A l’occasion de la séance de questions au gouvernement du 12 juin 2013 à l’Assemblée Nationale, le député de la Martinique Bruno Nestor Azérot a plaidé en faveur d’une amélioration des modalités de mutation des fonctionnaires de police dans les DOM. Une intervention qui rejoint en bien des points le discours de Patrick Lebreton, député-Maire de Saint-Joseph de la Réunion, actuellement chargé de la "mission gouvernementale sur la régionalisation de l’emploi dans les Outre-mer visant à identifier les moyens de mieux faire profiter les ultramarins des emplois créés dans ces territoires".
M. Bruno Nestor Azerot
Monsieur le président, ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur. Permettez-moi d’y associer mes collègues Alfred Marie-Jeanne et Jean-Philippe Nilor.
Monsieur le ministre, je sais que, tout comme nous qui avons reçu vendredi dernier une délégation du collectif des gardiens de la paix des outre-mer, vous êtes sensible à l’amélioration continue du système de mutation des fonctionnaires de police.
Alors qu’aujourd’hui nombre de Français des outre-mer vivant en métropole doivent faire face à un déracinement familial pour exercer leur mission de service public, voilà que les difficultés s’accumulent et s’aggravent pour ceux dont l’espoir légitime est de retrouver leur terre de naissance qu’ils ont dû quitter pour intégrer l’école de police ou rejoindre leur première affectation.
Au-delà de cette insupportable coupure et des complications financières et affectives
qu’elle engendre, les conditions de possibilité de retour sont de plus en plus contraignantes et de moins en moins rationalisées.
Comment accepter l’arbitraire d’un système qui finit par décourager tout espoir de
retour avant parfois deux décennies ?
Dans des petits territoires comme la Martinique où nous devons faire face à des problématiques sécuritaires en hausse et à des effectifs en déficit chronique, même dans les zones de sécurité prioritaire au bénéfice desquelles nous attendons de profiter, cette année, du plan de recrutement de 6 000 agents que vous avez intelligemment lancé, les gardiens de la paix domiens ne sauraient attendre l’arrivée de la retraite pour rentrer au pays et servir chez eux.
Pourquoi ne pas revenir au système en place avant la réforme de 2002, fondé sur l’ancienneté de la demande et qui présentait le mérite de donner de la visibilité aux candidats qui ont des engagements des deux côtés de l’océan ?
Il faut également recadrer et rationaliser le critère des « centres d’intérêts matériels et moraux ».
Notre démarche n’est pas empreinte de naïveté : il ne nous viendrait pas à l’idée de
réclamer un retour pour tous mais des critères beaucoup plus cohérents et prenant en compte les réalités dans lesquelles se trouvent nos compatriotes des outre-mer.
Monsieur le ministre, quelles mesures comptez-vous mettre en oeuvre pour rétablir une situation d’égalité des chances et revenir à des critères plus transparents… ?
Réponse de Victorin Lurel , ministre des outre-mer.
Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Bruno Nestor Azerot, je vous prie de bien vouloir excuser les excuses de M. Manuel Valls, qui se trouve actuellement aux côtés de ses homologues européens, dans le cadre d’un important exercice de simulation d’attentats.
Vous nous interrogez sur les difficultés de fonctionnement du système de mutation des policiers servant en métropole et sur les moyens de l’améliorer.
Le système actuel offre un certain nombre de postes à la mutation, en fonction des départs à la retraite, des postes devenus vacants pour les agents arrivant en fin de séjour et des besoins exprimés par les services locaux.
Quoi qu’on en dise, le système fonctionne : il repose sur le calcul de points attribués à chaque agent en fonction de leur ancienneté dans l’administration, de leur situation familiale, de leur grade et de leur affectation actuelle, notamment dans les zones sensibles.
Les fonctionnaires métropolitains affectés dans les outre-mer, vous le savez, y demeurent pour une durée limitée – deux ou quatre ans selon les territoires concernés -, alors que les fonctionnaires originaires des outre-mer peuvent être « fidélisés », c’est-à-dire affectés durablement et définitivement au sein de leur territoire, à condition qu’ils démontrent qu’ils y ont le centre de leurs intérêts matériels et moraux. J’attire cependant votre attention sur le fait que, saisie par des fonctionnaires non natifs des outre-mer, la HALDE a adopté une délibération condamnant la notion d’ « originaire » et recommandant de lui substituer la notion d’intérêts matériels et moraux. Il faut en tenir compte.
Enfin, j’insiste sur la nécessité de conserver la possibilité d’affecter les fonctionnaires métropolitains là-bas… "











Vos commentaires
1. Le 13 juin à 10:26, par aec En réponse à : Mutations : Azérot plaide pour les policiers des DOM
En Martinique, les parlementaires interviennent toujours pour le retour au pays des policiers des DOM. On le fait également en Guadeloupe mais on se soucie aussi de la sécurité des citoyens, ce qui est le premier objectif de la police. De sorte que la présidente de la Région compte présenter prochainement au ministre de l’Intérieur un projet en bonne et due forme pour combattre l’insécurité. On peut critiquer ces propositions mais elles existent et on peut en discuter. Il y a deux ou trois ans alors qu’il y avait un pic d’insécurité en Guadeloupe, le Président Lurel était monté à la télévision pour faire un appel à la population.
Entre nos deux territoires il y a deux façons de faire la politique.
Plus fondamentalement, s’agissant des policiers il est possible, comme cela se fait dans l’hexagone, que le recrutement des gardiens de la paix soit décentralisé. Cela atténuerait les problèmes de retour, mais aussi d’identification de l’origine (Martinique, Guadeloupe, etc...) des paquets de copies à corriger ainsi que d’éventuelles décisions arbitraires quant au nombre de lauréats à retenir. Cependant le maintien de la formation et du stage à Paris serait une bonne chose.
Evidemment c’est un sujet qui n’intéresse pas nos élus. S’intéresser à l’insécurité par une meilleure organisation de la police, cela ne remplit pas les urnes !
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2. Le 17 juin à 15:46, par mike En réponse à : Mutations : Azérot plaide pour les policiers des DOM
mieux vaut parler des problèmes des samaritains qui par exemple ont vu exploser les impots locaux alors qu’ils ne peuvent pas bénéficier de la garderie pour leurs enfants !!!
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