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L’Etat "inconstant" dans sa relation avec l’Outremer

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Publié le 27/11/2010

Intervention de Serge Larcher, Sénateur de la Martinique, à l’occasion de la déclaration de politique générale du Premier Ministre François Fillon au Sénat le 25 novembre 2010.

"Monsieur le Premier Ministre. J’ai écouté avec attention votre déclaration et, à vrai dire, je n’ai rien entendu de nouveau.

Ni pour les territoires de la République en général, ni pour ceux de l’Outre-mer en particulier.

Aussi, je m’efforcerai aujourd’hui d’être le porte-parole de l’Outre-mer.

Je m’y efforcerai, même si, une fois encore, je crains que ce gouvernement, tellement semblable au précédent, soit également sourd et aveugle aux problèmes de cette France trop éloignée des cabinets parisiens. Ce que nous, élus de l’Outre-mer, n’avons de cesse d’attendre, c’est que le gouvernement n’envisage pas nos pays comme des terres lointaines et exotiques génératrices de charges pour la collectivité nationale.

Ce que nous voulons, c’est que vous compreniez réellement l’importance de leur singularité et de leurs apports spécifiques dans l’originalité de la construction du modèle français.

Ce que nous espérons, c’est que vous preniez enfin conscience que notre identité ne constitue pas une menace mais un atout pour la Nation française et pour l’Europe.

Si j’insiste sur votre difficulté à comprendre l’Outre-mer, c’est au regard de votre inaptitude à construire une vision et un dessein, à définir avec nous un projet pérenne, en vue du développement de ces territoires.

Or, ce projet est plus que jamais une urgence.

Les départements d’Outre-mer cumulent un certain nombre de disparités économiques et sociales et les inégalités entre les DOM et la métropole demeurent importantes.

Je ne citerai que quelques chiffres :

La moitié des foyers dispose d’un revenu mensuel inférieur de 38% à la moyenne nationale.

La proportion des personnes vivant sous le seuil de pauvreté est en progression et concerne un ménage sur cinq.

Le chômage, 2 à 3 fois plus élevé dans nos régions que celui de l’Hexagone, touche particulièrement les jeunes et s’établit, pour ces derniers, autour de 60% en 2009.

La situation des seniors est également extrêmement préoccupante.

Ce sinistre tableau, largement aggravé par la sévérité de la crise mondiale, a eu un impact particulier dans nos régions déjà fragiles.

La mission commune d’information sur la situation des départements d’Outre-mer, que j’ai eu l’honneur de présider, a mis l’accent sur les grands défis à relever pour et par l’Outre-mer :

Elle a conclu sur 100 propositions dont s’est d’ailleurs largement inspiré le CIOM.

L’Outre-mer est donc entendu me direz-vous ! En apparence oui.

Mais le problème du rapport de l’Etat à l’Outre-mer, ce n’est pas tant l’absence d’écoute : le problème c’est l’inconstance !

Ainsi, en 2003, a été votée la loi Girardin qui devait durer 15 ans.

Mais en 2008, cinq ans plus tard, le dispositif d’exonération des charges sociales et de défiscalisation est revu à la baisse.

Ceci sans évaluation préalable !

En 2009, la LODEOM réécrit, une nouvelle fois, ces dispositifs.

Et aujourd’hui, un an plus tard, ils sont remis en cause dans le projet de la loi de finances que nous examinons.

Il ne s’agit plus de rabotage, mais d’un véritable sabotage !

Je peux, également, citer l’exemple de la LBU démantelée petit à petit alors qu’elle devait être sanctuarisée ; le logement social demeurant l’une des priorités absolue pour les DOM.

Alors, ce que nous demandons au gouvernement, c’est que soit enfin mise en œuvre une politique lisible et oserais-je dire « durable » pour l’Outre-mer !

Une politique qui ne place pas les acteurs – et notamment les acteurs économiques – dans une situation d’insécurité juridique permanente.

D’ailleurs, ce sont souvent nos collectivités territoriales qui doivent pallier les insuffisances de l’Etat.

Ce que nous demandons enfin au gouvernement, c’est une politique qui prenne réellement en compte les caractéristiques de la situation financière de nos collectivités territoriales, que sont la faiblesse de la fiscalité locale et le poids des dépenses de personnel.

Je tiens à rappeler, ici, que j’ai demandé que soient organisés des Etats-généraux des finances locales dans nos régions, ce thème essentiel n’ayant pas été traité dans le cadre des Etats-généraux de l’Outre-mer.

J’attends une réponse du gouvernement à ce sujet.

Nous serons également extrêmement vigilants quant à votre capacité à nous défendre, ou non, dans le cadre européen.

