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Nouvelle Calédonie : Nouméa de nouveau à Matignon

Publié le 06/12/2012

François Hollande s’est posé en "héritier" et en "garant" de l’accord de Nouméa de 1998 qui trace le devenir politique de la Nouvelle-Calédonie, en recevant mercredi à l’Elysée les responsables de cette collectivité au Pacifique dotée d’une très large autonomie.

"Je suis à la fois l’héritier et en même temps le garant de la parole donnée dans l’accord de Nouméa", a déclaré le président de la République, rappelant son "attachement" à la démarche de "dialogue respectueux" initiée par cet accord.

Parlementaires, présidents du gouvernement, du Congrès, des provinces (Nord, Sud et Loyauté) et du Sénat coutumier de Nouvelle-Calédonie sont à Paris pour participer jeudi à Matignon au 10e comité des signataires de cet accord.

Conclu dix ans après l’accord de Matignon (1988) ayant mis un terme aux tensions sur le Caillou et refermé la page du drame d’Ouvéa — qui avait vu la mort de 19 militants kanak et de deux militaires — , l’accord de Nouméa prévoit le transfert progressif des compétences non régaliennes et surtout l’obligation d’organiser entre 2014 et 2018 un référendum d’autodétermination.

"Je veillerai à ce que l’Etat soit présent pour vous accompagner dans vos réflexions tout en vous laissant la responsabilité de la décision", a souligné François Hollande.

"Ce qui a été possible de faire en 1988 puis en 1998, tout cela doit nous donner confiance : si vous avez été capables de conjurer la défiance et la violence, vous devez être capables de faire le même effort pour la suite", a-t-il déclaré.

La "coutume", échange symbolique de cadeaux dans la tradition kanak, a été respectée. Le Sénat coutumier calédonien a offert au président "les symboles de leur pays" et en retour, M. Hollande a offert des assiettes en porcelaine de Sèvres, remises par le ministre des Outre-mer Victorin Lurel.

"La porcelaine, c’est beau mais c’est fragile, comme un accord. Nous devons regarder ce présent pour ce qu’il est, un cadeau, et pour ce qu’il peut devenir, une capacité à vivre ensemble", a insisté le chef de l’Etat.

Il a rendu hommage aux personnalités politiques qui ont contribué à "renouer" les fils du dialogue dans les 25 dernières années : le leader indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, Michel Rocard, Premier ministre au moment des accords de Matignon, mais aussi Lionel Jospin et Jean-Jack Queyranne —tous deux présents — qui ont oeuvré à la conclusion de l’accord de Nouméa.

Saluant la "famille de la Nouvelle-Calédonie réunie ici", le président Hollande a évoqué les "nouvelles étapes" et notamment le menu de la réunion du lendemain, appelant à la "recherche du consensus, pas toujours si simple".

Le chef de l’Etat a parlé de "l’urgence" qui représente "la lutte contre la vie chère", dans une collectivité de quelque 250.000 habitants où les prix à la consommation sont en moyenne 34% plus élevés qu’en métropole.

Il a aussi énuméré "les transferts de compétences", la "lutte contre les inégalités", "l’avenir du nickel" et "l’avenir institutionnel".

Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, présent à l’Elysée, a préparé le terrain de ce 10e comité lors d’un déplacement fin novembre.

A l’Assemblée nationale mercredi après-midi, il a répété que le cadre serait "l’accord de Nouméa, rien que l’accord de Nouméa mais tout l’accord de Nouméa".

"Le Premier ministre vous dira quel sera le message de l’Etat et croyez moi, il est réjouissant", a-t-il aussi lancé de manière sibylline.

M. Lurel a rappelé que les "sujets qui font dissensus" avaient été intégrés dans un ordre du jour comme la création d’une autorité de la concurrence ou les signes identitaires "qui peuvent être passionnels" à commencer par le drapeau.

