Catherine Conconne : "notre démarche est ancrée dans le réel"
Dans la foulée du passage de l’ouragan Tomas, services publics et para-publics sont sur le terrain, pour évaluer les dégâts et réparer ce qui doit l’être. Elus et services régionaux ne dérogent pas à cette règle, sous la conduite de Catherine Conconne, 1ère vice-présidente de l’institution, que nous avons rencontrée sur le front de mer de Sainte-Luce ce lundi 1er novembre. Interview.
PP : Vous avez entamé dimanche matin une tournée des communes touchées par Tomas. Quel bilan dressez-vous du passage de ce cyclone en Martinique ?
C’est une démarche au plus près du terrain qui nous paraissait nécessaire. J’ai également pris l’attache de tous les maires pour avoir leurs remontées quant aux éventuels dégâts, et peu de sinistres sont à déplorer en matière d’habitat par exemple.Nous avons pour l’essentiel noté des pertes importantes sur les exploitations agricoles, de banane, ou de cultures maraichères. Mais nous devons reconnaître que les dégâts sont moins catastrophique que ceux occasionnés par Dean en 2007.
PP : Quelle sera l’intervention de la Région pour panser les plaies, ou prévenir les risques futurs ?
Une réunion est prévue ce jeudi 4 novembre à la Chambre d’Agriculture avec les professionnels et les autres institutions. C’est à ce moment là que nous disposerons de toutes les informations quant à la situation, et que nous pourrons aviser, en concertation et en partenariat avec les autres acteurs. Nous verrons aussi comment aborder cette question délicate du classement en catastrophe naturelle. La Région prendra évidemment toute sa part dans les mesures à mettre en oeuvre.
PP : Vos opposants vous reprochent de faire de la politique politicienne en venant à la rencontre de corps de métiers pour lesquels vous n’avez pas de réponse, dans la mesure ou la Région ne dispose pas des compétences qui les concernent.
A l’occasion de nos visites de terrain, nous avons bien évidemment rencontré les marin-pêcheurs. Et notamment ceux des Anses d’Arlet. J’ai moi-même informé le maire des Anses d’Arlets de cette visite à laquelle il n’a pas pu participer, et je lui ai proposé par voie de messages, à deux reprises, de nous réunir et de revenir vers les pêcheurs.
Dans le fond, cette vision caricaturale illustre bien la nécessité de mettre en oeuvre la collectivité unique. On ne coupe pas en deux une profession sous prétexte de compétences réservées. La Région a pour sa part compétence pour aider les pêcheurs dans leur armement : bateaux, moteurs, dispositifs concentrateurs au large...et quand nous rendons visite aux pêcheurs, nous écoutons toutes leurs doléances, avec à l’esprit de faire le point avec l’autre collectivité pour leur apporter des solutions concrètes. Notre méthode dérange ceux qui nourrissent justement des pensées politiciennes. Mais elle est bien accueillie par les populations et les professionnels concernés, parce qu’ancrée dans le réel.
PP : Barbade, Saint-Vincent et plus près de nous Sainte-Lucie ont été très touchés par Tomas. La Région envisage t-elle une intervention pour les aider ?
Sur ce point également, nous avons eu des contacts et attendons que les autorités de ces pays nous fassent part de leur situation, et de leurs besoins. La Région n’exclut pas de leur apporter son appui, aux côtés d’autres acteurs, mais nous voulons agir en toute transparence.
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