Dans son intervention à la plénière qu’il a fait parvenir à notre rédaction ce samedi 3 décembre 2011, le Conseiller Régional Louis Boutrin revient sur les raisons qui motivent son opposition à la signature d’une dérogation à l’interdiction d’épandage aérien.
M. le Président,
Chers (es) Collègues (es)
Mesdames et Messieurs,
Je n’avais pas l’intention d’intervenir dans ce débat qui n’était pas à
l’ordre du jour de cette plénière et ceci pour deux raisons
essentielles :
Ce que j’ai à dire sur l’utilisation des pesticides dans l’agriculture
martiniquaise, je l’ai déjà dit dans mon livre « Chronique d’un
empoisonnement annoncé » (co-écrit avec Raphaël Confiant) où j’ai
dénoncé en 2007, le scandale du Chlordécone.
Ce que j’ai à dire sur l’utilisation des pesticides dans l’agriculture
martiniquaise, je l’ai déjà dit au juge du Pôle Santé du Tribunal de
Grande Instance de Paris, puisque j’ai porté plainte pour
administration de substance dangereuse et mise en danger de la vie
d’autrui et que ma plainte a été délocalisée à Paris.
Mais, j’interviens malgré tout car,
Je n’accepte pas que l’on vienne ici me traiter d’assassin
quand je refuse de succomber au diktat et au chantage tel que cela
vient d’être fait ce matin
Je n’accepte pas que l’on vienne ici me traiter d’irresponsable
quand, justement, je refuse de me substituer à la responsabilité de
l’autorité préfectorale, car c’est à lui et non pas à nous autres élus
de prendre cette dérogation. Une directive européenne a été
transposée dans le droit interne français depuis 2009 pour interdire
l’épandage aérien. Sous l’influence du lobby de la banane, des
dérogations ont été prévues par la loi française. Il appartient au
Préfet d’examiner la situation et de décider d’accorder ou non cette
dérogation. La loi n’a pas prévu de consultation ni d’avis des
élus locaux !
Alors, arrêtez donc ce diktat et votre chantage aujourd’hui, ici même dans
l’hémicycle du Conseil Régional : « …sé pa ba Préfet nou ka voté, sé ba
zot nou ka voté ! »
Et, dans un esprit d’ouverture, car j’ai bien entendu le cri des agriculteurs
qui se sont exprimés, je ne suis pas sourd, puisqu’il s’agit d’un véritable
cri de désespoir, il nous faut trouver des solutions alternatives et le
Collègue l’a rappelé, il en existe !
Je rappelle aux agriculteurs qui sont intervenus ici qu’il ne faut pas qu’ils
se trompent de cibles car, personnellement, j’ai toujours été à leur côté, y
compris quand il fallait demander audience au Préfet Mancini pour revendiquer des dispositifs d’indemnisation et un suivi médical pour ceux
qui ont été au contact du Chlordécone.
Je ne suis donc pas sourd, mais comment peut-on raisonnablement
accorder une dérogation de 2 ans (même de 3 ans comme vient de le dire
M. Berthome, le Pt de la Chambre d’Agriculture) sans avoir une garantie
que les pratiques culturales changeront et qu’à l’issue de ces 2 années, on
ne nous demandera pas une nouvelle dérogation et là, on tombe dans la
spirale des dérogations à répétition. D’ailleurs, c’est à l’issue d’une triple
dérogation, accordée par trois Ministres de la République successifs, que
l’on a débouché sur ce scandale du Chlordécone.
Je suis opposé à la dérogation sur l’épandage aérien car :
A ce jour, pratiquement 20 ans après la Loi sur l’eau de 1992, il n’y a
toujours pas les périmètres de protection des points de captation
de l’eau potable, captation qui se fait au coeur du triangle de la banane,
dans le Nord, et qui alimente les usines d’eau potable distribuée à
l’ensemble des martiniquais,
A ce jour, 33 % de notre littoral, les fonds de Baie du Robert, du
François, de Trinité et de Fort de France, sont interdits à la pêche
après un arrêté préfectoral du 7 octobre 2010. (Voici la carte qui a été
remise aux marins-pêcheurs suite à l’interdiction de la pêche dans les
zones impactées par le Chlordécone).