Source : Ministère de l’Outremer

Cliquez ici pour lire les 5 commentaires

  • Nouvelle Calédonie : Nouméa de nouveau à Matignon 7 décembre 09:02, par SHAKA (Gwakafwika)

    François Hollande se portant garant des accords de Nouméa peut-être mais l’Etat français n’est certainement pas neutre sur cette affaire. Les socialistes au pouvoir contrairement à l’UMP de Sarkozy hypocrites, ça c’est sûr ! Car en réalité, la France sous les socialistes veut également la Kanaky-Nouvelle-Calédonie sous le joug français.
    Entre 2014 et 2018, il y aura néanmoins un référendum pour une indépendance éventuelle. Cette indépendance aurait assurément vu le jour, si les kanaks étaient MAJORITAIRES dans leur pays mais depuis les années 1980, la France a entamé un processus de CALDOCHISATION à outrance dans ce pays. En effet, lorsque nous voyons des images de ce pays, nous demandons parfois si nous nous trouvons en Dordogne ou dans le Limousin. Par conséquent, sauf incroyable retournement de situation, la Kanaky ne sera pas un Etat souverain. Au pire, ce sera un pays proche de l’indépendance mais pas indépendant complètement.
    En regardant la situation de la Kanaky, je ne peux m’empêcher de penser à mon pays la Guadeloupe. Dans les années 1980, nous avons mené cette même lutte de décolonisation que nos amis kanaks. Plus de 30 ans plus tard, la Kanaky sera presque un Etat indépendant alors qu’en Guadeloupe, nous sommes encore à discuter sur une petite évolution institutionnelle (collectivité unique ou assemblée unique).

    Répondre à ce message

    • Citation :
      "Entre 2014 et 2018, il y aura néanmoins un référendum pour une indépendance éventuelle. Cette indépendance aurait assurément vu le jour, si les kanaks étaient MAJORITAIRES dans leur pays mais depuis les années 1980, la France a entamé un processus de CALDOCHISATION à outrance dans ce pays. En effet, lorsque nous voyons des images de ce pays, nous demandons parfois si nous nous trouvons en Dordogne ou dans le Limousin. Par conséquent, sauf incroyable retournement de situation, la Kanaky ne sera pas un Etat souverain. Au pire, ce sera un pays proche de l’indépendance mais pas indépendant complètement. "

      Les apparences ne sont pas toujours des évidences.

      En effet, si l’on consulte avec soin l’ article 208 du projet de loi :

      Restriction du corps électoral

      nous pouvons lire, entre autres :

      a) avoir été admis à participer à la consultation du 8 novembre 1998 : c’est-à-dire avoir rempli la condition fixée par l’article 2 de la loi référendaire du 8 novembre 1998, soit une condition de domiciliation de dix ans en Nouvelle-Calédonie de 1988 à 1998 ;

      b) avoir rempli les conditions requises pour participer à la consultation du 8 novembre 1998 : à savoir, à défaut d’avoir été inscrit sur les listes électorales pour cette consultation, avoir satisfait à la condition de domiciliation requise pour y participer. Il se peut en effet qu’un certain nombre de personnes, remplissant les conditions pour voter lors de cette consultation, n’aient pas été inscrites sur les listes électorales, cette inscription n’étant pas alors automatique ;

      c) justifier que les interruptions dans la continuité de domiciliation en Nouvelle-Calédonie entre 1988 et 1998 étaient dues à des raisons familiales, professionnelles ou médicales n’ayant pas permis l’inscription sur la liste électorale en vue de la consultation du 8 novembre 1998 : notons que le projet de loi organique ajoute les raisons médicales qui ne figurent pas au point 2.2.1. de l’Accord de Nouméa, sans pour autant trahir l’esprit de cet accord ;

      d) avoir eu le statut civil coutumier ou être né en Nouvelle-Calédonie et y avoir eu pendant une durée suffisante le centre de ses intérêts matériels et moraux : observons que la notion de " durée suffisante " ne figure pas au point 2.2.1. de l’Accord de Nouméa mais traduit son esprit ;

