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Frantz Fanon : Une légende

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Publié le 05/12/2011

Frantz Fanon est mort d’une leucémie à 36 ans, le 6 décembre 1961, à l’hôpital de Bethesda dans le Maryland, aux Etats-Unis. C’est un parcours sidérant qu’aura effectué le psychiatre, d’origine martiniquaise, qui choisira de devenir citoyen Algérien, pour épouser le combat d’un peuple au sein duquel il militait contre la colonisation. Aujourd’hui encore, la fulgurance de son parcours et la puissance de son oeuvre font de lui une véritable légende, qui continue de nourrir les rêves et les combats de tous les révolutionnaires de la Terre.

Ci-après, sa biogaphie publiée sur le site www.frantzfanon.net

Fanon, l’Homme qui interroge

"Mon ultime prière : Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge !"(1)

Frantz FANON nous a quittés le 6 décembre 1961, après une trajectoire de météorite, à 36 ans à peine. Cinquante ans après, la puissance et la pertinence de sa pensée continuent de nous interpeller.

Itinéraire d’une étoile filante

De son vivant, Fanon a marqué son époque. Engagé volontaire en dissidence au sein de la France Libre lors de la 2nde Guerre Mondiale, à 17 ans à peine, il n’en a que 27 lorsque parait « Peau noire, masques blancs », en 1952. Très vite, des étapes déterminantes d’un destin exceptionnel s’enchaînent : arrivé en Algérie à la veille du déclenchement de la Guerre d’Indépendance, il analyse les affres de la situation coloniale sur place, et ne tarde pas à s’engager aux côtés du Front de Libération Nationale (F.L.N.). Dès lors s’enclenche la montée en puissance d’une figure intellectuelle militante hors du commun sur la scène internationale.

« C’est au premier Congrès des Ecrivains et Artistes noirs, tenu à la Sorbonne en 1956, que littéralement Fanon émergea en tant qu’homme de culture. Dès qu’il eut terminé sa communication, on sut qu’il s’installait sur les sommets d’une pensée animée d’ambitions planétaires. » Bertème Juminer, Recteur de l’Académie Antilles-Guyane lors du Mémorial International Frantz Fanon de 1982.

Au premier Congrès des Ecrivains et Artistes noirs, tenu à la Sorbonne, à Paris, en 1956, il cotoie Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, James Baldwin et Richard Wright. En décembre 1958, Fanon représente brillamment l’Algérie en lutte au Congrès Panafricain d’Accra, au Ghana. L’année suivante, il intervient au 2ème Congrès des Ecrivains et Artistes Noirs à Rome, et publie L’An V de la révolution algérienne. Foudroyé par la maladie, il décède à Washington DC (USA) à la veille de la parution de son testament politique, Les Damnés de la Terre. Son dernier ouvrage, Pour une révolution africaine, sera publié à titre posthume en 1964, trois ans après son décès, alors que son œuvre a déjà acquis une dimension planétaire. Une étoile s’était éteinte, la légende pouvait commencer…

Une trace indélébile

Fanon disparu, son œuvre s’impose comme l’une des références essentielles pour toute une génération d’intellectuels et de militants. Au sein du Tiers-Monde qui émerge alors : en Afrique, dans l’Algérie indépendante, bien sûr, mais bien au-delà, sa pensée n’a cessé, depuis des décennies, d’être analysée, intégrée, mise en perspective voire remise en question.

Aux Etats-Unis, l’impact de la pensée de Fanon est considérable au sein de la communauté Afro-Américaine, alors plongée au cœur de la lutte pour les droits civiques, dans les années 60-70. Passé le plus fort de la période militante, les écrits de Fanon sont remis à l’ordre du jour dans les universités américaines, dans les années 90-2000, avec l’essor des Post-colonial studies.

« Fanon wrote clearly and familiarly for Black Americans. But what was important about his work is that it proposed a shocking way out of the dilemma of race – to reject blackness – just at the time when many Blacks were poised to find it, or at least to imbue it with a more positive and creative expression that it had never possessed for them.” Ronald W. Walters, Mémorial International Frantz Fanon 1982

Il reste, à ce jour, une figure incontournable de la littérature antillaise, et de la pensée mondiale, à partir de la deuxième moitié du XXème siècle.

(1) "Peau noire, masques blancs", 1952

© Génération Fanon 2011 Note : Autorisation de reproduire ce document uniquement dans son intégralité –donc sans aucune suppression, modification, transformation ou annotation, à part la correction justifiée d’éventuelles fautes d’accord ou d’orthographe et de coquilles– veillant à en donner l’auteur, Micaela R. Fanon (Génération Fanon 2011), la source, www.frantzfanon.net, et d’y joindre la présente mention, en tête ou en pied de texte.

