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François Bayrou confirme le danger du Tout-Pouvoir

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Publié le 29/01/2011

Par Yves-Léopold Monthieux

En votant oui à la consultation du 24 janvier 2010, les électeurs martiniquais ont commis une imprudence. C’est François Bayrou qui parle. Comme en 2003, il leur a été demandé de voter pour un principe sans qu’on leur donne la règle du jeu. Ils avaient dit non à ce qu’il considérait comme un « chat’en sac ». En 2010, ils ont baissé la garde. Les leaders du non de 2003 ont craqué. Ils n’ont pas su résister à la campagne de dénigrement venant de la gauche et de la droite contre les « Fè moun pè », les « oxydés » et les non-faiseurs d’« un tout petit pas ». Par ailleurs, ces dirigeants politiques se sont souvenus qu’ils avaient été durement sanctionnés en mars 2004, y compris par ces électeurs qu’ils avaient menés à la victoire en décembre 2003. Ils ont appelé à voter oui.

Selon François Bayrou, le 24 janvier 2010, les martiniquais ont voté pour un principe, celui d’une simplification administrative, celui d’une plus grande décentralisation. Ils ont d’abord rejeté, le 10 janvier 2010, le projet d’une collectivité d’outre-mer « dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres ». Les martiniquais n’ont donc jamais demandé de changer le mode de gouvernance, ils n’ont jamais été consultés sur ce sujet. Ils ont même dit très exactement le contraire. Or aujourd’hui, tel le chat sortant du sac, une « organisation particulière tenant compte » d’on ne sait quoi est sortie du chapeau de la troïka formée par le président de la république, l’ancien et le nouveau président de la région.

La volonté de faire porter ce chapeau par le seul président de la République est en effet malhonnête : celui-ci a pratiquement travaillé sous la dictée, sauf en ce qui concerne les dispositions anticonstitutionnelles, des élus martiniquais, lesquels n’ignorent aucune des portes dérobées de l’Elysée où l’on en a que pour des Serge par-ci et des Alfred par-là. De même, il est troublant d’essayer de chercher des différences significatives entre les propositions de l’ancien et de l’actuel président, s’agissant du projet de gouvernance issu du conseil des ministres.

Forts de leur capacité à mener une liste de candidatures à la victoire, ils sont tous les deux opposés au vote uninominal. Le nombre et la détermination des secteurs de votes apparaissent comme des nuances parfaitement dérisoires. Par ailleurs, ils sont tous les deux favorables à un gouvernement local monocolore avec des conditions de contrôle impossibles à réunir par l’opposition. De même, tous les deux possèdent une parfaite conscience de l’énormité des pouvoirs que l’organisation électorale particulière accordera au vainqueur et, à l’inverse, du caractère résiduel et quasi résiduaire de la minorité. Ils en ont envie et en ont peur.

Les deux leaders manifestent à la fois leur gourmandise à l’idée de posséder une telle puissance que celle que leur offre le projet, et leur crainte de voir celui-ci tomber dans les mains de l’adversaire. Ainsi, la différence de point de vue exprimée par les antagonistes sur la bonification de 20% accordée à la liste victorieuse est loin d’être une affaire de principe ou de démocratie. Le président Letchimy est manifestement plus confiant dans la victoire que son prédécesseur : il est donc favorable à cette majoration qui lui profitera en cas de victoire et lui permettra de « placer » environ 40 élus sur les 51 membres de la liste. Son adversaire, qui n’avait pas boudé son plaisir de bénéficier d’une majoration de 25% lorsqu’il était président de la région, se trouvera dans la même situation de puissance s’il est le vainqueur en 2012, mais il n’en veut pas parce qu’il est moins confiant dans la victoire. D’ailleurs, dans un récent propos il a fortuitement envisagé la défaite.

Mais il est évident que Serge Letchimy serait moins à la ramasse en cas de défaite que son adversaire. Il est assuré de posséder une réelle opposition relayée par la ville de Fort-de-France (100 000 habitants, le quart des électeurs martiniquais) où il retrouverait sa fonction de maire en 2014 et par son mandat national qu’il conservera de toute évidence. C’est peu dire que la présence du RDMIM dans une opposition corsetée par les institutions pourrait conduire les partis qui la composent à un sort beaucoup moins glorieux.

