Haïti, le septième jour
Mardi 12 janvier, un seisme de magnitude 7,3 frappait Haïti, sa capitale Port-au-Prince, et les villes alentours.
Sept jours après cette catastrophe la situation est plus que préoccupante.
Les pertes humaines sont terribles. Elles sont pour l"heure estimées à 200 000 morts par les observateurs de l’Union Européenne sur place. Un chiffre qui pourrait encore évoluer dans les semaines à venir. Mais d’ores et déjà, 70 000 personnes ont été enterrées la plupart du temps dans des fosses communes pour éviter les épidémies, et plus de 300 000 blessés ont été décomptés.
Depuis le 12 janvier, près de 30 nouvelles secousses ont été enregistrées, toutes fortes, toutes situées entre 4 et 6 sur l’échelle de Richter. Les dégâts matériels sont incalculables. A Port-au-Prince, à Pétionville, à Jacmel...plus de 60% des édifices se sont effondrés. Un chiffre qui atteint les 90% dans certains quartiers.
Au-delà des dégâts humains et matériels, les institutions du pays sont aussi profondément touchées, et restent pour l’heure impuissantes à maintenir l’ordre dans les rues, ou à canaliser l’aide internationale.
Cette dernière s’organise péniblement, et d’abord en faveur des siens : Les contingents de pompiers, de soldats, de gendarmes, des USA, du Canada, de France...recherchent d’abord "leurs" survivants dans les édifices internationaux, procèdent à des interventions médicales "prioritaires" et à des rapatriements ciblés...les images choquantes circulent.
Pendant que l’Europe de Sarkozy réfléchit et prépare sa "conférence internationale pour la reconstruction", pendant que les organisations humanitaires patinent - faute de moyens logistiques et de sécurité, et malgré la générosité citoyenne internationale - les Etats-Unis de Barack Obama lancent la plus grande opération humanitaire de toute leur histoire.
Un dispositif de près de 15 000 hommes à terme s’installe en Haïti. L’aéroport Toussaint Louverture est sous-contrôle. Un navire hôpital, et le porte-avions USS Vinson mouillent en Baie de Port-au-Prince.
Haïti, où les Etats-unis redorent leur blason à l’endroit du monde noir ? Après le désastre de l’ouragan Katrina sur leur propre sol ? Une volonté peut-être. un chemin sans doute pas. C’est que les vieux réflexes sont tenaces, tels ce balai d’hélicoptères qui s’élancent de ce porte-avion pour distribuer sans discernement, en vol, quelques tonnes par jour d’eau et de nourriture.
Haïti nouvel espace d’expansion économique "positive", après celui, miné, de l’Irak ? Plus surement.
En attendant, le peuple des grandes villes souffre.
