Un "machin" pour quelle autonomie ? C’est Sarko qui le dira.
On sait que les autonomistes n’ont pas préparé les martiniquais à l’autonomie. Comment le pourraient-ils puisqu’ils ne savent pas eux-mêmes ce qu’il faut mettre dans cette enveloppe qu’ils proposent pourtant aux martiniquais depuis soixante ans ? Mais c’est à tous les niveaux qu’est attendue la décision du président de la république.
La décision de Nicolas sarkozy est attendue à Paris. Edouard Delépine dit fort justement que « la France a marre de nos caprices d’enfants gâtés » qui ne savent pas ce qu’ils veulent. C’est ainsi qu’on peut comprendre que le Président de la République a pratiquement reçu carte blanche de tous les partis politiques nationaux pour régler ce problème. En effet, aucun parti politique national n’a de politique pour les DOM. Tous, à Paris, attendent que Nicolas Sarkozy les délivrent de cette tâche.
Elle est attendue par les électeurs martiniquais. Ces derniers ont adressé au Président de la République un double message qui renferme deux légitimités contradictoires. La consultation électorale du 10 janvier lui donne un signal fort d’attachement à la France (80% des électeurs). Mais deux mois plus tard un signal encore plus fort lui est transmis : 89% d’autonomistes et d’indépendantistes sont élus à la Région. Là encore, ce sera à Nicolas Sarkozy de faire le tri. Mais il sera certainement tenté d’accorder la priorité à la légitimité la plus récente, celle de mars 2010.
Enfin, les élus des collectivités ont démontré leur incapacité à présenter au gouvernement un projet de statut d’autonomie. S’ils sont d’accord pour dénoncer l’existant, le département et la région, ils ne savent pas par quoi les remplacer sinon par un machin qui s’appellera « collectivité de Martinique » et à qui on laissera à Nicolas Sarkozy le soin de donner une définition. Un machin pour quelle autonomie ? C’est Sarko qui le dira, au nom de la liberté des peuples…
C’est d’ailleurs l’ancien président de la région, actuel président du MIM, qui déclare se soumettre à la décision élyséenne. Quelle qu’elle soit ?
Si l’on n’y prend garde, Nicolas Sarkozy pourrait devenir le meilleur spécialiste martiniquais.
Yves-Léopold Monthieux, le 1er octobre 2010.
Faire une recherche
Soutenez-nous !
Vous pouvez soutenir Politiques Publiques en faisant un don via Paypal. C'est simple, rapide et sécurisé !


