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Photovoltaïque à Sainte-Marie : un signe de déclin

Publié le 28/10/2010

Dans sa lettre de liaison intitulée "le petit Lagro", le Balisier (division territoriale du PPM) Joseph Lagrosillière de Sainte-Marie revient sur la question de l’occupation de terres agricoles par l’installation de "fermes" photovoltaïques.

Photovoltaïque à Sainte-Marie : un signe de déclin agricole et culturel

"On pourrait penser en ces temps de disette que certains naïfs croient encore que le photovoltaïque sur terrain agricole est ou constitue une évolution vers l’autonomie énergétique. C’est souvent présenté comme cela (voir le maire de Ducos). Corriger ce mensonge, cette anomalie, ce n’est pas une mince affaire car les mérites du photovoltaïque ont tellement été vantés au détriment de la productivité des terres agricoles de même que l’on oubli volontairement les limites et recommandations de la loi.

Ce qui se passe actuellement est de la pure spéculation financière. La location de terres agricoles est une solution particulièrement avantageuse pour l’exploitant : le prix proposé est supérieur à son revenu agricole. « Pa fè nou pran dlo mousache pou lète ».

Chacun sur ce petit bout de territoire tente de tirer son épingle du jeu et gère son confetti, sa portion de terrain avec la complicité des communes engoncées dans des opérations douteuses. Sans se préoccuper de l’avenir, ni mettre en place une véritable protection et politique agricole.

Il aurait fallu être aveugle pour nier que le site de Sainte Marie est un très beau terrain agricole mécanisable. Les samaritains découvrent non pas la lune, mais une pluie de bizarreries : Dans 10 ou 20 ans que deviendront ces panneaux et comment va-t-on s’en débarrasser ? Une taxe écologique citoyenne sera-t-elle créée pour payer le recyclage ? Les samaritains ne savent pas à quel pourcentage de perte-rendement sont-ils remplacés et s’il s’agit de recyclage valorisation ? Ces panneaux contiennent des substances dangereuses : tellure de candium et arséniure de gallium. Dans 20 ans le terrain n’aura aucune valeur. Sauf pour le bétonnage. Opération double pour le propriétaire.

Il y a-t-il eu une véritable information aux élus sur ce dossier afin d’envisager les « possibles et non-possibles » ? Le Conseil municipal a-t-il été consulté et entendu avant la prise de décision ? Ou est-ce la décision unilatérale du « maire que je suis » ? Nous sommes curieux de connaitre la position du deuxième adjoint dit agriculteur et qui pérorait avec son comparse (Jivé) sur le bitume revendiquant des subventions européennes ? On en arrive presque à se demander si la Mairie a pour objectif de protéger et de préserver le patrimoine agricole de la commune ou son contraire. Selon radio « bois patate »il se dit que les services municipaux donnaient un avis défavorable pour cette opération de spéculation financière pendant qu’un ou des élus passaient outre.

Les samaritains sont en droit de se demander si l’édilité est passé par la commission de reclassement qu’elle préside ? Sauf erreur de notre part, c’est le maire qui détient la signature. Et les formalités administratives sur ce dossier auraient-elles échappées à la sous- préfecture ?

Donc sur un terrain reconnu exploitable aucune autorisation ne devrait être donné pour des photovoltaïques au sol. Après l’urbanisation galopante sur la zone, voilà aujourd’hui sous couvert de lutte contre le changement climatique et de développement des énergies renouvelables la création de revenus complémentaires pour un propriétaire qui ne tient pas compte de l’environnement et de la préservation de la biodiversité.

Selon l’article R.123-18 du code de l’urbanisme applicable aux PLU et POS, les zones A (ex NC) sont des zones des zones de richesses naturelles à protéger en raison, notamment, de la valeur agricole des terres ou de la richesse du sol ou du sous- sol. Ces zones ne peuvent donc accueillir que les constructions liées ou nécessaires à l’activité agricole ou les constructions qui ne portent pas atteinte à la vocation rurale et naturelle de la zone.

Aussi nous sommes en droit de nous demander s’il ne faut pas intégrer dans les documents d’urbanisme, tel que les PLU un plan d’occupation des toitures (POT). Plan qui ferait l’inventaire des bâtiments publics et privés qui auraient vocation à recevoir ces panneaux.

Dans ce plan on inclurait les HLM, Stades…etc. S’agissant du Conseil Régional et du Conseil Général ces collectivités délivrent des autorisations d’occupation de voirie et dispose d’un pouvoir de police sur le domaine routier. Elles devraient utiliser ce pouvoir pour faire échec à l’installation des réseaux nécessaires à la connexion de ces industries solaires.

Dans le SAR un zonage stricte doit être établit pour l’implantation de cette nouvelle industrie de production d’électricité d’origine solaire. Une mesure parfaitement réalisable sur le plan juridique et contrôlable sur le plan technique.

Au fait dans le cas d’une faillite, les terrains retrouvent-ils automatiquement leurs vocations agricoles ? De ce fait, il nous semble important de protéger l’activité agricole dans ses composantes sociales, productives et paysagères. Préserver une couronne maraîchère à proximité des zones urbaines et transformer les modes de production vers une agriculture durable respectueuse de la terre.