Cliquez ici pour lire les 21 commentaires

  • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 07:50, par Jacques Lory

    difficile que F Fanon soit devenu citoyen Algerien de fait, meme s i le ete de coeur, s il est mOrt en 1961, l independance del Algerie ( donc naIssance de la nationalite) s etant faite en 1962

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  • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 08:14, par eiley

    Il est à constater que les éclaireurs de conscience ont eu une vie très courte , on a très mal compris leur message d’universalité et leur vision d’harmonisation des peuples, pour une société plus juste.

    jesus Chist,Frantz Fanon,Malcom X,Martin Luther King,Che Guevara,
    sans comparaison aucune entre leur convictions ou leur idéologies ou doctrines, ils sont de ceux là.

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    • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 12:33, par leboug34

      Heureusement il nous reste, G. DEGRAS (le plus grand journaliste de tous les temps), AMJ et TIGRON !!!
      Tu vois ils ne sont pas tous morts !!!! On a encore de la lumière ha ha ha !!!

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    • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 23:02, par Abdel Maachi

      "Dans l’antiquité grecque, l’oracle de Delphes avait comme devise « Connais-toi, toi-même, laisse le monde aux dieux ! ». Selon la croyance de l’époque, les humains étaient dépendants du bon vouloir des dieux et allaient au sanctuaire de Delphes pour demander à la pythie ce que leur réservait le destin.
      Leur vie était toute tracée à l’avance selon ce qu’Apollon décidait pour eux. Le « Connais-toi, toi-même ! » signifiait connaître son avenir déjà déterminé. Plus tard, le philosophe Socrate utilisa cette dernière formule non pas pour inviter à la connaissance du destin, mais bien au contraire pour inviter ses concitoyens à prendre eux-mêmes leur avenir en main."
      C’est ce qu’a fait Frantz Fanon !!!!!! Et vous avez oublié le vrais guide de notre époque.. N.Mandela
      ABDEL MAACHI

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    • Frantz Fanon : Une légende 7 décembre 14:17, par Yékrik

      Vous avez oublié Patrice LUMUMBA et Kwame NKRUMAH et peut-être André ALIKER.

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  • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 09:48, par Le Boss

    Beaucoup d’observateurs,d’acteurs de la vie politique,sociale,intellectuelle de ce pays ont forte tendance à comparer Fanon à Césaire alors que ces deux phares sont extraordinairement complémentaires.

    Il est vrai que certains ont des arrières pensées politiciennes et nous connaissons hélas les principaux protagonistes et l’amalgame qu’ils en font.

    Je me réfère à Bouvier ,excellent analyste,qui allait dans mon sens en disant que Césaire comme le montrent ses multiples écrits est avant tout un immense poète.
    Quant à Fanon ,pris dans sa volonté analytique, il s’est attaché à déconstruire les conduites des colonisés pour proposer des éléments théoriques rendant compte des impasses et des souffrances individuelles et collectives.

    La brillance de son verbe,sa maîtrise de la langue , font que le nombre de ses écrits,en particulier Peau noires Masques blancs vont au delà de l’analyse et sont portés par non seulement une lucidité théorique plus que par un lyrisme étincelant.

    Ce que l’on peut affirmer par contre,c’est que les travaux de ces deux grands maîtres,ces deux grands Martiniquais,ont une dimension "socioanthropologique" qui unit tant la réflexion que l’épaisseur existentielle du vécu au plus près des émotions, et ceci sans déroger à la nécessaire maîtrise littéraire et intellectuelle.

    Dans le contexte actuel,brûlant,d’interpellation du fait colonial et de ses multiples effets,tant pour les populations colonisées et post coloniales ,que pour les peuples colonisateurs, Fanon et Césaire permettent de restituer des enjeux d’identification,de stratégies,voire d’autres ouvertures vers d’autres relations en contravention avec les ressentiments réciproques des uns et des autres.
    C’est ça le pragmatisme raisonné.

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    • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 12:05, par TIGRON

      Avec la pluie, les Crabes, et les langoustes sont de sorties... !
      Mais je pensais que la bête, qui change de couleur au flux du temps, et des objets, préférait le Soleil... !
      Qu’il est loin le temps ou il fallait donner, à une Rue, un Lycée, ou un Aéroport, le Nom d’un International Ilustre de chez nous... !
      Il est vrai que la mémoire de l’Home est courte... ! elle serait semble t-il de Quarante ans... ?
      Mais au fait y a t-il déjà Quarante ans... ?
      NON !
      Mais il y a des élections dans Six mois, :" et tou sa ka trénin bon pou wenmasé ou pa jen save... !"
      Les récupérateurs deviendront légions... !

