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Les manipulateurs et la collectivité unique de Martinique

Publié le 02/10/2010

La lettre du PALIMA ( Parti pour la Libération de la Martinique), 1er Octobre 2010

Pour surprenant qu’il puisse a priori paraître, le double discours du ppm, lors de la remise du rapport de la commission mixte sur la collectivité unique, ne s’inscrit pas moins dans le jeu de wèlto permanent de l’actuelle direction de ce parti, uniquement obsédée par la chasse aux postes. L’observateur honnête de la vie politique martiniquaise n’aura en effet pas manqué de noter que, depuis les congrès de 2002, le débat institutionnel n’aura été pour cette nouvelle droite qu’un champ de manœuvres pour accéder au pouvoir, au mépris des intérêts fondamentaux du pays. C’est cette même ligne du « ou wè-y ou pa wè-y » qui sous-tend ses positionnements actuels et éclaire le sens de la petite cabale du jeudi 16 septembre.

LES DISCOURS DE LA DUPLICITE

L’obsession du ppm consiste à vouloir prendre le Conseil Général en mars 2011. Le pouvoir d’abord ! Le pouvoir à n’importe quel prix ! Voilà le cap ! Tout le reste se voit subordonné à ce mirage forcené. Les sempiternels soliloques du président de Région sur le chômage et le développement, les lamentations théâtrales sur les difficultés de notre jeunesse ne constituent qu’autant de fragments de discours démagogiques dans une stratégie électoraliste qui se manifeste y compris dans « le plan de relance », lequel a grassement servi les communes amies et la « ville capitale ».

Ainsi, la déclaration du secrétaire général, préparée à l’avance, écrite, n’est ni une maladresse, ni la manifestation d’une absence de concertation au sein du parti et encore moins l’expression de la démarche solitaire d’un individu frétillant, ravi, dans les alizés « démocratiques » d’un parti dont chacun sait qu’il est personnalisé, voire « gourouïsé » à l’extrême.

Il s’agit, incontestablement, d’une manœuvre visant à alimenter la tension politique et à jeter le discrédit sur l’adversaire, à quelques mois des cantonales, avec la certitude que les accusations lancées seront copieusement et complaisamment relayées par les médias, sans analyse critique, et alimenteront in fine incompréhension et confusion dans les esprits.

Quant au fond, la déclaration du secrétaire général de l’ancien parti de Césaire frappe par son insignifiance politique et ses contre-vérités aussi lamentables que délibérées :

« (…) nous en sommes restés à une mosaïque de positions différentes, voire divergentes, dans lesquelles les clivages politiciens et les positions idéologiques, et sans doute revanchardes, ont pris le dessus sur ce qui devait constituer une vision haute de l’intérêt du pays… ».

A dire vrai, la commission mixte a adopté des positions largement consensuelles sur de nombreux points en débat : Le nom de la collectivité, la gouvernance de l’assemblée, les instances consultatives, les ressources de la collectivité, la fusion des administrations, les habilitations. Lors de sa séance supplémentaire du mardi 21 septembre, elle s’est prononcée –à l’unanimité- sur le nombre d’élus, le nombre de conseils consultatifs et le phasage de la mise en place des instances de la nouvelle collectivité (conseil exécutif et président de l’assemblée).

Seules trois questions n’ont pas pu donner lieu à un accord : Le mode de scrutin, les compétences et la date de mise en place de la collectivité.

Précisons cependant que, même sur le mode de scrutin, un accord a été trouvé sur le choix de la proportionnelle. Le ppm prévoyait en effet un scrutin mixte dont la part du vote uninominal aurait fait perdre l’acquis fondamental de la parité et de l’égale représentation des femmes et des hommes dans les instances politiques de notre pays. Par ailleurs, afin de favoriser ce consensus, le Groupe des Patriotes et Sympathisants a renoncé à sa proposition initiale d’une seule circonscription pour en accepter quatre. Le ppm, lui, s’est agrippé à la division de la Martinique en neuf tronçons dont les différences de poids démographiques et le manque de cohérence sociologique interpellent.

Il reste que, vu l’éloignement des positions de départ et l’acuité des affrontements de la période précédente, il faut avoir la langue et l’esprit fourchus pour déclarer, dans une hilarante grandiloquence, « l’échec de cette commission ».