François Bayrou termine en citant lui aussi Montesquieu et reprend à son compte la citation « … le pouvoir absolu rend absolument fou. »

Yves-Léopold Monthieux, le 29 janvier 2011

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  • Heureusement qu’il y a quelqu’un venant de Paris pour confirmer la thèse de notre plus grand analyste de science politique !

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    • On connaît le sens de l’humour de Pat972. Mais en sa qualité de journaliste militant et d’analyste politique confirmé ne trouver aucun autre commentaire à faire de ce papier peut être considéré comme un compliment par son auteur.

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      • Pat 972, journaliste vraiment YLM ? Il n’arrête pas de me coller aux basques tel un roquet, en m’envoyant des piques ausi stupides que brêves, en carressant l’espoir insensé qu’il va me dissuader d’écrire, curieuse conception de la liberté d’expression ? Et vous me dites qu’il est journaliste ? Mais quelle école de journalisme a t-il donc fréquenté ce coquin ? Il en est réduit à me harceler sous anonymat, le vaillant personnage !

        Militant mimiste ça je l’avais remarqué, il y a de drôle de gens qui traine sur ce forum, j’ai même eu droit a des échanges, mais d’une toute autre qualité, avec un certain Funkster4 consultant en communication politique, mimiste lui aussi et qui a fui le combat courageusement, alors que je commencais juste à m’amuser.

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      • Mon commentaire sur votre contribution vous a donc échappé et c’est là le problème : avoir besoin de F.Bayrou pour expliquer l’évolution institutionnelle qui est en marche, c’est lamentable pour le martiniquais que je suis. Mais cela, vous ne pouvez pas le concevoir.

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        • Et c’est tout mon p’tit pat ? Juste un commentaire laconique et aussi peu subtil et ça y est vous êtes déja en surchauffe, dans le rouge ?
          Journaliste, hein.... ! Mon oeil...à d’autres !
          Comme vous aviez l’air d’être passionné par moi, j’ai fait le tour de vos contributions, ça a été très pénible parce qu’éffectivement, en général ça ne vole pas bien haut. Mais j’ai pu malgré tout vous profiler, et je sais désormais beaucoup de choses sur vous, gardez ceci en mémoire si d’aventure, il vous viendrait à l’esprit l’idée saugrenue de revenir me défier, acceptez donc un combat loyal, sans travestir mes propos, dans l’hypothèse où vous seriez capable d’une telle sincérité, mais faîtes-moi la grâce de mieux aiguiser votre rhétorique, tant il est vrai qu’il n’y a de gloire sans péril. Plutôt que de vous cantonner à ce ce rôle si peu noble de serpent venimeux.

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          • Moïse, je vous fais observer, si vous n’avez pas compris le fonctionnement de ce forum, que ma dernière contribution (sur une question fondamentale selon moi) ne s’adressait pas à vous et que si quelqu’un devait me répondre sur cette question de principe ce n’est certainement pas vous. Vous voyez donc que ce n’est pas moi qui fait le roquet ici. Par ailleurs, je n’ai pas comme certains le temps ni le talent de faire des supputations et des élucubrations qui n’ont d’intérêt que pour leur auteur. Enfin, je ne pense pas que les familiarités ainsi que les noms d’oiseaux sont conformes à l’esprit de ce site.

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            • Niez-vous que vous n’avez eu de cesse de me harceler, avec vos contre- commentaires incessants et passionnants ? Niez et niez encore, il en restera toujours quelque chose !

              Et là, vous vous vous sentez acculé, démasqué, votre ridicule stragégie pour me faire taire ayant échouée, vous prenez vos grands airs en montant sur vos grands cheveaux, c’est d’ailleurs cela qui m’a surpris quand j’ai appris votre âge, comment me suis-je demandé un homme de cet âge peut-il s’amuser de la sorte ? Quel exemple donnez-vous aux plus jeunes ?

              Bref, je crois qu’il est inutile de continuer sur ce terrain, n’est-ce pas ?
              Même si vous ne l’avez pas formulé concrètement, à défaut d’excuses, ce serait trop vous demander, j’accepte que nous en restions là !

              Voyez-vous je vous offre une sortie honorable, car je ne crois pas effectivement que ces petites plaisanteries que vous avez initié servent à relever le niveau du débat, cela épargnera aussi à l’administrateur du site bien des soucis.

              Mais franchement à votre âge et au mien, je suis votre ainé, était-il nécéssaire que nous en arrivions si loin ?