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      • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 15:27, par Le Boss

        Il y en a malheureusement,qui confondent arguties politiciennes et profondeur intellectuelle . On dirait que ces étroits d’esprit s’imaginent être les seuls intéressés par la dynamique Fanonienne. Et puis...pensez vous honnêtement ,qu’un progressiste donc Césairien ,pourrait être un récupérateur ? n’est pas chantre de la négritude ...qui veut. Qu’on se le dise !!

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        • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 17:36

          Ho là ! de progressiste, il semble que vous n’ayez que le nom , un progressiste comme cela veut dire va dans le sens du progrès.
          Est-ce que laisser empoisonner un population va ddans le sens de son progrès.
          Césaire parlait de progrès car il était question de faire progresser la Martinique par son émancipation qu’il pensait obligatoire pour sortir la Martinique de son assistanat en réclamant à corps et à cri une autonomie que vous avez rejeté d’un revers de main pour faire accepter une troisième voie sortie de quel chapeau ?
          Quand on se réclame d’un homme qui a mené sa vie de combat à l’émancipation et que vous continuez à le laisser captif de son assistanat, il y a de quoi avoir honte de vous.

          Le moindre respect pour lui eut été de respecter sa volonté , ce que vous avez refusé de faire.

          Ne prenez pas ce grand monsieur pour votre laisser passer idéologique au yeux de la population dévote qui croit béatement à tout ce qu’on dit en son nom et dont vous en faites votre marche pied quand vous laissez continuez à empoisonner son air et détruire sa santé.

          Respect pour ce Monsieur dont vous avez usurpé l’aura, le travail et la pensée à vos fins personnelles.

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          • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 18:53, par Le Boss

            Tous les internautes de qualité vous pardonneront ,car vous ne savez plus ce que vous dites...cette pathologie est effectivement ravageuse et incontrôlable. Nous progressistes ,nous ferons l’effort de vous trouver la bonne thérapie..sans rancune..

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          • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 19:02, par TIGRON

            Merci mon frère, je ne pourrai mieux dire... !
            Mais il est pardonnable, ce n’est que Quasimodo... !
            Tu sais, celui qui a été mis aux fers par son Evêque... !
            Car tous deux amoureux d’Esmeralda... !

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            • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 22:22, par eiley

              Ce qui m’amuse chez vous tigron, c’est votre côté tout feu tout flamme , vous me rappelez drôlement ma fougue ancienne.

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              • Frantz Fanon : Une légende 7 décembre 07:55, par TIGRON

                Merci pour le compliment, cher Eiley, ce qui voudrait dire que le poid des ans, et la longueur du temps, n’ont eu aucune prise sur mes convictions, et sur ma Détermination, à Lutter, contre tous les Exploiteurs, Profiteurs, Voleurs, quelques soient leurs couleurs, leurs Obédiances, ou leurs bords Politiques.
                Et il est dommage que vous considériez votre fourgue comme ancienne, à lire vos écrits nous devons être du même siècle... ???
                Et la sagesse n’étant pas la meilleur conseillère face à certaine situation... ???

                Répondre à ce message

        • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 17:39, par TIGRON

          Fais le tri, envois en l’air, et recompose... !

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  • Frantz Fanon : Une légende 6 décembre 21:58, par yomemoy

    Juste des mots, pour celui qui n’eut pas comme Césaire
    Le loisir de poser les traits qui font sa pensée claire.

    Cela laisse une richesse de cellules souches
    Mais fait vivre le risque d’un dire qu’on retouche

    Fanon
    Comme une lumière à l’instant primaire
    Assaillant l’ombre, innocente et pressée
    Avant que existant dans la suite de l’éclair
    Elle se donne amante dans l’étreinte révélée

    Telle la flèche tranchante de vérité
    Baisant le flanc d’une trace
    De saillie amoureuse laissée
    Au mensonge qui se lasse

    Ainsi vole ta pensée
    Dans l’aube inachevée
    D’où les fans de te ton nom
    Doivent en trouver le fond

    Répondre à ce message

  • Frantz Fanon : Une légende... à lire en entier 7 décembre 00:01, par Marc SEFIL

    Personnellement, j’ai longuement et continue à méditer souvent ces écrits de Fanon. Ils constituent à mon sens un axe central de sa pensée qui a souvent été occulté... à dessein ? :

