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Arbitrage de l’Elysée : le jugement de Salomon

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Publié le 08/11/2010

Les orientations qu’auraient proposées Nicolas Sarkozy appellent les observations suivantes :

L’année 2013 serait donc la date proposée pour la mise en place de la collectivité unique. La poire est coupée en 2 : moitié pour Marie-Jeanne, moitié pour Letchimy. L’idée de juristes parfois éminents selon laquelle il serait impossible de mettre fin à un mandat électoral en cours serait ignorée par l’Elysée. Ainsi les futurs élus du conseil général (2011) pourraient voir leurs mandats ramenés de 3 à 2 ans et ceux des conseillers régionaux 2010) de 4 à 3 ans. C’était déjà le cas en 1986. Elue en 1983, l’assemblée régionale avait été renouvelée 3 ans plus tard pour s’aligner sur les régions de l’hexagone. La création concomitante de la collectivité martiniquaise avec celles de métropole, en 2114, aurait dispensé de ce réajustement. On voit mal le gouvernement renouveler en 2014 une assemblée mise en place seulement en 2013, et même en 2011. Il n’y serait certainement pas incité par les élus en place. Au plan du droit commun, ce serait un élément de singularité supplémentaire par rapport aux autres collectivités.

Les habilitations seront accordées à la demande de l’équipe qui dirigera la nouvelle collectivité. C’est déjà le cas aujourd’hui. La durée de deux ans fixée pour leur mise en œuvre est reportée à 6 ans après la date de leur délivrance qui ne peut être que bien postérieure à la mise en place de la nouvelle assemblée. En réalité, ce délai de 6 ans n’a de sens que si la même majorité est reconduite au terme de la mandature. Sinon les habilitations délivrées pendant une mandature prendront fin avec celle-ci. Dans la pratique il ne devrait y avoir aucun changement. Le passage de 2 ans à 6 ans signifie simplement que la collectivité aura 4 ans de plus pour donner suite à l’autorisation reçue du gouvernement. On peut imaginer plusieurs autorisations d’habilitations traînant au fond des tiroirs et jamais mises en oeuvre jusqu’à leur caducité. Le délai de 2 années impliquait une rapidité d’action et avait une fonction pédagogique.

Les compétences nouvelles sollicitées ne seraient pas accordées. Le Président paraît vouloir éviter un désaveu par le Conseil d’Etat ou le Conseil constitutionnel. On se contentera des habilitations qui donnent des possibilités dans tous les domaines, sauf les régaliens. Rappelons que ces mesures sont demandées au coup par coup et qu’elles ont toujours un terme, ce qui n’est pas forcément le but de ceux qui souhaitent des compétences permanentes et plus larges, de type « transfert » de l’article 74.

Enfin, la position de la droite locale n’a pas été prise en considération. La seule voix entendue a été celle du député Almont, plus proche de l’UMP présidentielle et du PPM que de la droite martiniquaise. D’ailleurs Gabriel Gallion ne s’est pas trompé, qui lui a demandé dans l’interview publié ce lundi dans France-Antilles, sous quelle étiquette il entendait défendre ce projet. Il n’en fut pas surpris. Pourquoi pas, répondit-il à deux reprises, sous celle de l’UMP puisqu’ « au niveau national les choses ont évolué » (sous-entendu, dans le sens opposé à celui voulu par la droite locale). Sinon … L’année 2012 n’a pas été retenue pour la mise en place de la collectivité, ni évoquée sa proposition de « fifty–fifty » pour l’élection des membres de l’Assemblée unique. Le 7 décembre 2003, Osons oser avait été la caution de droite de Jacques Chirac. Pour Nicolas Sarkozy, Alfred Almont remplit tout seul cette fonction. Reste qu’un exécutif non désigné à la proportionnelle, donc monocolore, issu d’un scrutin, lui, proportionnel et assortie d’une majoration de 20% aux vainqueurs, ce sera sans doute la mort de plusieurs partis politiques et de la droite, en particulier.

Yves-Léopold Monthieux, le 8 novembre 2010

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  • Arbitrage de l’Elysée : le jugement de Salomon 9 novembre 09:46, par Dégouté

    " Reste qu’un exécutif non désigné à la proportionnelle, donc monocolore, issu d’un scrutin, lui, proportionnel et assortie d’une majoration de 20% aux vainqueurs, ce sera sans doute la mort de plusieurs partis politiques et de la droite, en particulier"