L’intervention du président du ppm / président de Région, aux antipodes effarants de la déclaration de son secrétaire général, le même jour, en un même lieu, avait pour objectif de tenter de donner de lui une image de « rassembleur », de promoteur d’une « union sacrée » face aux « autorités françaises ». En fait, nul n’ignore qu’il en représente aujourd’hui le plus sûr relais, surtout depuis l’entrée en évanescence de la droite :

« Je découvre qu’il y a 13 points d’accord, ce qui n’est pas mal… Nous avons correctement fait des avancées remarquables ». « Nous avons correctement fait des avancées remarquables » … Comme on est loin de « l’échec » !

Ce scénario sans imagination, à la « Docteur Jekyll et Mister Hyde », dit bien à quel point la duplicité politique est ancrée dans la culture des dirigeants du ppm nouveau.

Enfin, les stratagèmes électoralistes du ppm s’alimentent à la source la plus pure de la pensée assimilationniste. Il n’est ainsi pas sans intérêt de souligner que dans ses propos, le secrétaire général du ppm a repris à son compte tous les vieux poncifs idéologiques de l’ère Rimise qui avait été utilisés contre Césaire : « aventure », « repli sur soi », « fragilisation des acquis », « opposition à la France ». Voilà donc la « voix forte et commune », « la vision haute de l’intérêt du peuple » qu’ils nous proposent ! Mais, le ronflant de la rhétorique ne garantit pas mécaniquement la profondeur et l’amplitude de la pensée…

LES FOSSOYEURS DE L’AUTONOMIE

Outre certains aspects du mode de scrutin (nombre de circonscriptions, prime à la liste arrivée en tête), la commission mixte s’est surtout heurtée à deux écueils majeurs, connus d’avance : La date de la mise en place de la nouvelle collectivité et la question de ses compétences.

Ces deux contradictions révèlent des conceptions de la politique, des visions éthiques, des rapports à la démocratie et au pouvoir difficilement conciliables.

Pour notre part, nous considérons 2012 comme une échéance raisonnable, suffisante, voire impérative pour l’installation de la nouvelle collectivité.

Les manœuvres du président de la région visent à renvoyer le terme de ce processus à 2014, soit plus de 4 ans après la consultation du 24 janvier 2010 et onze ans après celle de décembre 2003 ! L’actuel président de région porte une responsabilité personnelle et lourde dans ces années perdues pour la Martinique.

Cette position montre le niveau de mépris des dirigeants du ppm pour les électeurs qui, en janvier 2010, ont demandé la suppression de la région monodépartementale et la création d’une collectivité unique. Pourquoi faut-il donc attendre quatre longues années pour créer une collectivité unique, de surcroît dans le cadre de l’article 73 de la constitution française ? Cette position à elle seule montre la volonté de contourner le suffrage populaire.

L’évocation du « calendrier » parlementaire français (toujours la mentalité de soumission de l’oncle Tom !), de la « fusion des administrations », de la « concertation avec les personnels » constituent autant d’arguments prétextes qui ne résistent pas à l’analyse.

En effet, la « fusion » des deux collectivités ne pourra s’opérer concrètement qu’après la mise en place de la nouvelle collectivité unique. Tant que le Conseil Général et le Conseil Régional existeront, ils disposeront de deux présidents, de deux administrations et de deux budgets différents. Par contre, la commission mixte a préconisé, en page 10 de son rapport, ce qui suit :

« La commission a unanimement et expressément recommandé que la fusion des administrations fasse au plus tôt l’objet d’une étude d’un (ou de) cabinet(s) spécialisé(s), en concertation avec les représentants des personnels des deux collectivités ».

Le délai de 2 ans que nous proposons s’avère donc largement suffisant pour préparer cette fusion –« en concertation avec les représentants des personnels »-.

Pour le ppm, la perspective de 2014 correspond, on le sait, au projet de conquête (très hypothétique) du Conseil Général en mars 2011, au détriment des urgences liées à l’état de délabrement de notre pays et des difficultés rencontrées quotidiennement par la population martiniquaise.