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        • François Bayrou confirme le danger du Tout-Pouvoir 30 janvier 15:35, par Bultagiyya

          La plupart des contributions lui échappent. Pourquoi ? Parce qu’il confond ses espérances de colonisateur avec ses analyses. Concevoir ? Pas quand on est contre l’histoire.

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          • Vous pourriez developper, où c’était juste pour se défouler ?
            Essayez le sport ça marche mieux, et en plus c’est bon pour la santé.

            On n’est pas sur l’autre site là ! Vous savez celui où les idées les plus courtes sont les bienvenues, pourvu qu’elles aillent dans le même sens. Faites un petit effort bon sang ! On vous offre la possibilité de vous exprimer, d’exposer, de confronter, d’échanger, vos arguments, votre opinion, et vous vous contenter juste de venir cracher votre venin avant de repartir illico !

            Alors on reprend, vous prétendez donc que YLM nourrit des espérances de colonisateur, qu’il est incapable de concevoir, et qu’il s’oppose à l’histoire.
            Sacré programme ! Essayez de nous démontrer ça avec un raisonnement cohérent. Et ne faîtes pas comme pat972, hein..., qui fait bref, pour faire croire qu’il est tellement intelligent, qu’il n’a même pas besoin d’en faire la démonstration. Vous savez pat, votre journaliste !

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      • En direct sur les ondes et depuis fort longtemps, pendant qu’il était à la région, Mr Alfred Marie Jeanne a toujours été contre la prime majoritaire ; Par conséquent, F. Bayrou et l’analyste politique de ce sîte est dans le faux sur bien des points sur lesquels il sera utile de revenir avec des faits et des justificatifs.
        Pour le reste, il est bon de dire que "Le discours et l’opinion de Mr François BAYROU étaient connu avant son arrivée pour l’avoir entendu sur la télévision nationale sans compter le débat qu’il y a eu dernièrement sur ATV. Par conséquent, je n’accorde peu d’intérêts à des copies mal copiées".

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  • François Bayrou confirme le danger du Tout-Pouvoir 29 janvier 16:45, par joseph VIRASSAMY

    Est-ce que François Bayrou est prêt à donner un pal à une saisine parlementaire du Conseil Constitutionnel ?

    Ce serait tout à son honneur, et comme le résultat est quasi certain (le texte de loi n’a pas reçu le "consentement" de la population !!!)ça ne pourrait que faire du bien à sa campagne électorale.

    Mais François, comme beaucoup de parlementaires tu recevras, en temps utile, un courrier de ma part en ce sens.

    Il serait quand même surprenant que 60 parlementaires ne comprennent pas que le CC ne pourra que sanctionner ce texte....car, étant plus distants, moins impliqués, ils seront plus objectifs sur les arguments qui devraient convaincre les sages du CC.

    Alors François , c’est toi, ou De villepin, ou le groupe socialiste qui prendra le premier l’initiative de tirer le premier ?

    En tous les cas, je te suggère que , dès l’entame du débat parlementaire, cette question du "consentement" lié à ce tour de passe passe entre 2003, 2010 et 2011 sur l’expresion "se substituer à"(qui apparait, disparait et réapparait comme une sirène dans la mer des caraîbes), soit lancé.

    Dès lors je suis sûr que le débat n’ira pas plus loin....sauf à changer le projet de loi en la création d’une simple ASSEMBLEE UNIQUE.

    Et PAN sur le bec de l’Elysée et sur les ailes de la campagne de Sarko !!!

    Joseph VIRASSAMY

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    • Je vous conseille Mr Virassamy de consulter cet extrait du Journal officiel de la République Française, Annales de l’Assemblée nationale, le 15 mars 1950, p. 2078 :

      Maurice Bayrou, cousin de François certes, mais coulé dans le même moule !

      Maurice Bayrou : Vous avez été bien heureux qu’on vous apprenne à lire !

      Aimé Césaire : Ce n’est pas vous, monsieur Bayrou, qui m’avez appris à lire. Si j’ai appris à lire, c’est grâce aux sacrifices de milliers et de milliers de Martiniquais qui ont saigné leurs veines pour que leurs fils aient de l’instruction et pour qu’ils puissent les défendre un jour.

      Quand bien même vos motifs seraient fondés, convenez que ce n’est certainement pas à cet homme là qu’il faut demander de l’aide pour faire avancer les choses en Martinique, n’en déplaise à Mr YLM. C’est une énorme, mais une énorme erreur de casting Messieurs !

