Le projet de société guadeloupéen prend forme
Source :
Nicomède GERVAISFrance-Antilles Guadeloupe01.02.2012
PROJET. Delile Diman-Anténor et Jacky Dahomay entendent dynamiser la société civile. (R.B. et D.C.-L.)
Delile Diman-Anténor, présidente du comité de projet du Projet de société guadeloupéen, et Jacky Dahomay rencontrent, mercredi, les présidents des conseils régional et général pour proposer une méthode et un calendrier.
Le comité de projet, chargé de dynamiser le Projet de société guadeloupéen, est composé d’une soixantaine d’organisations. Il reflète la société guadeloupéenne, à ceci près qu’un certain nombre d’associations n’y sont pas. Néanmoins, Delile Diman-Anténor, présidente du comité de pilotage, entend tout faire pour intégrer le maximum d’organismes et d’associations à la très large réflexion qui doit contribuer à l’élaboration du Projet de société guadeloupéen.
Elle considère que sa mission a été de réactiver un processus qui avait déjà commencé. Elle souhaite disposer d’un peu de temps pour relancer la méthode du débat. La phase de concertation a débuté pour définir la méthode, compte tenu de l’analyse de ce qui s’est passé depuis juin 2009, et un calendrier.
DYNAMISER LA SOCIÉTÉ CIVILE
Delile Diman-Anténor, économiste, et Jacky Dahomay, philosophe, rencontrent, mercredi, les présidents des collectivités, Jacques Gillot, président du conseil général, qui prend la main pour le prochain congrès, et Victorin Lurel, président du conseil régional.
Ils entendent dynamiser la société civile : tous les réseaux des associations de Guadeloupe, déjà très actives de par leurs actions sur le terrain, pour arriver à un consensus, et à mettre en mouvement l’ensemble. Pour Jacky Dahomay, la société guadeloupéenne est traversée par une crise sociétale : la violence dans les familles ; « une crise des valeurs chez les jeunes avec des adultes qui refusent d’assumer le monde dans lequel ils ont mis les enfants ; une crise de l’école ; et une crise schizophrénique avec, d’un côté des Guadeloupéens qui sont farouchement accrochés à leur appartenance à la République française, et de l’autre, ceux qui ont des pulsions identitaires légitimes, mais habités par une incertitude quant à l’identité culturelle et politique » .
« Une logique de démocratie constructive »
« Nous traversons, dans le monde, un affaiblissement de la démocratie traditionnelle, vu que les états sont gérés par les finances internationales, explique Jacky Dahomay. La société guadeloupéenne, dit-il, doit se ressourcer, se refonder, se retrouver. « Il y a un délitement du lien social, et donc il appartient à la société civile de se ressaisir, de se regrouper, de bouger » .
C’est la raison pour laquelle, avec Delile Diman-Anténor, M. Dahomay a demandé aux élus qu’il n’y ait pas de représentants politiques dans le comité de projet, et ce, pour que le moteur du projet de société guadeloupéen provienne plutôt de la société civile que des politiques.
Jacky Dahomay est conscient qu’il faut inclure les travaux, effectués lors des états généraux organisés par l’État. Il veut que l’on passe d’une logique de démocratie participative à une logique de démocratie constructive de la société civile. Il compte, pour ce faire, mettre les gens en relation, ouvrir les débats, créer une dynamique pour déterminer un axe, un bien commun pour la Guadeloupe, grâce à sa diversité, et à partir de quoi les politiques pourront produire et élaborer un projet de société.
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