Ces urgences sont politiques, économiques, sociales, culturelles, sociétales, humaines… Les sacrifier à des calculs de petit boutiquier révèle le niveau d’irresponsabilité de la direction actuelle du ppm, dans un contexte global qui exige une impulsion politique forte et de nouveaux instruments de développement. Ceux-ci, quoiqu’insuffisants dans le cadre de l’article 73 et du système colonial, pourraient mieux armer notre pays pour tenter de faire face à des défis qui, eux, n’attendent pas la fin du bal des moustiques.

Que l’on nous permette d’ajouter que ces contraintes ne nous sont pas seulement imposées par des facteurs propres à la Martinique mais aussi par la crise qui frappe le monde ainsi que par des enjeux planétaires, tel que le réchauffement climatique.

On voit donc bien dans quel camp se trouvent les fossoyeurs du progrès. Ce sont les mêmes qui, en décembre 2003, ont tout fait pour mettre en échec une première consultation populaire sur la collectivité unique. Ce sont les mêmes qui ont tenté de faire obstruction lorsqu’Alfred MARIE-JEANNE et Claude LISE ont convoqué les congrès qui ont conduit aux consultations de janvier 2010. Et ce sont encore les mêmes qui, aujourd’hui, veulent renvoyer la mise en place de la collectivité unique à l’horizon incertain de 2014… Si nous les avions suivis, nous serions exactement dans la même impasse que Victorin LUREL, président de la région Guadeloupe, ankayé dans la réforme des collectivités territoriales françaises.

RESPECTER LE CHOIX DU PEUPLE ET POURSUIVRE NOTRE TRAVAIL POUR LA SOUVERAINETE

Si « échec » de la commission il y avait eu, il aurait résidé dans l’avortement de la tentative du ppm de nous associer à une véritable forfaiture politique consistant à négocier avec Sarkozy de nouvelles compétences, dans le dos du peuple et en contradiction avec l’esprit et la lettre de la consultation du 24 janvier.

Ce mépris du vote populaire apparaissait déjà clairement dans une déclaration politique signée par le président du Conseil Régional, à Basse-Terre, le 17 juin 2010, sans débat préalable au Conseil Régional de Martinique, demandant –au nom de qui ?- de « nouvelles compétences » et « un pouvoir réglementaire autonome ».

Pour tenter de donner une consistance juridique à son entreprise, il évoque le caractère « sui generis » (qui appartient en propre à la chose dont il est question) de la nouvelle collectivité. Cette gymnastique argumentative, contestable juridiquement, s’avère absolument irrecevable sur les plans politique et éthique. La litanie pseudo juridique sur le statut « sui generis » ne saurait nous détourner de la réflexion politique.

En effet, le 24 janvier, la population avait été invitée à se prononcer sur « la création d’une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région tout en demeurant régie par l’article 73 de la constitution ».

Point n’est besoin de démontrer que nous ne sommes pas des adorateurs de l’article 73 de la constitution française. Point n’est besoin de préciser que nous nous sommes battus pour une autonomie dans le cadre de l’article 74, avec l’espoir de disposer de compétences plus larges pour notre pays. Point n’est besoin de rappeler qu’en alliance avec les békés la direction actuelle de ce qui fut, jadis, le parti de Césaire a été le principal fossoyeur de l’autonomie martiniquaise.

Mais, en démocrates, nous respectons le choix des Martiniquais. Mission ne nous a pas été donnée pour négocier en catimini (an ba fèy) des « compétences nouvelles » ou une quelconque « autonomie réglementaire », huit mois seulement après une consultation qui n’a certes pas répondu à toutes nos espérances mais qui exprime la volonté du peuple. Nous ne saurions par conséquent nous compromettre dans les stratégies de « konpè lapen » et la diplomatie de petits comploteurs du ppm dont l’attitude est synonyme de mépris vis-à-vis des Martiniquais. Nous avons toujours clairement dit à nos compatriotes qui nous sommes et ce que nous voulons. Nous ne participerons donc à aucun arrangement politicien dans leur dos.

De quelle éthique oseraient se réclamer des responsables politiques qui, après avoir demandé que le peuple se prononce sur une question, traite par-dessus la jambe sa décision et font ce qu’ils veulent ?

Cette manœuvre à courte vue serait un coup fatal porté à ce qui reste de crédibilité à l’action politique. Ce serait aussi un dangereux précédent au regard des principes démocratiques. Nous avons voulu cette consultation, nous devons en respecter et en assumer les résultats. Cette exigence porte aussi sur la mise en place de la collectivité unique dès 2012.