    "Seront désaliénés Nègres et Blancs qui auront refusé de se laisser enfermer dans la Tour substantialisée du Passé. Pour beaucoup d’autres nègres, la désaliénation naîtra, par ailleurs, du refus de tenir l’actualité pour définitive.
    Je suis un homme, et c’est tout le passé du monde que j’ai à reprendre. Je ne suis pas seulement responsable de la révolte de Saint-Domingue. (...)
    En aucune façon je ne dois tirer du passé des peuples de couleur ma vocation originelle(...)
    Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir. (...)
    N’ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu’à venger les Noirs du XVIIe siècle ? (...)
    Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. (...)
    Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée. Je dois me rappeler à tout instant que le véritable saut consiste à introduire l’invention dans l’existence (...)"

    Et le clou :

    "Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules.
    Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer. (...) Je n’ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé.
    Je ne suis pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères".

    Frantz FANON, Peau noire, masques blancs, (en guise de conclusion)

    Répondre à ce message

    • Monsieur l’interprétation d’un écrit est tellement différent d’une personne à l’autre qu’on en arrive à détourner le sens
      tout comme par exemple la bible .

      Fanon disait aussi :
      Moi, l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose :
      Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est-à-dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme, où qu’il se trouve.
      Le nègre n’est pas. Pas plus que le. Blanc.

      Tous deux ont à s’écarter des voix inhumaines qui furent celles de leurs ancêtres respectifs afin que naisse une authentique communication. Avant de s’engager dans la voix positive, il y a pour la liberté un effort de désaliénation. Un homme, au début de son existence, est toujours congestionné, est noyé dans la contingence. Le malheur de l’homme est d’avoir été enfant.

      C’est par un effort de reprise sur soi et de dépouillement, c’est par une tension permanente de leur liberté que les hommes peuvent créer les conditions d’existence idéales d’un monde humain.
      Supériorité ? Infériorité ?
      Pourquoi tout simplement ne pas essayer de toucher l’autre, de sentir l’autre, de me révéler l’autre ?
      Ma liberté ne m’est-elle donc pas donnée pour édifier le monde du Toi ?
      A la fin de cet ouvrage, nous aimerions que l’on sente comme nous la dimension ouverte de toute conscience.

      Mon ultime prière :
      O mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge ! "

      Quand on s’interroge sur la forme de l’esclavage moderne
      qui n’est pas la soumission d’une race par une autre, mais celle d’un système dépréciateur des valeurs humaine dont on ne peut demander réparation mais corriger les excès qu’est-ce que c’est si ce n’est que réparer

      Pourquoi tout simplement ne pas essayer de toucher l’autre, de sentir l’autre, de me révéler l’autre est-ce qu’en restant dans sa bulle on essaie de toucher l’autre , je vous renvoie à cette phrase.
      O mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge.

      Dans la montée des revendications des peuples pour leur indépendance dans les années cinquante soixante, le combat contre la pensée dominante du système colonial blanc associée à un assouvissement et un asservissement d’un peuple à un autre était le liet- motiv des combattants pour la liberté de l’Algérie, les exactions intolérables faites sur les combattants du FLN ont contribué au rejet univoque de l’oppression et du racisme qui transpirait dans ces rapports entre dominants et dominés ont très largement inspirés les écrits de Fanon , il était juste qu’il pensât que rien d’étranger à la cause fondamentale du besoin d’émancipation des peuples ne devait ternir l’idéal de liberté , voyant les haines de tous bord prendre le pas sur les volontés de pacification sans que ne soit altéré la juste cause de ce combat pour conquérir une dignité bafouée.

      Ce sur quoi nous sommes d’accord, mais il ne suffit pas de traduire littéralement sa pensée, mais aussi raccorder ses écrits au contexte de l’époque troublée par la montée du racisme envers ceux que l’on considérait comme des sous-peuple contre lequel l’OAS menait en Algérie une guerre idéologique teinté d’un mépris malsain envers la population algérienne.

      Fanon à partir de sa connaissance des ravages de l’esclavage a voulu mettre en garde par la même occasion les martiniquais par la tournure que peut prendre les effets de la haine sur une cause juste alors qu’ils s’embarquait dans la lutte contre le pouvoir colonial de l’époque ; il l’a écrit à sa manière connaissant en tant que professionnel des mécanismes psychosociologiques et psychosociaux des atavismes de haines refoulés.

      il est à savoir que le sens d’une pensée et les connotations des mots sont toujours inhérents au contexte du moment ou on les traduit sur papier.