    Je suis loin d’être certain que la majoration de 20% sera,seule, à l’origine de la disparition de la droite.Si cette dernière disparaît de la vie politique martiniquaise elle le devra à ses divisions et à ses choix incompris de ses électeurs.Quand on se coupe de sa base,en lui imposant un choix qu’elle ne partage pas et que de surcroît on n’est pas un gros travailleur,il ne faut s’étonner que les électeurs restent chez eux.Quand on met à la tête des partis des gens sur le passage desquels on ricane ou qui ,une fois obtenu ce qu’ils voulaient sont les premiers à vilipender ou ridiculiser la structure partisane qui leur a fait confiance, il faut comprendre l’électeur qui prendra la décision de ne pas aller voter pour des clowns. Par ailleurs à un moment où l’ensemble de la classe politique nous agace avec ses divisions ,son blablabla incessant et non productif ,il ne vient pas à l’esprit de la droite locale de se positionner sur le plan économique,comme le souhaite la population.Ni à la Réunion ,ni à la Guadeloupe de telles erreurs ne sont commises.En fait avec Letchimy on est toujours dans l’ère AMJ.Comme quoi le problème de la Martinique est bien celui de ses représentants qui ne s’entendent pas et qui veulent le pouvoir pour eux tout seuls.Comme à Haïti ou dans nombre de pays africains.Il n’est certainement pas une affaire de statut ou d’institution.Depuis 2003 l’essentiel du temps de nos élus a été consacré à ces questions de statut ou d’institutions ;ils n’ont pas de temps pour autre chose,notamment l’économie,l’emploi,sauf peut être le maire du Marin. Dieu garde la Martinique !

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  • Quel titre prétentieux...Salomon de Monthieux ? Mr Monthieux me rappelle les astrologues, qui après un évènement vous expliquent que cet évènement était prévisible via tel ou tel aspect... Dans ce pays on adore palabrer pour se faire mousser. Le Conseil d’Etat rendra un avis dans les prochains jours à la demande du gouvernement. Il se basera sur l’historique des avis du Conseil Constitutionnelqui se prononce toujours sur la base d’un texte de loi. Mr Monthieux donne un exemple très significatif celui de 86 qui vient faire la démonstration contraire de ses affirmations : mandat réduit afin de voter en même temps que les régions de l’hexagone... Cher monsieur, des juristes éminents se sont déjà penchés sur la question, jusqu’à nouvel ordre, les martiniquais ont voté pour une identité legislative. Croyez que les éminents sages du Conseil d’Etat se pencheront attentivement sur le caractère non discriminatoire et "exceptionnel" d’une telle élection en dehors du calendrier propre aux autres collectivités du meme rang que la Martinique : La Guyane, la Guadeloupe, la Réunion, la Corse, l’Alsace, Paris, etc... Sur le fait qu’un tel raccourcissement de mandat serait justifié par des considérations d’ordre général, qu’il serait raisonnable quant à sa durée et serait décidé par la loi (dont le texte n’est pas sorti avec que le Conseil ait un élément probant) ; je vous laisse juge compte de l’historique des décisions en la matière : encore faut il que les électeurs en soient informés avant le vote etc. Pour mémoire, seule la Nouvelle Calédonie, qui était TOM, terroitre d’outre mer, en 1979, article 74, avait vu le mandat de ses élus raccourci de 3 ans à l’époque, s’agissant d’un changement du mode électoral. La Martinique reste gravée dans le marbre de l’article 73 et croyez que des éminents juristes, hors et à l’intérieur du Conseil d’Etat sauront en tenir compte. Et si le Président de la République afin de ne vexer personne, (vu la situation déjà tendue entre les parties) et du fait que certains lui aient rappeler qu’il voulait aller vite, ne voulait tout simplement pas se réfugier derrière l’avis du Conseil d’Etat quant à la date en disant, voyez j’ai tout fait pour aller dans votre sens, mais il faut respecter le droit ? Croyez vous sérieux qu’à quelques kilomètres de vol, des collectivités voteraient à des dates différentes ? Quant aux habilitations possibles figurant depuis 2003 dans la Constitution, les présidents des collectivités d’alors, les ont elles explorées ? Alors leur posture de pseudo victoire, fait doucement rigoler Paris, Pointe à Pitre et Saint Denis entre autres... A bons entendeurs, salut !

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  • Des électeurs essuie-glace 9 novembre 11:57, par quès aco

    A inconnu

    Quel talent ! Dommage qu’il soit d’un inconnu.

    Excellente analyse de Dégouté. Sauf que les partis qui défendent le statut, non sans succès jusqu’alors, sont aussitôt écartés par leur électorat aux élections suivantes. C’est normal qu’on leur rie au nez, c’est le lot de tous les cocus. D’ailleurs ces cocufieurs de droite ne sont pas les derniers à se moquer d’eux. Ils s’expriment un jour pour le maintien du statut départemental (bravo les oxydés !) et le lendemain pour les ennemis de ce statut (à bas les oxydés).