La convocation démagogique d’un congrès des élus départementaux et régionaux pour tenter de donner une couche de vernis démocratique à une remise en cause de la décision populaire ne changerait pas dans le fond la question. Seule, en effet, une nouvelle consultation du peuple martiniquais sur la question des compétences et du cadre pourrait permettre de revenir sur le choix du 24 janvier 2010 qui portait sur « la création d’une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région ».

Le processus de responsabilisation politique d’un peuple ne se construit pas en recourant à des stratégies de ruse et de manipulation du peuple que l’on prétend responsabiliser. Le contrat que nous avons avec notre peuple est un contrat de vérité, de transparence et de respect de sa parole. Nous nous y tiendrons, tout en continuant à œuvrer partout pour sortir notre pays de la situation coloniale et ériger, à terme, un Etat martiniquais. Nous ne laisserons pas le destin de notre nation entre les griffes des affairistes et des manipulateurs.

Francis CAROLE, Clément CHARPENTIER-TITY

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  • Le coup fatal à la crédibilité de l’action politique martiniquaise a été porté depuis bien longtemps par votre ancienne majorité… inaction, pourrissement, démagogie, populisme, déresponsabilisation, endoctrinement forcé, etc, etc… Le PPM n’est là que depuis 6 mois… et déjà accusé de tous les maux ? Un peu de patience, les échéances électorales vont venir… et le peuple, qui a une mémoire, saura vous redire ce qu’il vous a déjà signifié…

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  • Eh bien OUI Messieurs Carole et Tity ils ne vous restent plus qu’à pleurer. Sniff !

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  • Francis Carole est un camarade que je respecte beaucoup ; d’ailleurs si les dirigeants du MIM l’ont mis en position éligible sur leur liste, c’était pour leur ajouter un peu plus de crédibilité.Il a souvent des analyses pertinentes, sauf lorsqu’il se laisse emporter par le sentiment plus que par la raison.A priori il est mieux placé que ceux du MIM pour faire des observations sur le comportement du PPM. Mais il pêche par sentimentalisme ; un vrai nègre ! la raison est hélène et le coeur est nègre, n’est-ce pas Francis. Je voudrais donc relever dans son discours ce qui n’aurait jamais du y figurer. Quand il parle de PPM nouveau, de quel droit porte-t-il un tel jugement ? lE NéoPPM de Lise qualifié de RDM serait-il plus référent à Césaire que le groupe de camarades qui sont restés au côté de Aliker ? Ce genre d’allusions diminue la véridicité de son discours.Il y a des citoyens qui disent que les réunions du Palima, Carole les fait dans une cabine téléphonique ; c’est grossier et désobligeant.Un autre élément gênant de son article : quand il traite Letchimi de gourou qui parle sans consultation préalable à Basseterre au nom de la Région ! soyons un peu sérieux.Francis oublie l’affront que nous avions ressenti dans "l’espace indépendantiste" quand AMJ est allé faire l’alliance de la carpe et du lapin , sans daigner nous mettre au courant,avec les deux autres présidents des régions de Guadeloupe et Guyane ;Malsa était devenu furibond et nous l’avions tous vécu cher Francis comme la gifle d’un BoKassa.Enfin quand il parle de l’autonomie ratée ; mais de quoi parle-t-il ? Quans est-ce que le colonialisme français a négocié un statut d’autonomie avec les martiniquais ? là je suis déçu.fRANCIS, tu étais encore au CNCP quand nous avions signé le manifeste indépendantiste de 1998 ; Relis le ; mais relis le franchement et dis moi si tu trouves que les indépendantistes ont respecté cette bible de la démarche de la revendication nationale.Dis moi quel parti est le plus en phase paradoxalement avec ce manifeste. Relis bien chaque alinéa et dis-moi sincèrement si l’autonomie étape que propose ce texte a quelle que chose à voir de près ou de loin avec le plus d’autonomie dans une voie de garage que proposait l’article 74 ; Essayons d’être positif pour notre peuple dont tui étais fier de l’existence au Congrès et qui doit retrouver par effacement de l’alinéa3 de l’article 72 sa nature de peuple. Voilà un sujet plus intéressant que les cancans dont on nous révèle l’existence à tort et à travers.Méfie-toi, ne soutire pas tout le temps tes compères du MIM. Tu excuseras mon franc parler mais je ne me cache pas pour dire ce que j’ai à dire. la preuve je signe mon texte de mon propre nom ; je sais que ceux du MIM ne m’en veulent pas parce que ce que j’écris, c’est la même chose que je leur dis en discutant avec eux en toute amitié ;nous ne sommes pas là pour nous déchirer mais pour faire corps en face de l’Etat centralisateur ! salut

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  • PALIMA, cette loge kolkhozienne insignifiante qui a dirigé la Région avec le MIM durant 12 ans et qui a fait de la Martinique une épave économie, ose donner des conseils aujourd’hui.