      Rien qu’en citant le nom de Bayrou, François ou Maurice, vous discréditez votre cause !

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  • On comprend que vous ayez à cœur, Mr VIRASSAMY, de réparer cette « imprudence » que dénonce Bayrou. Votre « éloge de la peur » pure escroquerie intellectuelle, imaginée dans un but opportuniste, a ouvert un boulevard aux indépendantistes et aux autonomistes, qui n’ont eu aucune difficulté à retourner les arguments grossiers et ridicules qui y étaient développés.

    Vous pensiez peut-être que votre initiative, qui manquait singulièrement d’esprit stratégique, vous servirait de tremplin pour compenser une notoriété qui désespérément vous fuyait dans les urnes.

    Et qu’en est-il en fait ? A peine avez-vous acquis à ce jour, une publicité que vous êtes contraint d’entretenir sans relâche, à grands coups de lettres ouvertes, et de procédures administratives en surfant entre le droit et la sémantique.

    Il ya pas moins de deux jours, nouvelle fanfaronnade, vous parliez d’avoir la peau de cette CU, devant la Cour Européenne de Justice au besoin. Des questions précises vous ont été posées en ce sens, à savoir sur quelle base du droit communautaire alliez vous appuyer, pour présenter votre requête. Plus précisément, comment comptiez- vous faire la preuve que cette CU vous porte préjudice directement et individuellement. Nous n’avons à ce jour, toujours pas de réponses de votre part.

    Et là, on vous surprend à faire la danse du ventre publiquement et sans aucune pudeur à un François Bayrou qui du temps où il était ministre de l’éducation nationale en juillet 1995 a rayé Aimé Césaire du programme de français du secondaire.

    A quelles autres trahisons devons nous nous attendre de votre part Mr Joseph VIRASSAMY ? Votre indécence n’a-t-elle donc aucune limite ?

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    • A voir sur le site du MoDem Martinique

      "Ministre en 1993, j’ai inscrit Aimé Césaire au programme du baccalauréat 1994, en raison de l’admiration que j’ai pour lui depuis longtemps, au prix d’un certain nombre de polémiques. Le programme a changé ensuite ce qui est le cas depuis des lustres et pour des lustres. De mémoire, l’auteur qui l’a remplacé était Aragon (qui n’est pas précisément un homme du centre)... Lors de ma rencontre avec Aimé Césaire en 2006, nous avons longuement parlé de cet événement (c’est la seule fois à ma connaissance que Césaire a été au programme du bac...°) qui l’avait ému. Je peux vous livrer pour couper court à toute interprétation la dédicace que Césaire a inscrite sur l’exemplaire de l’édition de Tropiques qu’il lui a offerte à cette occasion : "À François Bayrou, avec mes remerciements et mes félicitations. Quel courage ! Oui vous avez apprécié la colonisation française à sa juste valeur. Merci de tout coeur et de tout mon esprit. Fort de France, 8 février 2006, Aimé Césaire". Il me semble que cela coupe court à toute malveillance. J’ai aimé l’oeuvre de Césaire et j’ai admiré l’homme comme vous pourrez le lire sur le site dans ma réaction d’hier. Amitiés."

      François Bayrou

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  • J’ai toujours pensé que la droite aurait du défendre ce qui était le plus proche de ses convictions, l’Assemblée Unique, au lieu de faire le lit d’un démagogue dont on a du mal aujourd’hui à percer les vrais desseins. Le débat aurait gagné en clarté. J’ai été quant à moi partisan du 74, entre autres raisons parce que, d’une façon ou d’une autre, à court ou moyen terme, la fin de l’Etat Providence en logique néo-libérale et en contexte de surendettement de l’Etat signifiera que chacun devra se débrouiller avec ce qu’il a ; et cela durablement. Il fallait, selon moi, je peux me tromper, anticiper politiquement et culturellement sur "le Moins" (subventions et consommation) pour le compenser par "un Mieux" (vivre ensemble) et par un "Plus" de responsabilisation collective et de responsabilité locale à la mesure des défis à relever. Les conditions nécessaires et suffisantes de ce "Mieux" et de ce "Plus" étant la remise en cause de la culture politique dominante, notamment la professionnalisation de la politique, l’effort négocié d’une réduction des inégalités et le renforcement de la démocratie, c’est à dire de la participation des citoyens et des contre pouvoirs. Nos compatriotes ont refusé massivement le 74, je m’incline mais je reste dans le débat.