Et, tout en étant solidaires des agriculteurs, nous devons êtes solidaires
AUSSI des marins-pêcheurs,
Parce que les marins-pêcheurs eux, ils n’ont pas de lobby à
Bruxelles pour défendre leur cause
Parce que les marins-pêcheurs eux, ils n’ont pas de cameras
qui se déplacent en grand nombre quand ils poussent leur cri.
Parce que les marins-pêcheurs eux, ils n’ont pas les moyens
de se payer la campagne médiatique orchestrée actuellement
par les latifundistes de la banane
Une profession est en train de mourir sans avoir droit, AUSSI, à la
solidarité.
Alors, de grâce, ni diktat, ni chantage dans cet hémicycle régional.
Donnez-nous d’abord un signal fort de votre changement d’attitude car
des solutions alternatives existent.
Je vous remercie
Louis BOUTRIN
Conseiller Régional
Groupe de Patriotes Martiniquais et Sympathisants
Intervention lors de la Plénière du 1er décembre 2011
On ne peut mieux faire comprendre un point de vue , il serait intéressant de savoir combien d ’élus comme Mr Boutrin ont dit non à ce chantage, combien se sont laissés manipulés.
Il serait aussi bon que les marins pêcheur se ressemblent autour d’un projet pour entrer aussi dans ce système de subventions à débit continu dont une partie profite qui plus est leur profession n’est pas menacée .
Il serait bien d’aider la filière pêche qui en ce moment subit les conséquences de la pollution par le chordécone qui prive les petits pêcheurs de leur outil de travail et qui ne savent vers qui se retourner eux qui ont perdu une grande partie de la source de leurs revenus.
Ce qui est bon pour l’un doit l’être pour l’autre.
Alors comité de pêche montez les dossiers .
Prenez-vous en au M.I.M et au C.N.C.P qui connaissaient parfaitement ces problématiques pendant qu’ils étaient au pouvoir !!!
A l’époque de la loi sur l’eau en 1992, l’actuel président du M.I.M occupait le poste de 2e vice-président de la région, on peut supposer que le triangle de la banane existait déjà dans le nord ; Vous auriez dû monter au créneau à ce moment là concernant la captation de l’eau potable -
Voilà le type d’opposition au conseil régional : des gens revanchards et franchement pathétiques, qui sur des problématiques aussi graves que celles-ci, pratiquent la "politique de la terre brulée" -
Malgré la création de votre parti, vous n’en êtes pas moins allié des M.I.M, C.N.C.P qui ont présidé la région durant douze années à partir de 1998, alors que toutes ces problématiques existaient déjà !
Le "lobby" des gros planteurs de bananes ne date pas de dix-huit mois !
Le dossier des marins-pêcheurs ne date pas de dix-huit mois !
Messieurs ANACONDA, LE BO, AFFIDES,CONSORTS, COMPLICES, et AUTRES... !
Le nouvel Observateur Lundi 23 décembre 1974 AIME CÉSAIRE : « Il faut voir d’abord où va cette aide. Par qui est-elle canalisée ? Par l’administration qui la confie à quelques centaines de privilégiés. Pour l’essentiel, c’est une subvention au maintien et au développement des fortunes les plus grosses. A la population, on jette des miettes. Mais lorsque le gouvernement a accordé dix-sept milliards à l’industrie de la canne à sucre pour qu’elle cesse de péricliter et que ces sommes ont été détournées vers l’installation de grands magasins de commerce au profit exclusif de leurs propriétaires." Cest très bien d’avoir dénoncé MAIS QU’A FAIT LE PPM DE L’EPOQUE POUR CONTRER... ???
Et le DENONCEUR S’EN EST ACCOMMODE PENDANT 50 ANS... !
Monsieur BOUTRIN, vous qui êtes du Nord Caraïbe et qui défendez la santé et le bien être environnementale des Martiniquais ; j’aimerais vous dire que le combat que vous menez contre la polution ne doit s’arrêter ni à la porte du Chlordécone, pas plus qu’à celle des pesticides utilisés dans l’agriculture.