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  • Les manipulateurs et la collectivité unique de Martinique 3 octobre 08:22, par Ouvè zié zott

    Il y’a un peu plus de trente ans ces gens se réclamaient de l’héritage de Louis Telgard ; "ICH TEGA" pouvions-nous voir tagué sur des murs et autres supports dans le sud de la Martinique et signé par les militants du M.I.M - (Telgard était un des chefs de l’insurection de 1870) - Après l’éviction de Negouai ou de Pulvar, les vrais indépendantistes alors dans ce parti, il est devenu une machine électoraliste à la gloire d’El commandante, et à placer des "poulains" -

    Ce parti qui se prétendait insurectionel, anti-colonialiste, et indépendantiste veut s’en remettre au chef de l’état français (Etat jacobin et centralisé s’il en est) pour regler des problèmes institutionnels à l’échelle martiniquaise -

    Telgard où es tu ? Negouai qu’en penses tu ? Et Pulvar de là où tu te trouves, tu te dois te dire : je ne pouvais plus en être de ce "machin" -

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  • « Nous ne laisserons pas le destin de notre nation entre les griffes des affairistes et des manipulateurs ».

    Mesurons la violence des mots ! Ce discours saignant nous apprend que la Martinique pourrait connaître le pire destin à l’occasion du changement de statut qu’on lui concocte. Tout dépendrait, dit-on, à qui ce destin serait remis. Dans certaines mains ce serait catastrophique, dans les autres la catastrophe serait plus grande encore. Attention Messieurs, vous faites peur aux Martiniquais ! Les accusations pleuvent : fossoyeurs », « forfaiture » …

    D’après le Palima, nous serions conduits vers l’autonomie par des « Docteur Jekyll et Mister Hyde », des « fossoyeurs de l’autonomie », des fossoyeurs du progrès », des élus porteurs de « stratégies de ruse et de manipulation du peuple » et qui, pour couronner le tout, seraient coupables de « forfaiture ». Autant de dénonciations qui sont corroborées par les autres satellites du MIM.

    L’autonomie qu’on nous annonce serait donc pire que l’indépendance que le Palima nous prépare. Lorsqu’on considère les retours de compliments en provenance de ceux d’en face et que tout ce beau monde totalise près de 90% au sein des collectivités, on a froid dans le dos. Oui, MM les autonomistes et indépendantistes, vous donnez aux Martiniquais des raisons d’avoir peur.

    Il faut sauver le texte frappé du « déni de démocratie »

    On peut lire pour dénoncer l’adversaire : « Le pouvoir d’abord ! Le pouvoir à n’importe quel prix ! » Quelle hypocrisie ! C’est pour être au pouvoir en 2012 ou 2014 qu’on se scotche sur la position du seul homme qui peut amener son camp à la victoire. Or que dit cet homme ? Que le contenu de l’article 74 dont il a été à l’initiative, avec le Palima, le Rdm, le Pcm et les autres, ne doit pas être, par quelque moyen que ce soit, introduit dans les compétences du futur statut. Ainsi des hommes qui se sont battus pour des mesures autonomistes contenues dans le 74 sont les mêmes à s’opposer aujourd’hui à l’application de quelques-unes de ces propositions. Au nom de quoi ? Au nom du respect du vote d’un texte voulu par le Président de la république (« l’oncle Tom », disent certains) et non par les élus du congrès. Un texte qui, dans un premier temps, avait été accusé de « déni de démocratie ». Et puis, est-ce le rôle de partis révolutionnaires, anciens adeptes de la formule « élections pièges à cons », de mettre le droit et le doigt en travers de la décolonisation ?

