Interview de Francis Carole, président du Palima, et élu régional d’opposition en Martinique, réalisée par le site de son parti, à propos de l’épandage aérien.
Lepalima.org : Depuis plusieurs mois, l’actualité en Martinique est dominée par la question de l’épandage aérien. Le PALIMA est très engagé dans cette bataille. Pourquoi ?
Francis Carole : Avant toute chose, nous tenons à noter que le débat instauré sur cette question représente en lui-même une première victoire. Nous devons, en effet, avoir constamment à l’esprit que c’est dans un silence assourdissant que se sont écoulées, en Martinique et en Guadeloupe, deux décennies d’empoisonnement à la chlordécone -des sols, des eaux et des hommes.
Sans ignorer les problématiques liées à l’économie bananière, nous pensons que les exigences de santé publique et de respect de la vie doivent l’emporter sur les considérations économiques et les logiques de profit. L’être humain est le vecteur fondamental du développement et du progrès. Il ne saurait donc être sacrifié aux intérêts marchands.
Après le scandale absolu de la chlordécone, il y a une manière d’indécence intellectuelle et morale à chercher - comme semble le faire le PPM - à mettre sur la même échelle de valeurs la santé de nos compatriotes et la spéculation bananière.
Certes, tout le monde a entendu Victorin Lurel déclarer, avec une assurance de paon, que les produits utilisés ne seraient pas toxiques. On sait cependant que plusieurs études ont au contraire fait la démonstration que les fongicides employés (Gardian, Sico et Tilt 250) sont cancérigènes possibles et très toxiques pour les organismes aquatiques. Concernant l’adjuvant Banole, l’Europe elle- même le considère comme cancérigène possible, de catégorie II-R45.
Enfin, chacun sait que la proximité des maisons d’habitation par rapport aux plantations, la présence de cours d’eau dans les zones d’épandage conduisent à une violation constante des règles de précaution exigées pour toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien.
Victorin Lurel semble se contredire quand on analyse sa déclaration du mercredi 10 octobre à l’Assemblée Nationale française…
FC : C’est très juste. Il avouait lui-même à cette occasion : « je conviens qu’il n’y a pas eu d’études ni d’expérimentations spécifiques sur le Banole ».Or l’arrêté ministériel du 31 mai 2011 précise que « les produits phytopharmaceutiques utilisés en épandage aérien doivent avoir fait l’objet une évaluation spécifique à cet usage ». Cette évaluation doit être réalisée par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).
A ce propos, le président de la région Martinique et député du centre, lors de la même séance de l’Assemblée Nationale, faussement indigné, donnait l’impression de s’en prendre à son compère Lurel :
« Je relève d’ailleurs une faute relativement grave : Nous aurions dû avoir les certifications de validation. Nous ne les avons pas eues, alors qu’il y a urgence… »
Alors pourquoi le président du conseil régional, sachant que l’absence de certifications de validation du Banole était « une faute relativement grave », a-t-il apporté, à deux reprises, son soutien appuyé à la poursuite de l’épandage de ce produit ?
En réalité, le couple Banole (Lurel-Letchimy) suscite perplexité et interrogation dans son acharnement à défendre la poursuite de l’épandage aérien.
Le respect du principe de précaution, dans un tel cas, aurait dû prévaloir sur l’empressement à se plier aux pressions -voire aux menaces pour certains- exercées par les représentants du lobby bananier.
Ainsi, prétendre que 10 000 emplois étaient en jeu (en réalité 4027 personnes selon le Rapport public annuel 2011 de la Cour des Comptes) relève du cynisme et d’une volonté sordide d’instrumentalisation de la misère sociale.
Comment, d’une manière générale, peut-on analyser l’attitude du président de région sur ce dossier ?
FC : Ce qui caractérise la position du néo-PPM et de son principal dirigeant sur ce dossier c’est l’absence d’esprit de principes.
Comme Lurel, il se prétend « opposé à l’épandage aérien » mais, en décembre 2011, il demande à son groupe de ne pas présenter un projet de motion qui s’opposait à toute dérogation à l’interdiction de cette pratique. En décembre 2011 et en juillet 2012, il soutient deux demandes de dérogations du lobby bananier…avec l’utilisation du Banole.
