La conquête ... de François Hollande
TweetLes présidentielles de 2012 semblent revêtir un supplément d’importance par rapport aux précédentes. Conséquence sans doute de la réforme des institutions, du raccourcissement et du renforcement politique de fait du mandat présidentiel. Conséquence aussi de l’usage frénétique qu’en a fait Nicolas Sarkozy durant les premières années de son règne. Conséquence enfin des débats tendus - instaurés ou acceptés par le pouvoir - autour des religions, de l’immigration, des origines...(une banalisation du racisme qui au-delà des débats éthiques qu’elle soulève, ne saurait être profitable aux "domiens" que nous sommes).
Dans cette ambiance particulière, l’on observe l’émergence d’un candidat qui de prime abord semblait peu destiné à "la conquête". Un charisme peu perceptible, aucune expérience de gouvernement, sinon celle de la direction du PS de 1997 à 2008, une ancienne compagne - Ségolène Royal - également candidate...que de handicaps.
Mais l’émergence est réelle et durable. Elle a commencé bien avant l’affaire DSK, et se poursuit comme si de rien n’était, comme étrangère à la tourmente provoquée au sein du PS par les déboires de l’homme de New-York.
Un signe accrédite l’importance que revêt au PS la démarche de François Hollande ; Deux thèses parmi d’autres peuvent expliquer la constance de sa progression dans l’opinion ; Et un sondage récent vient néanmoins nuancer cette belle aventure.
Le signe d’abord : Les alliances de circonstance
Les rapprochements auxquels l’on assiste aujourd’hui entre ténors du PS hier encore opposés ne trompent pas. Aubry, Fabius, Royal dans un même élan...L’ennemi est identifié, c’est François Hollande. Celui que l’on ne supporte pas, celui avec qui l’on a nécessairement eu maille à partir durant les onze longues années pendant lesquelles il a tenu la maison PS.
Première thèse du succès : Hollande et la France.
Ce pourrait bien être une histoire personnelle. Comme le furent celles de de Gaulle, de Mitterand, et plus récemment de Sarkozy, ou même de Royal. Car la "montée de Ségolène Royal correspondait aussi à une forme de "rencontre d’un homme et d’un pays" selon le mot de Bayrou. Seul hic, Ségolène Royal a rencontré la France au même moment ou Sarkozy la rencontrait aussi. Lui disposait en plus d’un parti pour gagner. Elle non. Dominique Strauss-Kahn aurait également pu s’inscrire dans cette dynamique de rencontre. Il en a fait une autre.
Seconde thèse du succès : L’anti-Sarkozy
S’il est un candidat aux antipodes de ce que peut-être Nicolas Sarkozy, c’est bien François Hollande. Posé, modéré - jusqu’à l’immobilisme diront ses adversaires intimes - l’homme pourrait bien rassurer et apaiser les français après des mois et des mois de bling-bling, de tensions et de stigmatisations, ces dernière profitant d’ailleurs bien plus au FN qu’à l’UMP.
Le sondage qui "tue"
Un sondage TNS-SOFRES paru le mercredi 25 mai 2011 indique que François Hollande demeure favori à la fois de français et des sympathisants PS pour la présidentielle de 2012. Mais l’écart entre les résultats qu’il obtiendrait et ceux de Martine Aubry est désormais très faible. Tous deux arriveraient en tête du 1er et du second tour devant Sarkozy et Le Pen, puis battraient le président sortant au second tour. Avec un avantage de 2 à 3 points seulement pour François Hollande. Dans cette nouvelle configuration, Martine Aubry ne devrait pas tarder à dévoiler sa candidature, et les longues primaires qui s’annoncent ("campagne" de juin à Octobre) pourraient une fois de plus se révéler destructrices pour le PS, et ruiner le projet de conquête de François Hollande.
FSRR
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