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Politique

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Une tribune des "Jeunes Démocrates" de Martinique et de la Réunion, rédigée à l’occasion de la journée internationale du créole qui se déroulait le 28 octobre 2011.

"En cette Journée Internationale de la langue et de la culture créole, nous jeunes français de l’Outre-mer souhaitons une évolution de la politique linguistiqueen France.

Nous avons la chance de posséder en France un atlas linguistique très diversifié. Il y a l’alsacien,le breton, le basque, le chti, le corse, le créole réunionnais, le créole guadeloupéen, le créole martiniquais, le créole guyanais, le gallo, l’occitan, le savoyard, le shimaoré, entre autres langues (et non dialectes ni patois) à tradition ancienne et renvoyant chacune d’elles à un réservoir de connaissances.Au sein de chaque région, de chaque département, de chaque petite association,des actions sont menées pour protéger ces langues et cultures, mais ce sont des actions isolées, à moindre échelle et non-pérennes.

Ces langues et cultures détiennent parfois de grands secrets et mystères, par exemple en matière d’architecture, d’environnement ou de médecine traditionnelle pour ne citer que ces domaines-là parmi tant d’autres, qui au conditionnel pourraient très certainement montrer leur utilité aux sciences et à la société. C’est la raison pour laquelle, et surtout à l’égard du respect que nous devons à chaque citoyen bilingue (ou plus) et biculturel (ou plus) de ces dites régions, nous nous devons d’un mouvement collectif, conscient et responsable faire rayonner ces langues régionales comme nous le faisons pour la langue française en France et dans le monde.

La langue française est la langue dans laquelle est rédigé ce présent texte. La langue française est la langue que nous utilisons pour communiquer entre nous qui venons de deux régions différentes et parlons deux créoles différents. La langue française est la langue d’intelligibilité mutuelle, et nous avons besoin d’elle pour être une République unie, solidaire et forte. Mais nos langues maternelles et régionales sont tout autant importantes. C’est par elles que nous a été transmise une grande partie de notre histoire et de notre intelligence dans nos environnements respectifs. Ce sont des langues du cœur, des viscères, de l’esprit et de l’intellect. Elles racontent le passé de nos ainés et font notre présent.

L’anglais,le chinois mandarin, l’allemand à l’école, à l’université, dans l’entreprise,c’est bien, et cela nous permet de nous rendre compétitif sur le marché mondial très capricieux par les temps qui courent. Mais il est tout aussi dans notre intérêt, en terme de cognition et d’identitaire que nos langues et cultures soient perpétuellement misent à l’honneur et exploitées.

Le monde façonne la langue et la langue modélise le monde. Avoir de solides compétences dans deux langues « maternelles » distinctes c’est donc disposer de deux « systèmes cognitifs » qui permettent le choix et l’agencement des unités linguistiques selon la langue ou le style choisi. Cela, en plus de contribuer à rendre plus flexibles les organes articulatoires qui produisent dans une synergie parfaite les phonèmes (une langue n’utilisant qu’une quantité dephonème propre à son système), améliore généralement l’analyse et la« conscience linguistique » qui sont utiles dans bien des situations notamment en didactique des langues étrangères par exemple, puisque nous en parlions précédemment, mais également dans d’autres domaines. En somme cela ne peut-être que bénéfique.

Or aujourd’hui l’État continue de détourner le regard de cette richesse linguistique, et même de la nier. Et dans nos régions respectives on se déchire entre nous quant aux problématiques posées par la cohabitation du français et des langues régionales. Les points de dissensions rémanents sont essentiellement la place de la langue régionale à l’École ou dans l’espace public, liées dans le fond aux désaccords sur l’écriture et la graphie de la langue régionale et à la peur infondée et irréfléchie que la langue régionale vienne remplacée le français.

Nous qui prônons le plurilinguisme et la multiculture (différent de la culture globale),nous aimerions donc que ces langues régionales trouvent leur juste placent aux cotés de la langue française. Les institutions départementales et régionales de toutes la France œuvrent chacune dans leur coin pour une politique linguistique reconnaissant les bienfaits et la nécessité du bilinguisme, quand elles le veulent bien mais cela dépend totalement du pouvoir en place. C’est donc, nous le rappelons encore une fois, une politique non-pérenne. La seule issue pour les langues régionales est que L’État les reconnaisse sur le plan légal et donc moral. L’idée a déjà était soumise que TOUTES les langues régionales sans exception soient inscrites dans La Constitution de La République et protégées par celle-ci, au même titre que la langue française, et nous partageons cette idée.

