La Socopma doit survivre, c’est une exigence de sauvegarde
TweetPar Garcin Malsa
Depuis 30 ans la SOCOPMA qui relève d’une volonté des petits producteurs a marqué le paysage agricole martiniquais tant au niveau de la production que de la commercialisation. Elle s’est faite une réputation pour sa régularité des produits fournis et son expertise pour la qualité de la distribution aux cantines après des méthodes de transformations reconnues. Jusqu’à 2005 où cette structure a commencé à connaître sérieusement des difficultés aggravées en 2003, 2004, 2005 à la suite des aléas climatiques sévères, la SOCOPMA mettait en liaison 250 adhérents, employait 70 personnes, travaillait avec 300 clients et faisait un chiffre d’affaires d’environ 9 millions d’euros.
Depuis quelques mois la structure est en difficulté du fait notamment de dysfonctionnement et de mauvaise gestion qui pénalisèrent en amont les petits producteurs qui dans un contexte de crise avérée se sentent complètement déboussolées. Alors que, leur connaissance du sol et leur savoir faire dans la production des fruits et légumes pays, leur relation de solidarité déployés pendant des années sont des acquis indispensables aux formes de résistance et de sécurité alimentaire. Ce sont ces valeurs et ces emplois que le Conseil Régional a reconnus quand il a voté une aide de 500 000 euros à la structure en redressement actuellement pour éviter qu’elle ne tombe en faillite. Quant au Conseil Général, il y a toujours pris sa part d’aide et d’encouragement en refusant de réclamer à la SOCOPMA le montant de 25 000,00 euros par an de loyer pour un local dont la collectivité est propriétaire.
Il est bon de rappeler ces éléments dans un pays où très souvent on a tendance à culpabiliser les élus dès lors que des difficultés apparaissent dans une entreprise. Quel élu pourrait se rétracter pour faire redémarrer la SOCOPMA si par ailleurs ceux qui y travaillent et qui l’administrent sont déterminés à lui donner sa mission et sa portée originelles ! Car il me paraît, dans cette affaire, qu’il y a des suppôts complices qui jouent à l’intérieur de la structure un jeu pour le compte des mêmes agoulous granfals qui viseraient à la phagocyter et la placer dans le sillage de ceux qui ont le monopole de la banane et de la grande distribution. Ainsi la SOCOPMA perdrait sa vocation première et fondamentale qui est de solidariser les petits producteurs dans une dynamique sociale durable et rentable.
C’est pourquoi j’en appelle à la vigilance de tous, élus, administrateurs, cadres, travailleurs de la SOCOPMA en premier lieu et à tous les consommateurs martiniquais pour que la SOCOPMA retrouve ses lettres de noblesse.
C’est possible si, à l’intérieur de la SOCOPMA les uns et les autres (cadres, adhérents, administrateurs…) arrivent à retrouver la sérénité, la détermination pour proposer un véritable projet durable dans la ligne des missions originelles de la structure et dans la perspective de sauvegarder les emplois et l’expertise acquise au cours de tant d’années.
C’est possible si les petits producteurs de fruits et légumes se rappellent que leurs ainés qui avaient institué des SICA bananes florissantes et solidaires ont vu leur disparition à partir du moment où ils ont cru dans la soi-disant expérience entrepreneuriale et commerciale des agoulous granfals qui aujourd’hui font la loi sur la production bananière.
C’est nécessaire à un moment où les collectivités sentent la nécessité de porter la réflexion et l’action sur la consommation prioritaire des produits locaux, de sorte à améliorer la santé des populations et créer des emplois.
La SOCOPMA et ses filiales doivent survivre c’est une exigence de sauvegarde."
* Maire de Sainte-Anne, Conseiller général de la Martinique
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