    Si les élus de droite avaient appelé à voter avec succès "non" le 21 janvier, comme en 2003, ils seraient à nouveau la risées de tous. Ils seraient considérés par tous comme de super oxydés. C’est d’ailleurs de la droite qu’est venu ce mot. Même ceux qui avaient voté "non" aideraient les "ouis" à se moquer d’eux.

    Aujourd’hui, c’est malgré tout sur les mêmes qu’on attend pour élever un peu la voix face aux autonomistes et indépendantistes, y compris la voix de ceux qui, de droite, voteront encore à la première occasion pour es autonomistes ou les indépendantistes. Comme d’habitude.

    On reproche généralement aux élus de changer de casquette. Malheur aux élus de droite qui n’ont pas changé de casquettes.

    Moralité : les électeurs de droite ont les élus qu’ils méritent et les élus potentiels de droite ne veulent pas représenter les électeurs essuie-glace de la droite. Ils choisissent carrément la gauche.

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  • Arbitrage de l’Elysée : le jugement de Salomon 9 novembre 13:54, par Dégouté

    "Sauf que les partis qui défendent le statut, non sans succès jusqu’alors, sont aussitôt écartés par leur électorat aux élections suivantes". Vous avez déja dénoncé,il y a quelques temps, cette situation qui est vraie .Mais ce qui me choque c’est qu’à vous lire le représentant de droite ou le postulant qu’il est n’a rien à se reprocher :"Moralité : les électeurs de droite ont les élus qu’ils méritent et les élus potentiels de droite ne veulent pas représenter les électeurs essuie-glace de la droite. Ils choisissent carrément la gauche". C’est l’électeur qui ne sait pas ce qu’il veut .Un peu simple !!Ces représentants n’avaient (pourquoi le pluriel ?)pas besoin de prendre la tête d’un parti de droite avec la bénédiction de Sarko pour dire après qu’ils se sentent autonomistes et critiquer ouvertement votre camp,votre parti et l’UMP ;il fallait d’entrée de jeu truster une place au PPM ou dans un autre parti de gauche.Question:qui à gauche voudra de ce personnage encombrant ?S’il passe à gauche ,il disparaît à tout jamais.Laventure,qui proposait ses services, a eu l’occasion de se faire remettre à sa place par le père Aliker.Les avances faites au PPM ,par d’autres, n’ont pas été relevées par ce parti.Vous pensez que l’électeur de droite peut apprécier ce genre de zigotos et voter pour eux ?Quant à ceux sur le passage desquels (là aussi ,pourquoi le pluriel ?)on rit, vous savez pourquoi .Ils sont là faute d’autres et je l’espère avec d’autres électeurs ,pas pour longtemps encore.L’image du représentant politique rejaillit sur le parti et l’électorat.Que les politiques achètent une morale,du respect de l’électeur, s’ils veulent qu’on les prenne au sérieux !!S’ils sont élus ,c’est simplement parce que leurs opposants présentent plus de risques pour la population ;certainement pas parce qu’on les apprécie,notamment, en dehors de leur fief.

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  • Arbitrage de l’Elysée : le jugement de Salomon 9 novembre 17:26, par quès aco

    Affirmer que l’homme politique qui paraît être la bête noire de Dégouté veut changer de casaque, personne ne l’avait encore dit, ni même imaginé. C’est fait. Et dire qu’on l’a toujours accusé, au contraire, d’être trop fidèle à ses opinions. On voit bien que certains électeurs de droite qui votent à gauche au premier clin d’oeil ont de l’imagination et le goût de l’autodestruction.

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  • Arbitrage de l’Elysée : le jugement de Salomon 9 novembre 22:40, par Dégouté

    Vos propos sont surprenants,mais à la Martinique rien ne me surprend plus,surtout dans le domaine politique.Vous qui ,dans votre précédente intervention faisiez une thèse sur les raisons qui poussent le politique de droite,élu ou aspirant à abandonner les électeurs de droite au profit des électeurs de gauche,savez bien que je ne visais que le politique de DROITE et non tous les politiques.La conclusion de votre précédente intervention est là pour en attester.C’est bien vous qui écrivez :"Moralité : les électeurs de droite ont les élus qu’ils méritent et les élus potentiels de droite ne veulent pas représenter les électeurs essuie-glace de la droite. Ils choisissent carrément la gauche." ?? Par ailleurs je ne crois pas avoir laissé entendre ou dit que je votais à gauche .Mon pseudo me semblait bien indiquer que j’étais déçu par des politiques pour qui je votais et souhaitais voter.Mon discours visant bien ceux de droite.Bref,je ne m’étendrai pas davantage simplement parce j’aime le débat,uniquement s’il m’enrichit.Ce n’est malheureusement pas le cas même si j’ai bien apprécié votre précédente intervention.Merci d’avoir échangé avec moi.

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