Il est regrettable de constater, certainement pour des raisons purement politiciennes que les Ecologistes Martiniquais, singulièrement ceux du camp des Indépendantistes se montrent les plus virulents face à ces deux problèmes, mais curieusement deviennent inaudibles face au aux polutions diverses (bruit, poussières)occasionnées par le trafic de plus en plus important des camions circulant dans Saint-Pierre en particulier et le Nord Caraïbe en général.
L’élu que vous êtes, et qui a été, il y a peu de temps dans la majorité au Conseil Régional ; Quelles actions avez-vous menées auprès des Carriers et des Camionneurs pour trouver une alternative à ce fléau qui mine au quotidien, et de façon insidieuse la santé de cette population, dont les premières victimes sont les enfants et les personnes âgées ?
Il existe pourtant une solution alternative à ce problème : la voie maritime.
Mais les Martiniquais savent depuis fort longtemps que la volonté politique n’est sans doute pas la première vertu de leurs élus, et le reproche que l’on peut vous faire,c’est de ne jamais régler un problème dans sa globalité.
Chlordécone et autres Pesticides, Bruits, Poussières sont tous à des degrés divers, des dangers pour notre bien être, et à ce titre, ils devraient être combattus de manière exhaustive et non au gré des humeurs et des intérêts catégoriels.
Combien de fois, en faisant visiter le nord Caraïbe, des étrangers me dirent : "Comment, pourquoi ne pas faire du transport maritime du sable à la place de tous ces camions ?".Je répondais : On vit dans un pays de cons et de magouilles !
Car si un camion sort du nord Caraïbe pour aller livrer ailleurs au centre de l’ile ou au sud, il doit aller s’approvisionner à la carrière de St Pierre : résultat 30 Km aller retour = carburant, route encombrée, bruits, freins utilisés à outrance vues les pentes, usure du camion et in fine une livraison = au moins 2 heures de route.
Mais si ces mêmes camions venaient récupérer leur chargement directement à FDF sur le port, livré auparavant via mer par barges, ils économiseraient du temps , useraient moins de carburant, gagneraient plus -d’argent- en faisant le double de livraisons puisque partant du milieu de la Martinique.
Mais mais, "Tout le monde il est laid et tout le monde il est vilain "et il y a les seigneurs dockers qui voudraient toucher leur Ti sou (gros sou) à regarder des engins et autres pelles débarquer le sable..comme quand ces seigneurs ont bloqué la construction du nouveau port en exigeant une prime (obtenue !) quand on déchargeait par barge les matériaux et qu’ils regardaient la manipulation des blocs de pierre de 2 à 3 tonnes par des engins de chantier, jetés à l’eau, pas grâce à leurs divines mains. : Leur statut. Or le port est sous controle d’un conseiller municipal PPM, chef docker, Mister, pardon Sir Jean Baptiste. Cherchez l’erreur. Car barges de sable = gwo sous. Quant aux camionneurs, personne ne leur a expliqué qu’il gagneraient 2 fois plus d’argent en récupérant le sable à FDF au lieu d’user leur camion, perdre du temps et payer du carburant qui va finir en taxes pour le FIR.
C’est pas un pas un pays de magouille et qui marche sur la tête ?
Je dois faire mes plus plates excuses à PP, son personnel et sa Direction, pour un post ou je mettais leur intégrité en DOUTE... !
Mais ayant déjà été victime, et vu l’intensité des évènements de ce moment... !
J’ai été un peu impatient en ne voyant pas mon post apparaitre, comme on dit chez nous " DLO DEPASSE FARINE"
Encore une fois pardonnez moi Messieurs et Dames de POLITIQUES PUBLIQUES.
Césaire a fait mieux que ça durant cette période !!! Il a empêché une droite puissante dans le pays d’arriver au pouvoir à Fort-de-France -
Cette droite qui rêvait de récupérer les terrains et de chasser tous les pauvres des quartiers déshérités de F-de-F !
Ensuite tu oublies une chose très importante : à cette époque c’est l’U.N.R puis R.P.R (Parti d’Emile Maurice) qui décidait au niveau du département, puisqu’il a détenu le Conseil Général sans discontinuer de 1970 à 1992 -
En 1974, le parti de Césaire détenait la ville de F-de-F et un siège de député - En outre, il était harcelé par les forces réactionaires et certains "lobbies", quasiment ostracisé par les représentants de l’état français et bien entendu boycotté par le seul média (la voix de son maitre) de l’époque -
Sachons de quoi nous parlons et respectons les morts !
