La droite : survivre ou disparaître
TweetPar Yves-Léopold Monthieux
Ainsi donc, l’histoire se répète, le cas de figure de 2008 se renouvelle. Une fois de plus, la droite se trouve en position de choisir le futur président du conseil général et de décider de la majorité qui dirigera cette collectivité. Comme en 2008, elle peut faire usage de sa position stratégique soit au nom de ses idées, soit, au contraire, au nom d’intérêts particuliers de ses élus. Elle peut agir groupée ou en ordre dispersé, agir pour exister et survivre ou accélérer son destin, se mettre dans les conditions d’un nouveau départ ou encore jouer la politique du sauvetage individuel avec la disparition collective à la clé. Elle devra finalement choisir entre passer en bon ordre le témoin aux nouvelles générations ou sombrer dans la politique de la terre brûlée.
Placée dans les mêmes conditions en 2008, les élus de droite avaient préféré répondre aux sirènes du camp adverse au lieu de s’unir en la force décisive qui leur aurait permis de donner un contenu politique à leur choix. En deux ou trois coups de fil ils s’étaient véritablement dissous dans une majorité où ils ne purent manifester la moindre existence politique. Ils avaient la possibilité de conditionner leur participation à cette majorité à une contrepartie politique, notamment en matière d’évolution statutaire. Mais chacun, dans une stratégie individuelle, avait renoncé à la politique des idées, privilégiant celle du strapontin ou, peut-être, la promesse de telle subvention pour sa commune.
Bis repetita, une opportunité d’exister politiquement, sans doute la dernière, est à nouveau offerte à la droite qui se révèle une fois de plus la maîtresse du jeu. Elle peut bien entendu céder à nouveau à cette manière d’appel des grands fonds, cette sorte de syndrome de la soumission qui semble s’être emparé d’elle depuis qu’elle s’était assujettie au président indépendantiste de la Région en 1998. En ce temps-là elle avançait encore groupée et l’on pouvait assimiler ce mouvement collectif à une stratégie politique de groupe. Les déclarations d’André Lesueur aux lendemains du premier et du second tour des cantonales peuvent laisser croire à une véritable prise d’initiative politique de la droite. De sorte que les interventions de Miguel Laventure, dimanche soir à la télévision et mardi matin à la radio (Décryptage), ont paru exprimer la détermination d’un groupe solidaire.
La droite serait-elle donc disposée à contribuer à l’apaisement du débat politique en prenant toute sa part à la solution des défis importants qui se bousculent, dont, bien entendu, la mise en oeuvre de la collectivité unique ? En serait-elle jusqu’à envisager la plus haute fonction de la collectivité ? Miguel Laventure n’écarte pas cette possibilité. Si l’on comprend bien, la droite pourrait présenter un candidat ou une candidate à la présidence de l’assemblée départementale. Cette initiative pourrait, déjà lors du premier tour, unir les élus de la droite sur le nom de l’un des leurs.
Certes, au plan arithmétique la droite est incontestablement la maîtresse du jeu. Mais au plan politique, il lui faudrait d’abord être maitresse d’elle-même. Ce n’est pas gagné.
mardi 29 mars 2011
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