processus est transparent elle ne sera pas à la tête du FMI.

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