Pire ! Lors de la séance de nuit de l’Assemblée Nationale du mercredi 10 octobre 2012, il refuse de voter l’amendement n°14, introduit par le député écologiste François-Michel Lambert, en vue « d’interdire les épandages aériens en outre-mer. »
La justification politique de cette attitude est d’un surréalisme troublant :
« Nous ne voterons pas cet amendement, sachant qu’en Martinique nous avons adopté une délibération afin de bien marquer que nous ne tolérons plus ni l’épandage aérien ni l’utilisation du Banole. »
Ainsi, nous avons appris cette nuit-là que, de la seule autorité de l’héritier, les plénières du conseil régional s’étaient transmuées en séances d’un parlement martiniquais prenant des lois qui rendaient inutile tout avis du parlement français…
Mais, ce qu’il convient surtout de rappeler c’est que le « parlement » de Plateau Roy n’a, pour dire la vérité, jamais pris aucune « loi » (ou « délibération ») ne tolérant plus l’utilisation du Banole.
L’opportunisme conduit toujours au mensonge et l’inconstance révèle l’inconsistance.
Quel premier bilan tirer de la mobilisation contre l’épandage aérien ?
FC : La route est encore certainement longue avant la suppression définitive de toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien. Le lobby bananier et ses affidés continueront leurs pressions de toutes natures pour maintenir encore le statu quo. Les manœuvres ne manqueront donc pas. Ils évoqueront sans doute les menaces du Mycosphaerella eumusa, une cercosporiose encore plus agressive que la noire et qui sévit actuellement en Asie et dans l’océan Indien.
Mais, en Guadeloupe comme en Martinique la population commence à réagir. L’action, en Martinique, de l’AMSES, de l’ASSAUPAMAR, des élus écologistes et patriotes dans les assemblées locales, ou encore de nos députés à l’Assemblée Nationale française trouve un écho extrêmement favorable dans l’opinion publique.
Les ordonnances des Tribunaux Administratifs de Basse-Terre et de Fort-de-France exigeant la suspension-même temporaire- de l’exécution des arrêtés préfectoraux autorisant l’épandage aérien crédibilisent notre discours et nos initiatives.
D’autre part, certains éléments du contexte s’avèrent favorables à la cause que nous défendons. C’est le cas du Rapport de la commission du Sénat français sur les pesticides et leur impact sanitaire, paru cette semaine. Les conclusions de cette commission soulignent que « les dangers et les risques des pesticides sont sous-évalués », « l’effet des perturbateurs endocriniens mal pris en compte » et que « les protections contre les pesticides ne sont pas à la hauteur des dangers et des risques. »
Le Collectif contre l’Epandage Aérien et l’Empoisonnement des Martiniquais, qui est l’espace unitaire de toutes les forces opposées à la poursuite de l’épandage aérien, devra intensifier le travail d’information et de mobilisation du plus grand nombre pour mettre définitivement fin à une pratique préjudiciable à la santé de la population.
Les questions qui se posent, au-delà de l’épandage aérien, touchent aux conditions à réunir pour une agriculture propre en Martinique. Les préoccupations de santé publique et de recherche d’une souveraineté alimentaire optimale ouvrent le champ d’une réflexion qui concerne tous nos concitoyens et qui déterminera notre développement.
" Au delà du terme humoristique et quelque peu caricatural de - Couple : Banole (Lurel-Letchimy), quel est le véritable fond du problème ? La santé des martiniquais bien entendu, mais aussi et surtout la sortie programmée de cette économie bananière basée sur des schémas éculés, désuets et post-esclavagistes -
Une économie dont nous connaissons non seulement le caractère nocif à la santé des martiniquais par ces épandages de produits toxiques - Et... la prédisposition "budgétivore" en subventions françaises et européennes, un des "noeuds gordiens" du problème -
Nous sommes donc face au surréalisme et au sensationel, au regard de ces postures de la mouvance dite "patriotique", lorsque l’on sait qu’elle comptait parmi les principaux acteurs, décideurs politiques du pays, et donc "interlocutrice" du lobby bananier en tant qu’exécutif de la Région ces dix dernières années - le Problème de l’empoisonnement ne se posait-il donc pas pendant cette décénie ?