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  • Frantz Fanon : Une légende 7 décembre 06:38, par ANACONDA

    Bonjour @ tous -

    Certains ont la gentillesse de citer du Fanon, tout en se
    prêtant à une légère manipulation -

    - "Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères" -

    Certes, mais il daisait aussi :

    - "Pour le colonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon" - Extrait des damnés de la terre -

    - " Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique - On fait allusion aux mouvements de reptation du jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations -
    Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire" -

    Et là, je ne dirais pas le "clou" mais cette citation est interressante, au vu de l’actualité du moment :
    * Dettes et déficits chroniques des états européens -
    * Re-colonisation sournoise puis cynique de l’Afrique -
    * Interventionisme pour soit-disant rétablir la démocratie mais dont le but est d’accéder (in)directement aux matières premières de ces pays -
    * Déclarations tonitruantes et impertinentes de certains aux Antilles -

    - "Les nations européennes se vautrent dans l’opulence, la plus ostentatoire - Cette opulence est littéralement scandaleuse car elle a été batie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves - Elle vient en ligne droite du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé -
    Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été batis avec la sueur et les cadavres des nègres, des arabes, des indiens, des jaunes - Cela, nous décidons de ne plus l’oublier" -

    Frantz Fanon - Les damnés de la terre - 1961 -

    Si les peuples doivent, certes, se désaliéner de la haine ; En revanche l’amnésie peut consister en une forme de renoncement voire de soumission car malheureusement, l’histoire est un éternel recommencement -

    ANACONDA

    Répondre à ce message

    • Frantz Fanon : Une légende 7 décembre 09:48

      Si les peuples doivent, certes, se désaliéner de la haine ; En revanche l’amnésie peut consister en une forme de renoncement voire de soumission car malheureusement, l’histoire est un éternel recommencement -

      ANACONDA, ça ne m’arrivera pas souvent, mais alors là, pour une fois : Wouloooooooooooo !!!
      Merci pour ce recadrage magistral

      Répondre à ce message

  • Frantz Fanon : Une légende 7 décembre 07:24, par yomemoy

    Yo Marc,

    L’aboutissement, pour ces Hommes dont l’engagement
    Ne souffre le doute,
    Est toujours en fin de compte
    Un don de soi et une acceptation de l’autre.

    Cela est vrai pour ceux qui nous sont proches par la Terre,
    Comme pour d’autres par l’humanité frères
    Si pour Fanon il faut bien chercher l’indéniable
    Gandhi, Luther-King,Mandela ou d’autres comme Césaire
    Ont aussi habillé l’Histoire du H de l’Humanité
    Donnant ainsi espoir partout où se croise le fer
    Et cela même en des lieux improbables

    Le recul qu’ils nous offrent devrait donc amener
    A ne jamais soumettre ni les uns ni les autres
    Et surtout pas soi même, pour qu’ainsi libérés
    On prenne dans le monde une place reconnue forte

    C’est un don qui prend sens
    Quand dans les vies les bombes dansent
    Le bénéfice universel
    N’est pas seulement intellectuel

    Merci donc à toi de souligner
    Ce qui est si vite négliger

    Lumière d’étoile

    Je parle à une étoile
    Pour hisser la grande voile
    Elle rêve des choses que je touche
    Je rêve de celles qui la touchent

    Elle a vu tous les lieux de la Terre
    Et les hommes tous semblables
    Vaillant grains de sables
    Aussi fins que poussières

    Elle fait fi des frontières
    Les terres qu’elle éclaire
    Lui font perdre la tête
    Mais toujours elle s’entête

    A la fin de sa quête
    Quand chez moi elle s’arrête
    Je viens faire mes emplettes
    Dans la lumière qu’elle jette

    Ainsi j’ai vu le monde
    Des cimes des montagnes
    Aux abimes qu’elle sonde

    Ainsi j’ai vu les hommes
    En habit ou en pagne
    Pourtant pareils en somme

    Des chutes du Niagara
    A celles de Victoria
    Des Canyons Bris
    Aux déserts infinis

    Elle m’invite dans sa ronde
    Par le mât de cocagne
    Des songes qui abondent

    Je lui raconte pour moi
    Les étoiles qu’elle ne voit
    Le soleil qui rougeoie
    Quand au loin il la voit

    Alors de nos échanges
    Arrive le vrai étrange
    Qui dit les différents
    Tellement proches souvent

    Et s’enlève le voile
    Qui capte dans sa toile
    Par l’ego trop centré
    Les regards éclairés

    Faisant que qui nous croise
    Se mesure à la toise
    Qu’on choisirait pour soi

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