      e) avoir le centre de ses intérêts matériels et moraux en Nouvelle-Calédonie et avoir l’un de ses parents, c’est-à-dire son père ou sa mère, qui y est né ;

      f) justifier d’une durée de vingt ans de domicile continu en Nouvelle-Calédonie à la date de la consultation et au plus tard le 31 décembre 2014 : la rédaction de cet alinéa a été modifiée par l’Assemblée nationale, sur proposition de sa commission des Lois et avec l’avis favorable du Gouvernement, pour corriger une erreur matérielle qui s’était glissée dans l’Accord de Nouméa. Cet accord mentionne en effet la date de 2013 alors que la consultation ne pourra intervenir avant le début du quatrième mandat du congrès, c’est-à-dire en 2014 ;

      g) être né avant le 1er janvier 1989 et avoir eu son domicile en Nouvelle-Calédonie de 1988 à 1998 ;

      h) être né à compter du 1er janvier 1989 en Nouvelle-Calédonie, avoir atteint l’âge de la majorité à la date de la consultation -condition indispensable à l’exercice du droit de vote- et avoir son père ou sa mère qui satisfaisaient aux conditions pour participer à la consultation du 8 novembre 1998.

      Notons que l’Accord de Nouméa manquait de précision puisqu’il visait les enfants nés " avant 1988 " ou " après 1988 " et ne traitait donc pas du cas des enfants " nés en 1988 ". Le projet de loi organique comble cette lacune.

      Le dernier alinéa précise, comme le faisait l’article 2 de la loi référendaire du 9 novembre 1988 mais de façon plus complète, que sont réputées avoir conservé leur domicile en Nouvelle-Calédonie les personnes qui y étaient domiciliées avant d’accomplir le service national, de suivre des études ou une formation hors de la Nouvelle-Calédonie ou de s’en être absentées pour des raisons familiales, professionnelles ou médicales.

      Comme à l’article 177 où cette dernière mention figure également, votre commission des Lois vous soumet un amendement tendant à clarifier la rédaction de cette disposition pour préciser que les périodes passées en dehors de la Nouvelle-Calédonie pour les motifs susvisés ne sont pas interruptives du délai relatif à la condition de domicile appréciée à la date de la consultation.

      Elle vous propose d’adopter l’article 208 ainsi modifié.

      (Ensemble consultable sur le site du sénat)

      En résumé, ne participera pas à cette future consultation qui veut .
      Dans ce cas précis, les nouveaux arrivants des années 2000 ne devraient pas être synonyme de nouveaux électeurs ou d’électeurs en plus.

      Surtout, reprenez moi si je me trompe.

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      • Nouvelle Calédonie : Nouméa de nouveau à Matignon 7 décembre 20:00, par SHAKA (Gwakafwika)

        Ne vous inquiétez pas, je suis parfaitement au courant de ces dispositions émises par cette loi organique. Pour participer donc au référendum pour l’indépendance, il faut justifier d’avoir habiter la Kanaky entre 1988 et1998. Oui mais là où cela devient intéressant c’est lorsque la loi organique dit qu’on peut justifier 20 ans de domicile continue au plus tard au 31 décembre...2014. Si vous faites le calcul 2014-20 = 1994. Donc entre 1988 et 1994, des français ont continué à entrer en masse. Et plus beau encore, un français qui n’a jamais mis les pied en Kanaky peut participer à ce référendum si l’un de ses parents y est né !! Alors quand vous prenez ces conditions et vous ajoutez les caldoches qui étaient là avant 1988, cela fait du monde.

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  • travail très sérieux

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  • C’est très Authentique ce que tu dis SHAKA (Gwakafwika),c’est vrai que pendant ce temps ils arrivent en masse et s’appropries le pays Kanaky , et imposes leur culture et leur mentalité en détruisant celle des kanakys , le même phénomène est en train de ce faire avec une accélération grandissante dans les autres iles de l’outre mer Français notamment aux Antilles .Ce n’est pas que je suis contre eut, mais c’est que dans les outre mers Français qu’on peut voir ce phénomène.

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