En effet, dans le contexte actuel des accords andins et de l’ouverture intégrale du marché européen aux pays ACP, ce sont l’ensemble des productions agricoles des DOM qui sont menacées de disparition : la banane, le sucre, le rhum et le riz Guyanais.

Pour conclure, Monsieur le Premier Ministre, j’ai dit ce que l’Outre-mer attend, mais les élus des outre-mer que je représente et au-delà, les populations, ne peuvent accorder leur confiance à un gouvernement dont les orientations et les actes démontrent qu’il n’y a rien, en tout cas pas grand chose, à espérer !"

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Cliquez ici pour lire les 6 commentaires

  • L’Etat "inconstant" dans sa relation avec l’Outremer 27 novembre 10:25, par quès aco ?

    Il faudra s’habituer à un Etat de plus en plus constant dans l’inconstance et nous obliger à une constante cohérence entre nos décisions et l’acceptation des situations qu’elles engendrent.

    Répondre à ce message

  • Relation avec l’Outremer 28 novembre 09:04, par Gaston Binet

    Ce texte est un des millionièmes produis par un autre pratiqueur de la politique de la main tendue qui fait partie du paysage martiniquais. Ces pratiqueurs la ne sont pas des patriotes.

    Répondre à ce message

  • L’Etat "inconstant" dans sa relation avec l’Outremer 28 novembre 10:35, par Joseph Virassamy

    Dans ces conditions, monsieur le Senateur et néanmoins ami,

    toi qui milite pour un demi-larguage de la Martinique par la France, de quoi te plains-tu ? Puisque tu vois bien que ce larguage est anticipé financièrement par Bercy et Sarko(Il faut les comprendre : à force d’entendre une minorité de Martiniquais bien payés, gueuler à longueur de micros : Autonomie, Autonomie !!!)

    Le discours slencieux et sous-jacent n’est rien d’autre que ceci : eh bien les mecs, commencez à apprendre à vous demerder tous seuls, et faites pas ...chi.r.

    Ce n’est ni du Rabotage, ni du sabordage. C’est, monsieur le Senateur, de la bonne PE-DA-GO-GIE !!!!

    Joseph Virassamy

    Répondre à ce message

  • Que peut faire un chef d’etat responsable face à des "responsables" qui à longueur de journée disent qu’ils ne sont pas français mais qui dès qu’ils ont un different somme toute mineur demandent son arbitrage à ce chef dont ils contestent l’autorité.Que peut faire un chef de l’etat français face à des gens qui se disent martiniquais mais quand ils ont un probléme mineur (le curage de l’embouchure d’une riviére )vous disent que c’est de la compétence de létat français dont ils ne font pas partie.Que peut faire un chef de l’etat français face à des gens qui sont dans le seul pays du monde ou l’on réclame la libération d’un assassin au motif que condamné à perpétuité il doit étre libéré car il a passé assez de temps en prison.Que peut faire un chef de l’état face à des responsables qui se disent contre l’équipe de France de football ,mais qui par ailleurs sont profondément .......marseillais,parisiens,stephanois et même monégasques......Que peut faire......la litanie serait trop longue.Ce sont les mêmes qui en 2012 vous diront soit de ne pas voter aux élections présidentielles françaises qui ne les concernent pas,soit seront sur le comité de soutien de tel ou tel candidat ...ect.Ainsi va la Martinique que les atavismes de la colonisation ont rendu schizophrène.
    Bon courage à notre président,celui de tous les français domicilié à Paris.Il a rendu une décision comforme à tout ce qui vient d’être ecrit et ......tous nos responsables sont unanimement contents.Il a été consequent dans son inconsequence.Rappellons enfin à nos responsables cette citation connue du grand homme qui nous a verticalisés.Quand ô mon peuple cesseras tu d’ëtre le jouet sombre au carnaval des autres.A méditer.

    Répondre à ce message

  • Le jour où on arretera d’aller pleurer dans les jupes de l’Elysée et qu’on se bougera pour faire changer les choses par nous-même et avec les moyens qu’on a (qui même insuffisants, restent importants dans la mesure où on veut "vraiment" parvenir à des résultats), on fera peut-etre un pas en avant et on arretera d’etre la risée du Parlement.

    Répondre à ce message

  • Il ne fallait pas s’attendre à autre chose quand on a laissé une bandes d’abrutis insolvables encadrés par des fonctionnaires irresponsables, brailler "LA MATINIK CE TA NOUS etc..",quand,aussi, d’autres essaient sournoisement de transformer un vote populaire en vote pour l’autonomie .VOUS ETES A POIL !!! ,maintenant, messieurs les élus !!!

    Répondre à ce message


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