Mis a part cher Volatil Hurlant, que dans ce Zoo, Nous les Bestioles sommes libres, de nos actes, et SUTOUT de NOS PENSEES, alors que beaucoup, qui se pensent à l’extérieur, sont en cages et de plus ENCHAINES des quatre membres, mais portent aussi ces chaines DANS LEUR TÊTE... !
Ti sépen en mwen !
En ka di ou la terre est Ronde, ou ka réponn mwen, Non ! y kon en boul... !
Pou sa ki di respé lé mo... ? la !
Ou, évè secte aow la, zot bien mal placé, pou ba moun lison... !
Ka tiré vié nomm la, en dan cerceuil aye, pou en oui pou en Non... !
Kon si, y té jen mendé zot, pren’l sèvi Drapo... ?
Quelle assurance ! Qu’ont fait les députés PPM Césaire, Darsières, Lise et le sénateur PPM Désiré contre les dérogations en faveur du chloredécone ? Quant au débat sur l’urbanisme à FDF, construire des HLM monstrueux face au sacro saint Lycée Schoelcher, une tour qui défigure la ville, une savane dénuée d’arbustes fleuris dignes de nom, avec une double voie qui longe un parking et le bord de mer, sans compter les cahutes éclairées au néon qui donnent sur une autre double voie au lieu de donner sur la mer, BRAVO les bâtisseurs de paradis bétonneurs en chef soi disant grands diplômés ! Vraiment Anaconda, balayez devant votre porte, de grâce. Quant à la filière chinoise qui envahit la ville en se sucrant sur le dos du peuple martiniquais. Il est facile d’imaginer les méthodes employées pour que cette filière arrive à ses fins. Voyons vous avez bien vécu sur l’icône Césaire grâce à laquelle le President Chirac a renoncé à mettre Fort de France sous tutelle en 2001 comme elle aurait dû l’être. Et tant qu’à faire, Capgras et Marie Jeanne avaient décidé d’augmenter considérablement la part regionale de la taxe d’aéroport pour rembourser le déficit abyssal laissé par le PPM Darsieres à la Region, le President Letchimy ayant trouvé une situation assainie, qu’attend il pour baisser la taxe d’aeroport, cet impôt qu’il prélève sur Les MARTINIQUAIS et les TOURISTES ? Parlons franchement maintenant. Ras le bol des calculs politiciens : dernier en date : attendre les législatives et enterrer la banane ensuite !
La situation n’est plus le même aujourd’hui qu’il y a 50 ans mais la seule chose qui demeure en l’état, c’est la diposition du sol, et ce n’est pas arrivée par hasard quand toute les terres et les meilleurs sont entre les mains des descendants des tenants du système,de faîte ils prime le droit, et ils ont la force àleur disposition, plus l’addition des notre qui font le carpet. Mais il y a bien sure ceux de l’autre côté qui ont désormais les connaissances, donc des bases pour comprendre ce qui se passe, Je remarque ici même bon nombre d’entre nous se martyrisent à renier l’histoire, hors renier l’histoire c’est la preuve du présent perturbé et incontrolé, et la condamnation de avenir. LE courage de faire face est plus que salutaire
et nous aurons les réponses pourquoi ilsont décider du sort de la canne et des usines sans avis des élus , pourquoi ils ont accaparés la production de banane des petits planteurs QUI PRODUISAENT SANS PESTICIDE avec toutes les dommages qu’ils ont subit suite à celà,comment ils ont tués toute les activités local par l’importation massive, se sont ’il inquiétés des sort des ouvriers(es) ? Aujourd’hui les subventions, autrement nos impôts remplissent leurs poches (sur ce point un dossier trés instructif fruit d’investigation d’une journaliste pas comme les autres est à consulter. ils n’ont que faire de santé public alors que les difficultés d’accès s’accumulent.
" Vraiment ANACONDA, balayez devant votre porte, de grâce" -
Bien sûr ! A condition que vous en fassiez de même !