La menace sur l’équilibre agricole pointe du nez et l’artificialisation des terres agricoles est en marche. Ces terres vont perdre leur fonction agricole de façon irrémédiable. "

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  • Posez-vous la question du pétrole, que nous importons, qui contient davantage encore de produits et déchets toxiques, produits déversés par tonnes quotidiennement sur nos terres, dans l’air, ruinant la santé des personnes qui vivent à proximité des lieux de rejets, routes, centrales ou générateurs électriques… ruinant une agriculture qui se veut saine et performante… contribuant au réchauffement climatique et aux désordres climatiques qui l’accompagne…

    Il est bien évident qu’il faut encourager le développement d’énergies renouvelables et alternatives au pétrole ! Il est évident qu’il faut aménager cette production au profit de TOUS… Mais pour le moment, entre une ferme photovoltaïque et la dépendance mortifère au pétrole… il n’y a pas photo ! Ces panneaux, soudain "dangereux" selon vos dires, sont à 98% recyclables… puisqu’en grande partie en verre et métaux et ne produit aucun polluant en fonctionnement… La production de la Sara est-elle recyclable ?

    Vous mentez pour des raisons des plus fallacieuses… loin de la concertation qui permettrait à tous d’avancer vers le progrès dans notre île ! La terre agricole n’est et ne sera jamais en danger en Martinique… à part quand on détruit cette même terre pour des siècles avec le chlordécone ! L’agriculture martiniquaise souffre avant tout de ses monocultures intensives polluantes ! Et de ses friches… inexploitées !

    Ces champs photovoltaïques ont besoin de surface… or justement… il est possible de les exploiter au sens agricole… en dessous !!! Pour cela il faut savoir regarder, chercher, se concerter et surtout avoir une vision de développement à proposer !

    Vous vous drapez dans la loi pour cacher votre immobilisme qui a tétanisé toute cette île depuis trop longtemps !

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  • Cet article est plein de bonnes idées mais ressemble à la production d’un candidat en campagne. Reste qu’il met à nouveau en évidence le manque d’expertise des meilleurs spécialistes martiniquais. C’est une occasion manquée de plus de montrer le savoir-faire des élus de la collectivité en leur capacité à accéder à l’autonomie. Ils n’ont pas le souci de montrer aux Martiniquais cette capacité. Accorder à profusion et sans examen préalable sérieux des avis favorables à la construction de fermes photovoltaïques, dont la validité et la pertinence sont remises en question à la première manifestation de l’Assaupamar, s’inscrit dans la logique électoraliste habituelle de la gestion martiniquaise. Battre en retraite presque systématiquement en disant « ce n’est pas moi, camarades, c’est le préfet ! », ce n’est pas une logique de responsabilité et de courage politique.

    Prend-on le chemin de la sortie d’une aussi grave politisation de la décision locale ? On peut en douter s’il est vrai qu’à travers les lignes de ce papier avisé transparaît une rivalité électorale. C’est à ce niveau qu’on peut mesurer le talent de nos élus. Les enjeux de la ville de Ste Marie dont la position politique est au centre de toutes les convoitises pourraient avoir commencé de se clarifier.

    Le photovoltaïque était passé inaperçu au moment des prises de décision où il n’était alors question que d’économie et de production locale, mais dans cette configuration politicienne il est bien plus parlant pour les élus, de sorte qu’il s’est d’ores et déjà invité dans la campagne des futures cantonales. Grâce ou à cause de l’Assaupamar and co.

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  • Jadis présenté comme la panacée à la dépendance énergétique totale de notre pays , voilà qu’aujourd’hui le photovoltaïque est décrié parce qu’il compromettrait tout développement agricole crédible et toute future autosuffisance alimentaire .

    On a d’autant plus de mal à s’associer aux tardives protestations qui ont lieu au sujet de l’ouverture de ces fermes photovoltaïques , que d’une part, en réalité elles n’occuperaient tout au plus que…0,28 % de la surface agricole utilisée actuellement (70 / 25 000 x 100) et beaucoup moins encore par rapport à la surface agricole utile étant donné que la capacité d’achat d’énergie alternative par EDF est de l’ordre de 70 méga watts, soit 30 % de la production énergétique actuelle et qu’un hectare couvert en panneaux photovoltaïques produit environ 1 méga watt de courant électrique, et que d’autre part, une directive européenne transposée dans le droit national , interdisant la construction de fermes photovoltaïques sur des terres agricoles, offrait aux adversaires irréductibles l’opportunité de saisir le juge administratif aux fins d’annuler les délivrances de permis successifs accordés par l’administration, au lieu de se réveiller lorsque les chantier eurent démarrés .

    Difficile donc de comprendre qu’un projet de développement de l’agriculture, à supposé qu’il existe , ne puisse voir le jour au motif que moins de…1 % des terres agricoles serait recouverte de panneaux photovoltaïques .

    Il reste aux réfractaires qui s’offusquent devant l’érection prochaine de ces fermes photovoltaïques, plus de…99 % de terres agricoles pour mettre en œuvre un projet crédible, intégré et viable de développement agricole .

    Par ailleurs, ceux des élus qui s’insurgent que, dans les faits, le Schéma d’Aménagement Régional n’est pas juridiquement opposable parce que la police de son respect est entre les mains du préfet qui ne se gêne pas pour le pourfendre à la moindre occasion, envisagent le plus sérieusement du monde d’élaborer un document similaire, dénommé Schéma Régional de Développement des Energies Renouvelables, dont on peut penser que sa police serait également entre les mains du préfet étant donné qu’il procèderait du SAR qui lui ait supérieur .

    Dès lors, quel serait l’utilité de ce nouveau Schéma si la police de ce dernier devait revenir au représentant de l’Etat  ?

    Dans toute cette saga, le plus cocasse, c’est que les élus prétendent vouloir mener une politique qui tendrait vers l’indépendance énergique mais semblent vouloir opter pour un mode de production d’énergie alternative intermittente alors qu’il en existe qui sont non intermittentes puisqu’ils préconisent la pose des panneaux photovoltaïques sur les toitures en lieu et place des terres agricoles.

    Décidément, on aura tout vu, tout entendu à l’occasion de cette polémique sur l’implantation des fermes photovoltaïques .

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