    Seule la Droite pourrait légitimement dénoncer cette politique

    Serge Letchimy peut être suspecté de vouloir détourner le vote des électeurs et de bafouer la démocratie, pas de manquer de cohérence politique. L’objectif de l’ancien et du nouveau président de région est le même. Les signes en sont le refus de la norme départementale et régionale, le refus du drapeau français, la reconnaissance de la nation martiniquaise... Ce côté nèg mawon de la république, appellation que bien d’autres revendiquent, est plutôt compatible avec la politique proclamée par les autonomistes et les indépendantistes. Bien silencieux aujourd’hui, seuls les élus de droite opposés à cette politique de rupture peuvent légitimement dénoncer ses tenants.

    Le moratoire des nouveaux 73zistes

    Par ailleurs, si on est soucieux du respect de la volonté populaire, cette volonté clairement exprimée devrait inciter à annoncer officiellement que l’on renonce au projet de changement de statut ou, à tout le moins, qu’on en appelle à un nouveau moratoire. Quand à l’accusation d’assimilationniste que chaque camp renvoie à l’autre, qui ne possède pas dans son cerveau un petit coin de mémoire vive qui serait la « source la plus pure de la pensée assimilationniste » ? Certainement pas ceux qui sont jalousement attachés au statut de la fonction publique française et, plus encore, à la traduction coloniale de ce statut par son emblématique prime de vie chère, laquelle entretient une injustice légale.

    « De longues années perdues par la Martinique » (Palima)

    Il est exact qu’au terme de « longues années perdues pour la Martinique », selon l’aveu du Palima, où notre pays s’est perdu en élucubrations statutaires, rien ne devrait s’opposer à la mise en place d’une nouvelle collectivité. « Pourquoi faut-il donc attendre quatre longues années pour créer une collectivité unique », dit ce parti ? La réponse à cette juste question est simple : ces années sont plus longues pour les uns que pour les autres, selon qu’on soit ou non au pouvoir. Là encore, il s’agit d’un enjeu de pouvoir, seul AMJ peut conduire son camp à la victoire. Serge Letchimy le sait et ne veut pas faire de cadeau à son aîné de plus de 20 ans.

    Des échanges de compliments à effet boomerang

    Quand on déplore « les manœuvres du président de la région », l’accusation peut faire sourire, car en politique il n’y a pas de président sans manœuvre. C’est même une aptitude dont sont le mieux pourvus les élus martiniquais. Dénoncer ceux qui ont « toujours la mentalité de soumission de l’oncle Tom », n’est-ce pas la critique qu’on peut retourner aux amis d’AMJ après sa récente déclaration de soumission à Sarkozy ? Ainsi, « négocier avec Sarkozy de nouvelles compétences », davantage que se soumettre à ses décisions, serait « une véritable forfaiture politique », ose-t-on sans angoisse. Or depuis 2003, tout est négocié directement entre les élus et les présidents de la République successifs. Depuis Sarkozy c’est carrément « l’Elysée portes ouvertes ». Peu d’élus nationaux fréquentent autant que nos représentants les couloirs du Château. Par ailleurs, « la convocation démagogique d’un congrès » rappelle des souvenirs. Mais on serait plus édifié encore si l’on obtenait enfin que le vote du congrès ait lieu à bulletin secret.

    Yves-Léopold Monthieux, le 3 octobre 2010

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  • Les politiques donnent de la voix. D’après ce que je crois comprendre, le MIM amis et alliés, les déçus des dernières élections, ne sont pas contents. D’après eux, Letchimy ose prétendre marcher sur leurs plates-bandes, je veux parler du 74. Crime de lèse- majesté « Tu restes dans ton 73 et surtout ne viens pas dans notre 74 parce que tu n’y as pas droit. Bien voté, c’est bien voté. D’ailleurs, nous allons nous battre pour garder également le 73 pour nous. Pas question de le toucher ».

    Le citoyen lambda que je suis perd son créole. Le PPM lorgnerait vers le 74 propriété privé du MIM qui ne supporte pas d’intrus dans sa chose, mais ne veut pas non plus que l’on touche au 73, qui est à ne pas en douter, sa chasse gardée également.

    Que le PPM se le tienne pour dit : Toute évolution proposée par lui, subira les foudres du MIM qui ira se plaindre au grand bwana de France, le bon papa blanc.

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