Cher(e) Monsieur ou Madame, à l’époque où Césaire était parlementaire, la droite avait la majorité au Conseil Général et disposait de deux députés - Par conséquent elle était décisionaire au niveau local -
Sans esprit partisan, l’on pourrait reconnaitre que tout le monde est suceptible d’avoir une part de responsabilité dans cette problématique de l’épandage des pesticides -
Seulement, les "braillards et vociférateurs" des années soixante-dix, ont depuis occupé des postes à responsabilité dans le pays, et même au niveau "national" -
Ils ne peuvent donc aujourd’hui venir jouer aux "perdreaux de l’année" et faire comme s’ils découvrent le "lobby des gros planteurs" de bananes et la problématique de l’épandage aérien -
Songez que grâce à l’introduction de nouvelles variétés de bananes tolérantes et résistantes, la bananeraie comorienne est sortie de la cercosporiose - Ainsi la production est passée de 35 000 à 62 000 tonnes - (Information publiée le 28 juillet 2005) -
Qui était aux "commandes" en Martinique en 2005 ? Les mêmes qui parlent d’amendement à l’assemblée nationale en 2009 contre l’épandage aérien - On se fiche de qui ?
Ceux-là même qui viennent se donner en spectable et faire les "cabotins" disposaient de la majorité au Conseil Régional et d’un siège de parlementaire à l’assemblée nationale française -
Vous plaisantez là ! De 88 à mars 92, Rocard, Cresson, Beregovoy, 1er Ministres, President de la République : François Mitterrand. Ministre de l’Outre-mer : Le Pensec. Assemblée Nationale à gauche, et vous voulez nous faire croire que le député Aimé Césaire, qui avait obtenu de son ami François Miterrand un moratoire en 81, la création ex nihilo d’une Région en 82 avec des élections spécifiques, ne pouvait mettre ce sujet si important pour la santé des martiniquais sur le tapis avec sa majorité ? Puisque les 2 autres députés de droite étaient minoritaires... Doit on comprendre suivant votre logique qu’en ce temps là, le député Aimé Césaire ne servait à rien ? Sinon qu’à toucher de grasses indemnités puisque c’est le Conseil Général qui " décidait" ? Je vous ai connu sur ce site plus convaincant mon ami. Quand on ose toucher à Césaire ou Darsieres, tout de suite, les explications semblent moins "percutantes" !
Par Dr JOS PELAGE Présidente de l’AMSES –Martinique Association médicale de Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé
La consultation publique sur l’épandage a rassemblé une majorité d’avis défavorables. Ce sera au Préfet de Martinique maintenant de trancher. Il n’est pas inutile pour compléter la réflexion, de rappeler un certain nombre d’éléments d’ordre médical insuffisamment pris en compte à ce jour.
S’Il est largement fait état des impacts de l’épandage sur le devenir de la filière banane, l’enjeu sanitaire bien que capital est bien moins documenté. Au vu des éléments disponibles notamment dans le dossier présenté en Préfecture, on peut redouter deux types de conséquences, celles qui sont le fait du produit lui-même et celles qui se rattachent davantage au procédé utilisé à savoir l’épandage aérien.
Le produit utilisé le TILT 250 EC est un mélange de propiconazole et d’un excipient dérivé benzénique le tout dissous dans de l’huile de paraffine ou quelquefois une simple pulvérisation d’huile de paraffine seule est utilisée .
Le propioconazole est un antifungique de la famille des triazolés. .Les triazolés sont connus en médecine humaine où ils sont utilisés dans le traitement des mycoses .On en connaît donc les effets secondaires sur l’homme qui sont essentiellement hépatiques ; il est à noter qu’ils ne sont pas conseillés chez la femme enceinte et l’enfant en bas âge.
Le solvant dérivé du pétrole entraine en cas d’absorption ou d’inhalation une pneumopathie (inflammation des poumons).
L’huile de paraffine est bien connue et tolérée par voie digestive mais n’est pas habituellement utilisée par voie pulmonaire chez l’homme. Aucune étude de toxicité humaine ni à court ni à moyen terme sur l’association de ces trois composants ne figure dans la documentation disponible. Sur les trois composants, il y en a un, le solvant benzénique qui est connu pour ses effets néfastes chez l’homme.