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    • Donc vous avez fait le choix, si je comprend bien de passer du mal existant, au pire demain possible, mais tout de suite et plus vite ! Curieux raisonnement !

      Ca ressemble beaucoup à un geste de désespoir !

      Moi j’appelle ça foncer droit dans le mur, le pied à fond sur l’accélérateur, en prenant bien soin de fermer très fort les yeux.

      Mais je ne critique pas, chacun son truc !

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  • A voir sur le site du MoDem Martinique

    "Ministre en 1993, j’ai inscrit Aimé Césaire au programme du baccalauréat 1994, en raison de l’admiration que j’ai pour lui depuis longtemps, au prix d’un certain nombre de polémiques. Le programme a changé ensuite ce qui est le cas depuis des lustres et pour des lustres. De mémoire, l’auteur qui l’a remplacé était Aragon (qui n’est pas précisément un homme du centre)... Lors de ma rencontre avec Aimé Césaire en 2006, nous avons longuement parlé de cet événement (c’est la seule fois à ma connaissance que Césaire a été au programme du bac...°) qui l’avait ému. Je peux vous livrer pour couper court à toute interprétation la dédicace que Césaire a inscrite sur l’exemplaire de l’édition de Tropiques qu’il lui a offerte à cette occasion : "À François Bayrou, avec mes remerciements et mes félicitations. Quel courage ! Oui vous avez apprécié la colonisation française à sa juste valeur. Merci de tout coeur et de tout mon esprit. Fort de France, 8 février 2006, Aimé Césaire". Il me semble que cela coupe court à toute malveillance. J’ai aimé l’oeuvre de Césaire et j’ai admiré l’homme comme vous pourrez le lire sur le site dans ma réaction d’hier. Amitiés."

    François Bayrou

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  • YLM, vous le savez, j’ai beaucoup de respect pour vous, mais je crois que c’est une très, très, très, mauvaise idée, que vous avez eu là, de prendre Mr Bayrou comme caution à la cause que vous défendez quelque soit la justesse de votre raisonnement. Vous n’auriez pu choisir pire, vraiment !

    C’est une énorme gaffe ! Un nouveau boulevard pour vos contradicteurs !

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    • Moïse, ce respect est partagé et il n’est pas moins grand quand il nous permet d’échanger des convictions vraiment opposées, toujours de bonne foi.

      Je ne crois pas avoir pris Bayrou comme caution. Il se trouve que j’ai assisté à un débat ou cette personnalité politique a fait une analyse proche de la mienne. Je ne pouvais pas m’en plaindre. Je ne suis pas sûr, et c’est tant mieux pour la pluralité de l’opinion, que d’autres observateurs ou journalistes présents sur les lieux aient tiré la même leçon que moi.

      Vous dites que Bayrou est le pire. Faisons attention aux mots. Cela me vient sans doute de mon expérience professionnelle ou de la vie tout simplement, mais je me méfie toujours des accusations définitives faites aux individus à raison d’un fait, d’un comportement, d’une gaffe ou d’un manque d’attention, s’agissant de ministres, apportée à certaines décisions prises souvent par des collaborateurs. On sait l’importance qu’ont en France les hauts fonctionnaires, notamment dans l’Education nationale, où ils sont souvent l’émanation de puissants syndicats d’enseignants.

      Sinon, aucun homme politique, excepté Le Pen, n’avait été aussi honni que Sarkozy par la gauche martiniquaise (et surtout pas Bayrou) au point qu’il avait dû annuler son premier voyage en Martinique. D’ailleurs, au lendemain de son élection à la présidence de la république un comité de vigilance avait été formé pour marquer à la culotte cet individu dangereux, à l’initiative d’un maire du grand sud, qui lui mange aujourd’hui dans la main. Comme tout le monde. Mais Nicolas Sarkozy s’est trouvé en situation, aidé par son talent, de se rétablir et de se retrouver à un niveau de connivence jamais atteint par un président de la république avec ceux qui l’avaient jugé indésirable. Même Chirac réhabilité par son « maître » Césaire n’était parvenu à un tel rétablissement.