Un extrait du Rapport annuel de la Cour des Comptes, datant de Février 2011 :
" L’effort budgétaire pour les producteurs de bananes des départements d’outre-mer a pris la forme d’abandons de créances de la part de l’Etat - Entre 2003 et fin 2008, des lettres interministérielles (L.I.M) ont transformé en subventions, en particulier celle du 05 décembre 2008 qui à la suite du cyclone Dean, a converti en subventions 32,5 millions d’euros d’avances aux producteurs de bananes -
Faites sans inscriptions de crédits budgétaires, cette dépense n’a été régularisée que l’année suivante par la loi de règlement de 2009 -
Au total en 1997 et 2008, ce procédé a conduit l’Etat a n’être remboursé que de 5 millions d’euros pour un montant de prêts aux producteurs de bananes des Antilles (via leurs organisations de producteurs) de (tenons-nous bien) : 53,5 Millions d’euros" -
Soit un bénéfice net au détriment de la poche du contribuable de 48,5 Millions sur onze années - N’est-ce pas ? Pas de précisions sur d’éventuels "rétrocommissions", "bakchichs" ou "graissage de pattes" - Toujours est-il que des décideurs politiques ne peuvent ou ne pouvaient ignorer les pratiques entre autres d’une certaine bourgeoisie comprador -
Le malheur dans cette histoire, c’est que la classe politique martiniquaise n’arrive pas à dépasser un manichéisme rédhibitoire qui consiste à rejeter "toutes les fautes, tous les pêchés sur l’adversaire" dès que l’on n’actionne plus les commandes, et en étant.. dans l’opposition - Difficile dans ces conditions d’arriver à une authentique défense de l’intérêt général, et par conséquent de faire front face à cette bourgeoisie comprador -
Après avoir occupé d’éminentes fonctions en tant que décideurs au sein la collectivité prépondérante du pays, on se doit de réagir en toute connaissance du dossier, et non pas en tant qu’opposition ou opposant "vierge" de toute action politique antérieure -
Encore une fois, c’est le plus vil jeu politicien qui prédomine face à une problématique aussi complexe et aussi gravissime -
Quel problème grave Anaconda ? Votre première vice-présidente de Région en Martinique, devenue meilleure avocate des lobbies de planteurs, va en radio nous raconter que tout va bien et que les services de l’Etat ne manqueront pas dans les jours qui viennent de déclarer le "banole produit banal" ! On n’a plus qu’a attendre et à prendre nos petites douches en restant mignons. On verra la suite dans 10 ans, quand les taux de cancer auront encore augmentés.
Anaconda, vous en devenez irritant ! Vous tentez de justifier l’injustifiable : le refus de Chef Ych Méchan de prendre toute décision contre des intérêts des profitans, son double discours sur l’empoisonnement des Martiniquais par épandage, ses contradictions les plus désespérantes. Et vous le faites en ressassant comme un rara le fait que ses prédécesseurs n’auraient rien tenté contre ce problème. A supposer que ce soit vrai, en quoi les insuffisances de dirigeants précédents justifieraient-elles la poursuite d’une vakabonagerie ?
Politiques Publiques devrait organiser un vrai débat sur cette question et ne pas se contenter d’aller à la pêche de tout ce qui s’écrit dessus, bon comme mauvais et surtout mauvais. J’ai du relire ce type 2 fois pour bien me rendre compte que l’on était dans un vrai conte. il ne manque plus que les yécrik. J’ai suivi toutes les plénières via KMT au cours desquelles la Région a abordé ce sujet...et carole MENT ! Il MENT ! Il a été de plus désespérément muet sur la question. Je suis un peu décu car je croyais qu’il se distinguait un peu du reste de sa troupe...eh bien, non !!! Tout ce qui est dit là est faux et ce qui me fait de la peine, c’est que l’on va "ramasser" ce genre de truc sur un autre site pour le relayer. C’est triste et Carole est tout simplement pathétique. j’ai toujours eu du respect pour les éducateurs du peuple, ...mais là, à ce point travestir l’histoire...grave, très grave.
