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Uterus et plagiat au PPM

Publié le 02/11/2010

Le mot de Patrick Chamoiseau "Le père de la nation" est un véritable succès. Pour preuve, les réactions et contre-réactions qui continuent de se succéder suite à sa parution le 17 octobre 2010. Ici, Joseph Virassamy vient, après Yves-Léopold Monthieux, commenter la réaction de Michel Branchi...

"Michel BRANCHI vient de publier un papier pour commenter le plagiat de notre Prix Goncourt par le PPM.

Michel, c’est très instructif ce « copié-collé » que tu relèves. Et merci de l’avoir fait. Quand j’étais dans le primaire, à l’école de la République, copieur était un substantif équivalent à tricheur et personne n’aimait se voir coller cette étiquette. Maintenant ça a un peu changé, c’est devenu « doxographe » ou « maître à penser » ou « le nègre de » ou « plume de ».

Et l’on parle ici de Responsabilité, et l’on parle là de Responsabilisation. Mais ont –ils vu, comme toi, que Responsabilisation est un « processus », c’est-à-dire quelque chose qui est en train de se faire par une succession d’étapes et que « Responsabilité » en est l’aboutissement, l’output, c’est-à-dire un état, une situation donnée.

La responsabilisation serait, selon toi Michel, refusé par le PPM, au motif qu’ils ont choisi de rester dans le 73. Faux, archi faux, le PPM n’a jamais choisi de rester dans le 73. A preuve le fameux « sui generis » qu’ils ont parfaitement raison d’évoquer.

Donc, mon cher Michel, tu n’as même pas besoin de te lamenter sur ceux qui avaient choisi le 73 plutôt que le 74 ou vice-versa : L’alinéa 7 de l’article 73, ne permet pas de rester dans le 73, contrairement à ce qui était stipulé dans la question du 24 janvier. Voilà bien un « processus », lui aussi !! L’alinéa 7 n’est rien d’autre qu’un « processus d’expulsion » !!

J’ai déjà fait cette démonstration des dizaines de fois sans que jamais personne ne soit venu me contredire avec des arguments valables. Je veux bien te répéter encore une fois :

Relis bien l’alinéa 7 de l’article 73 ; Tu verras que cet alinéa ne fait que décrire « la sortie » du statut de Département et de Région : il y est décrit 3 conditions de cette « sortie » :1) création par une loi de la Collectivité de remplacement : 2) substitution obligatoire du Département et de la Région par cette collectivité ; 3) consentement obligatoire de la population concernée.

Donc cet alinéa décrit un « processus de sortie » et du même coup décrit également un « processus de création » de la Collectivité Nouvelle. Mais tu observeras que cet alinéa ne dit rien d’autre sur cette collectivité nouvelle. On ne peut donc pas dire qu’il « régit » cette Collectivité nouvelle, pas plus que les six autres alinéas de l’article 73 qui ne parlent que des Départements et des Régions.

Si bien que cet article 73, par son alinéa 7, fonctionne comme un UTERUS qui contient un fœtus ( la Collectivité en germe) qui donne naissance à un bébé mais en l’expulsant nécessairement. La Collectivité Unique du 24 janvier ne peut pas rester dans le 73 comme on nous l’a fait croire : sitôt créée, elle est expulsée du 73. Naissance et expulsion sont simultanées.

Il ne faut pas confondre le « processus de création » de la CU et la CU elle-même, tout comme personne ne confond une chaine de montage automobile avec les voitures qui en sortent. Si bien que l’article 72-3 qui s’essaie à réintroduire les « collectivité alinéa7 » dans le 73, n’y parvient pas : en effet, en renvoyant ces « collectivités alinéa7 » vers le 73, il manque les 6 premiers alinéas qui ne concernent que les Départements et les Régions, et renvoie directement à l’alinéa 7. Mais, on l’a vu, cet alinéa 7 ne concerne que le « processus de création…et d’expulsion » de la CU, et ne dit rien sur la CU elle-même.

Donc camarade Michel : Cette fameuse CU du 24 janvier ne peut pas relever du 73 et du droit commun. Aussi tu peux faire du 74, et bien plus encore avec la CU du 24 janvier….jusqu’à l’indépendance si tu veux : car en réalité elle n’a pour le moment aucune place dans l’ensemble administratif français. Et dans cet ensemble, le seul sous –ensemble qui ne contient pas d’élément, c’est l’ensemble vide, ce qui correspond à l’Etranger.

La consultation du 24 a expulsé la Martinique vers l’Etranger !! C’est du « SUI GENERIS » tout cru et obligatoire !!! Et là, la responsabilisation « maximale » sera de mise. Nulle excuse dès lors, ni aux doxographes, ni aux Responsabilisateurs. Pas même du financement de cette « responsabilité-indépendance » qu’ils auront acquise. Mais là sera le vrai problème : celle de la responsabilisation financière de la Responsabilité !!

Le seul problème, vois-tu Michel, c’est que le CONSEIL d’ETAT a dit deux fois, le 19 juillet et le 9 septembre que le Département et la Région de Martinique subsistait après la consultation du 24 janvier. Selon ce Conseil d’ETAT, il n’y aurait donc ni substitution, ni consentement pour substituer puisqu’il n’y a pas eu substitution !!!

Voilà donc deux des trois conditions ci-dessus flanquées par terre par le Conseil d’Etat. Alors quid de la création de la CU ?

D’ailleurs, tu observeras que le Gouvernement qui devait arrêter la préparation de la loi avant le 30 octobre, ne dit plus rien de cette affaire.

Et, à vrai dire il n’a pas tort :

En effet, pourquoi aller se prendre un BOCK certain devant le Conseil Constitutionnel ? Pourquoi s’engager dans un processus où les élus martiniquais viennent de montrer leur complet désaccord ? Pourquoi poursuivre à la suite d’une consultation où la question posée était erronée ? Pourquoi aller à l’encontre de 9 martiniquais sur 10 qui n’ont pas donné leur « consentement » à la CU (68% de OUI avec 30% de votants, ça fait 20% pour ce OUI, où la moitié pensait, à la suite d’une campagne axée sur l’Assemblée Unique, qu’elle votait OUI à l’Assemblée Unique et qu’elle découvre au final qu’on la faisait voter pour la CU !! soit à peine 10% de OUI à cette CU) ? Pourquoi poursuivre la création de cette CU quand on sait par quelles astuces antidémocratiques on a fermé la bouche des partisans du NON ? (100% de la campagne officielle pour les OUI ; 100% des panneaux électoraux pour les OUI ; 100% des professions de foi distribuées pour les OUI) : Pourquoi poursuivre la création de cette CU quand la Population, au lieu de jubiler, boude manifestement les élus sur cette question et trainent les pieds ?

Donc mon cher Michel, si j’étais Sarko ou le Gouvernement je laisserais tomber. Trop de plomb dans l’aile et aucun bénéfice politique à en attendre !!!

Il n’y aura pas de « père de la Nation ». Car de Nation, il n’y aura pas, sauf à re-consulter le peuple sur ses désirs profonds à partir d’une question sans ambiguité, comportant l’expression « se substituant à » telle qu’écrite dans l’alinéa 7 !!!! Et ça, ça n’est pas de notre responsabilité, de créer un processus électoral sans reproches."

Joseph VIRASSAMY

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