      Mais plus généralement, aucun homme ne peut être un héros à tous les moments de sa vie. C’est pourquoi, par exemple, il convient d’être indulgent pour des hommes politiques qui ont vécu longtemps et qui ont, de ce fait, été plus longtemps en situation de se tromper. Ainsi Fanon n’a pas eu autant que Césaire de temps et d’occasions de commettre des fautes politiques. Par ailleurs, à qui viendrait l’idée de juger le parcours politique du poète à l’aune du seul moratoire, qui avait été tant critiqué ? Songeons qu’il avait suffi de sa lettre à Maurice Thorez et sa condamnation du parti communiste dont il avait démissionné, suivi du discours sur le colonialisme, pour couvrir d’un voile quasi impénétrable ses élans poétiques de jeunesse en faveur du pape du communisme ?

      Arrivé au même niveau de responsabilité que Nicolas Sarkozy, François Bayrou pourrait bien se révéler aussi proche de la gauche martiniquaise qu’avait fini par l’être Jacques Chirac et recouvrer la popularité écornée, peut-être, par un bref moment de son parcours. N’y voyez pas, Moïse, une invitation à voter Bayrou, s’il est candidat en 2012.

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  • Faux ! Césaire n’a été présent qu’une seule année en 1995 !

    Ce sera la seule année alors qu’en général une inscription au programme dure deux ans. Si le député français François Bayrou se flatte de l’avoir fait entrer dans les circuits lorsqu’il était ministre de l’ééducation, il omet de préciser qu’il a cédé à la pression exercée par le député UDF Alain Griotteray qui envoyait une demande de retrait le 12 septembre 1994. Un citoyen français qui réalise un documentaire sur Aimé Césaire a demandé par écrit les raisons de ce retrait et la réinscription de ces textes. Après plusieurs, courriers voici en intégralité la réponse qu’il a obtenu en décembre 2006.

    Paris 21 dec 2006
    Monsieur

    Dans votre courrier au ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, vous souhaitez que soit à nouveau inscrites au programme les oeuvres d’Aimé Césaire et évoquez un épisode déjà ancien, ayant conduit à modifier au bout d’une année d’application la liste des auteurs du programme de français prévu pour deux ans.

    En effet, deux oeuvres d’Aimé Césaire (Cahier d’un retour au pays natal et Discours sur le colonialisme) ont été inscrites au programme de français-littérature de la classe terminale littéraire en 1994-1995. Ce choix procédait du désir de voloriser la littérature francophone et de faire connaître une oeuvre exigeante, engagée, originale, voire déconcertante, même si son étude pouvait paraître complexe. Quelques années plus tôt, le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire avait été inscrit au programme du concours d’entrée aux Ecoles normales supérieures dans le cadre d’une question sur "la poésie militante" et ceci n’avait d’ailleurs pas posé de problèmes.

    Mais les réactions ont été particulièrement vives, tant de la part de nombreux professeurs rebutés par la difficulté de ces textes perçue comme un obstacle à ce niveau de la scolarité, que de la part des parents d’élèves, d’élus ou d’associations choqués par la vigueur du pamphlet anticolonialiste : "texte antifrançais" ont dit certains à une époque où les polémiques nées de la colonisation étaient encore largement présentes dans les esprits. Ce pamphlet est effectivement d’une grande violence, à l’image de l’amour/haine éprouvés par le grand poète créole pour l’Occident colonisateur. C’est une oeuvre incisive, sans concession envers l’Europe qui, à ses yeux, prétend à la civilisation et à un humanisme universel alors qu’à travers la colonisation, elle "travaille" à déciviliser et ensauvager colonisateurs et colonisés.

    Aussi, dans un souci d’apaisement, le ministère a-t’il décidé de retirer Aimé Césaire du programme au bout d’une année, pour le remplacer par un auteur polémique, sans que ceci signifie une quelconque mise à l’index de ce grand auteur, qui n’a par ailleurs pas disparu des suggestions de lecture de l’enseignement secondaire.

    En effet, les programmes de français du lycée d’enseignement général et technologique ont ouvert "l’histoire littéraire et culturelle" des programmes de français à "l’espace francophone" (BO n°28 du 12 juillet 2001). Selon ce même programme, "il est nécessaire de faire place aux poètes de langue française hors de France". De plus, le programme de la classe de première prescrit d’étudier "l’argumentation : convaincre, persuader, délibérer". Il s’agit de montrer le fonctionnement des discours argumentatifs et d’introduire à la littérature d’idées. Plusieurs problématiques sont proposées, dont "Littérature et altérité" et "Littérature et égalité". Ces deux sujets invitent à réfléchir sur des textes portant sur la découverte du Nouveau Monde, la colonisation, l’esclavage, les conflits coloniaux, etc. L’étude d’un texte de Césaire est suggérée dans ce cadre-là.