Ainsi, aujourd’hui,nous jeunes français de l’Outre-Mer, voulons donc que cela se fasse une bonne fois pour toutes. Cela obligerait chaque Département et Région à travailler continuellement et efficacement pour une politique linguistique favorable à la cohabitation du français et de la langue régionale qui la/le concerne et à effectuer tout aménagement linguistique nécessaire, comme le fait pour exemple la ville de Saint-Denis ou celle du Port et de L’Entre-Deux à La Réunion qui ont signées une charte bilingue et se sont engagées pour le respect et la diffusion du français et du créole réunionnais.

Nous devrions nous en en orgueillir de posséder de si belles richesses linguistiques et culturelles, et absolument tout mettre en œuvre pour le rayonnement de celles-ci,plutôt que d’être spectateurs de l’extinction de certaines langues et cultures ainsi que les connaissances dont elles en sont détentrices. "

Kaylan et Matthieu, jeunes démocrates de La Martinique et de La Réunion

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Vos commentaires

  • Le 30 octobre 2011 à 22:02, par hoazin En réponse à : Langues et cultures régionales de France : des atouts ignorés

    Ouais, comme intéressent le monde entier et contribuent à la richesse culturelle universelle les dialectes et autres patois en voie de disparition d’Espagne, Roumanie, Moldavie, Italie, RU, Portugal, Hongrie, Pologne, Sénégal, Inde, Madagascar, Micronésie, Pâques, Congo, Mexique, Mongolie, Yemen, Laos etc..

    On ignore la richesse de ces dizaines de milliers de langues dialectes patois régionaux , véritables atouts pour le monde !
    Quand au créole, il deviendra la langue universel du "Tout monde", puisqu’un prophète local l’a dit déjà je crois.Parole d’évangile.
    La preuve, nos merles parlent créole, pardon, Kréyol, écoutez les. Malines et en avance ces bestioles, c’est pourquoi on voit de temps en temps des merles de Ste Lucie chez nous, très à l’aise, car aussi créolophones. Ils ont tout compris, eux : Universalité Kréyole !

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    • Le 31 octobre 2011 à 09:54 En réponse à : Langues et cultures régionales de France : des atouts ignorés

      Allez le dire aux Bretons !
      Aux Corses !
      Aux Occitans !
      Aux Chti !

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      • Le 31 octobre 2011 à 11:45, par hoazin En réponse à : Langues et cultures régionales de France : des atouts ignorés

        C’est qui , c’est combien, dans un monde de 7 milliards d’homme dont 40% sont représentés par la Chine et l’Inde ? Quelques petits milliers de vieux ? Et ces comiques ne faisant plus d’enfants sont en plus en voie d’extinction sinon "génocidés par substitution".
        Des langues majeurs risquent de disparaitre puisque le nombre de leurs nationaux diminuent dans leur pays en voie de dépeuplement : Russie, Allemagne, Italie, Japon, Hollande, etc..
        Alors le dialecte d’une mini minorité décroissante dans une grosse minorité elle même décroissante, cela ne représente rien, sinon un gadget démagogique et populiste.
        Allez parler fièrement patois à un Chinois, il vous prendra pour un Martien sinon pour un survivant Cro-Magnon.

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        • Le 31 octobre 2011 à 14:44 En réponse à : Langues et cultures régionales de France : des atouts ignorés

          L’Arabe mon amis, l’Arabe, la langue CORANIQUE voué à dominer le Monde.
          Moyen-Orient !
          Inde !
          Chine !
          Afrique !
          Et bientôt tout l’Occident !
          Il te reste la Lune, Mars, ou Pluton !

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          • Le 31 octobre 2011 à 18:55, par hoazin En réponse à : Langues et cultures régionales de France : des atouts ignorés

            Savez vous rire ?
            Nous avons des armes suprêmes en Martinique : la fouka, le ti punch, le boudin, le carnaval, nos beaux mecs musclés sans gras ventre ni barbe puante aptes à séduire leurs nanas coranisées , et nos belles nanas canons bien douboutes toutes jambes dehors pour compléxer les Belphégors frustrées et rendre fous les barbus. Ce n’est pas un hasard si, parait il, les jeunes parlant l’arabe adorent et sont les premiers consommateurs de porno : frustration dites vous ? Et, s’ ils veulent nous submerger reste nos armes de corruption défrustration massive : le Brésil et Tahiti !

            Répondre à ce message

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