Le TILT 250 EC, une fois répandu sur les feuilles de banane se retrouve dans le sol, où il pollue la nappe phréatique, les cours d’eau et ensuite les aliments, pendant un temps que l’on ignore à ce jour ; dans certaines régions utilisatrices, ce fongicide est retrouvé dans l’eau de consommation courante et dans les aliments,
Le TILT 250 EC est certes homologué car il contient une dose considérée comme admissible de produits, selon des normes définies par l’organisme de référence,. Cet organisme ne tient nullement compte des spécificités du sol tropical gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques pour une période pouvant s’étaler sur plusieurs siècles. Nul n’a testé l’association chlordécone + propiconazole qui va se retrouver dans les sols martiniquais puisque ce sont les sols de bananes qui recevront les deux produits et on sait que les cocktails de pesticides ont des actions synergiques en général.
.
Même si les doses utilisées sont dites admissibles, aujourd’hui, toutes les études environnementales montrent que ce ne sont pas forcément les fortes doses de produit qui sont dangereuses mais la répétition de petites doses et surtout la période de la vie où elles sont administrées avec des périodes de très grande vulnérabilité comme la grossesse et la petite enfance.
L’effet carcinogène et perturbateur endocrinien n’est pas dose dépendant mais chrono-dépendant et se manifestera à la génération suivante, dans 25 ans.
Nous nous retrouvons dans la même problématique que le chlordécone en 1991 soit 20 ans après, Un produit est interdit par la Commission européenne , une dérogation locale est demandée sans expertise adaptée.
Or nous constatons aujourd’hui en Martinique et l’étude INSERM de Guadeloupe conduite par Mr MULTIGNER l’a confirmé, une imprégnation au chlordécone pendant une longue période peut être responsable de cancer de la prostate apparaissant des années après la fin de l’utilisation du produit. Le chlordécone a été utilisé entre 1973 et 1993, or, vingt ans après la fin de son utilisation, on observe en Martinique une augmentation exponentielle de l’incidence du cancer de la prostate .Il s’agit d’une véritable bombe à retardement d’une durée encore imprévisible.
Que le produit soit utilisé par voie aérienne ou terrestre il se retrouvera à terme dans l’alimentation aux côtés du chlordécone du DDT et des autres polluants organiques persistants.
Toutefois la dangerosité du produit n’est pas la même selon la méthode employée.
Par voie terrestre, l’exposition des ouvriers est grande sur le plan pulmonaire pour une efficience moindre.
Lors des épandages aériens les ouvriers sont mieux protégés mais la population avoisinante est très exposée.
En effet les particules contenant le produit actif diffusé par épandage aérien sont très fines ; elles peuvent atteindre même avec une météo favorable les habitations avoisinantes, voire les passants, et surtout du fait de leur petite dimension elles peuvent rester en suspension dans l’air et se charger d’autres polluants. Ces micro ou nanoparticules se déposent facilement sur les alvéoles pulmonaires qu’elles encrassent sans possibilité de détoxication naturelle ; leur toxicité est bien supérieure à celle qu’elles ont par voie digestive.
L’intestin sait utiliser l’huile de paraffine, ou les triazolés mais pas le poumon.
Les trois éléments constitutifs du TILT 250 EC représentent un danger pour les poumons avec un risque de pneumonie toxique chimique sans traitement possible ( à la différence des pneumonies infectieuses ) , un danger aussi pour le cerveau en cas d’inhalation .
Enfin les différents documents de référence sur le produit font état de l’éventuelle nocivité des produits de dégradation de ce fongicide dont le dioxide de carbone. Ce qui signifie que l’utilisation de ce produit supposerait d’énormes précautions pour protéger la population.
Sans parler des risques non connus qui ne se révéleront que dans le long terme L’exemple du MEDIATOR doit rester présent dans les mémoires.
Aujourd’hui où nous savons notre sol martiniquais gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques nocifs, il est temps de déclarer un moratoire sur l’utilisation de toute autre substance chimique quelle qu’en soit le bien fondé.
C’est ce qui s’appelle le principe de précaution .L’absence de preuve de risque n’est pas une preuve de non risque.