    En vous félicitant de l’intérêt que vous portez à l’oeuvre d’Aimé Césaire, je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de toute ma considération.

    Le Sous-directeur des écoles,
    des collèges et des lycées
    généraux et technologiques

    Jean-Luc BENEFICE

    DGESCO A1-4/ n°424 - affaire suivie par Aline Bibily

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  • YLM, je vous remercie tout d’abord pour votre réponse, et ce respect partagé.

    Il se trouve que j’ai rencontré personnellement Bayrou avant la consultation de 2003, au nom du groupe que je représentais alors, afin de lui exposer la nécessité d’adapter le droit commun en certains endroits en ce qui concernait des spécificités propres à l’outre-mer, je me suis heurté à un mur d’obstination et de refus. J’avais rencontré avant, et j’ai rencontré ensuite nombre de parlementaires, c’est le seul qui m’ait fait une telle impression d’être frappé d’autisme à toute suggestions qui n’allaient pas dans le sens qu’il s’était préalablement fixé. D’où mon jugement sans appel concernant sa capacité à entendre. Eussiez-vous été dans la même situation que vous seriez parvenu aux mêmes conclusions.

    De part ma profession, je me retrouve souvent en position contrainte de négocier et c’est la seule fois où il m’est apparu, qu’aucune marge de négociation n’était possible. Un mur je vous dis ! J’ai d’ailleurs été amusé quand Jean-François Copé à invoqué ce trait de sa personnalité en souhaitant bon courage aux gens du PS qui voulaient traiter avec Bayrou.

    Donc je ne souhaite rien de mal à Mr Bayrou, mais je doute fort qu’il aille plus loin en politique qu’il ne soit déjà parvenu, et je trouve que c’est déjà un véritable miracle qu’il soit parvenu au stade où il est, mais me direz-vous d’autres avec des handicaps plus frappant y sont parvenus, mais vous rétorquerais-je en prenant bien soin de les cacher. Sauf peut-être Sarkosy !

    En ce qui concerne l’Education nationale effectivement pendant la période où Bayrou a été ministre soit du 30 mars 1993 au 16 mai 1995 dans le gouvernement d’Edouard Balladur l’organisme consultatif chargé à l’époque de donner son avis sur le programme de français au bac était le Conseil National des Programmes composé de membres désignés certes par le ministre mais constitué de spécialistes de l’enseignement.

    Il est effectivement crédible que Bayrou ancien élève d’hypokhâgne de Bordeaux tout comme Césaire à Paris ait été à l’origine de son inscription en 94 au programme du Bac 95. Ceci est parfaitement plausible, mais il est en revanche incontestable que ce soit ce même François Bayrou, qui manquant singulièrement de courage l’ait supprimé à la demande cet Alain Griotteray qui a soutenu au second tour des élections législatives de juin 2007 Marine Le Pen dans la quatorzième circonscription du Pas-de Calais.

    Cela ne vous interpelle-t-il pas Mr Monthieux ?

    Et je pourrais vous en dire d’avantage mais mon objectif n’est pas de vous discréditer Mr Monthieux, mais de vous ouvrir les YEUX !

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  • François Bayrou confirme le danger du Tout-Pouvoir 30 janvier 20:16, par Jean claude

    L’observation de Moise est pertinente et incontournable,l’histoire est têtue ,tenace ,obstinée. Cela me conduit à déplorer,le numéro de "révisioniste" de A.M.J aujourd’hui sur R.L.D.M.Ce monsieur,malgré tout le respect que je lui porte ,est en train de déraper,je me demande si ce n’est pas une forme spécifique de déraison.
    Traiter Césaire de pusillanime,nier sans aucune retenue l’impact de la négritude,faire fi avec aplomb de son inutilité dans la prise de conscience du peuple de ce pays,contester l’accueil des malheureux dans le FDF des années 50 et j’en passe,relève d’une pathologie que je m’interdirai de livrer aux lecteurs de P.P ,ils se feront eux mêmes une opinion.

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  • Prétendre qu’on ait attendu Bayrou pour expliquer l’évolution institutionnelle s’inscrit dans la légèreté de propos habituelle de ce monsieur. On ne se souvient pas que celui qui se montre aussi attentif aux performances des autres, ait beaucoup impressionné par ses vaticinations et ses postures. Je n’en dirai pas plus sur le site de la personne.

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