Oui Justicier un vrai débat qui traiterait "du comment nous voulons vivre en Martinique".
En proposant un chemin des possibles et surtout comment mettre en mouvement les forces immenses qui sommeillent dans le sous sol de la société.
Voilà un type qui ne fait vraiment le buzz ! Toutes ses tentatives de proclamation restent sans succès et sont toujours reléguées au fin fond du hit parade de PP. Pov’boug !
Tiens donc ! C’est la Louloute des békés ? Celle qui nous a fait la grosse "bouz"(bouse) sur Ekla FM cette semaine, en nous promettant un "banole banale" ? Allez, Louloute ! De grâce ! Ne restez pas là ! Cachez ces seins que le public ne saurait voir !
JUSTICIER : MENTEUR DE SERVICE OU ACCRO A LA BIERE AU BANOLE ?
Voici ce qu’écrit « JUSTICIER » dans son évasion dialectique : « J’ai suivi toutes les plénières via KMT au cours desquelles la Région a abordé ce sujet...et carole MENT ! Il MENT ! Il a été de plus désespérément muet sur la question. »
Et voici ce qu’écrit France-Antilles du 28 juillet 2012, à propos de la plénière du conseil régional où Letchimy a soutenu une deuxième autorisation d’épandage au Banole sur les plantations bananières :
« Le ton montait entre Francis Carole et Serge Letchimy, à minuit passé »… « On ne peut pas, politiquement, débattre pendant quatre heures sans envoyer un message au peuple, s’emportait le président de Région…Un e motion contre l’épandage aérien, ça ne veut rien dire, car il est déjà interdit par la loi, lui rétorquait Francis Carole ».
Te voilà pris en flagrant délit de mensonges, « JUSTICIER » ! Je suppose que ce jour-là tu t’es endormi devant ta télé, une bière au Banole à la main, la photo de Louloute dans l’autre.
Sur la question de la lutte contre l’épandage, le « type » dont tu parles a été constant dans ses déclarations et actif sur le terrain pour tenter, avec d’autres, de faire en sorte que soit mis fin au lent empoisonnement des Martiniquais, au moment même où, par loulouterie et filouterie, les dirigeants du néo-ppm se mettaient à genoux devant les békés.
D’autre part, et je comprends ta désespérance, mêlée de remontée de Banole, Francis Carole cite ses sources que chacun peut vérifier.
Alors, mon pauvre « JUSTICIER », éructer que quelqu’un ment ce n’est pas le prouver. Il te faudra donc changer de registre, sortir du niveau zéro de la politique, et tenter de faire un effort d’argumentation.
Est-ce trop te demander, mon petit ? Tu, n’as donc pas compris que ça ne marche plus ?
Les voilà, réveilles grâce à une bonne rasade de Banole et profitant de la charte à géométrie variable de Politiques Publiques. Dopés, haineux, baveux et lâchement installés derrière leur clavier à tenter de jouer les Experts Bwa Moudong, les horacio de service pour deviner qui est derrière quoi. Si vous aviez un gramme de son courage a celle qui n’aurait pas hésite à écrire sous son propre nom, vous auriez débarqué dans les plantations de banane, eh oui par exemple celles de mes voisins avec qui je joue au dominos de temps en temps et vous auriez agi à la José Bové. Allez dans les plantations. Vos machettes de macoutes a 40 % a la main et coupez tout ce qui porte une trace de Banole. Arrachez les plants, détruisez les cartons prêts à être expédiés, videz les bidons de Banole....allez un peu de courage messieurs, et montrez enfin votre amour passionné pour le peuple martiniquais et dans de grands gestes héroïques, sauvez le de tous les maux ! Allez les gars ! Ne vous contentez pas de vos pitreries devant l’hôtel du colon, rue Victor Sévère. À l’abordage, a l’assaut, valeureux mousquetaires ! Je persiste : CAROLE MENTÈ !...