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Marché d’art : Le Maire du Marin répond à Habdaphaï

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Publié le 13/10/2011

Nous évoquions à travers un précédent article relatif au marché d’Art Contemporain du Marin (http://www.politiques-publiques.com...), les relations tendues entre l’artiste Habdaphaï et la municipalité. Le maire du Marin a décidé de répondre directement aux accusations portées par l’artiste à travers ce courrier rendu public.

"HABDAPHAI,

J’ai bien reçu votre e-mail en date du 10/10/2011

J’aurai tendance à vous demander de relire attentivement votre mail, pour bien mesurer les propos à travers lesquels vous attaquez la municipalité et plus précisément ma personne.

Concernant la politique culturelle et la municipalité vous semblez insinuer qu’il n’y aurait d’action culturelle au Marin qu’à travers le Marché d’Art Contemporain qui en est cette année à sa 8e édition et par la même que vous en seriez le père fondateur.

Permettez moi de vous rappeler que de manière volontariste la Municipalité a mis en place depuis 1986 un Office Municipal de la Culture, dans la lignée de l’action menée par AIME CESAIRE à Fort-de-France, dont l’objectif à travers de nombreuses manifestations culturelles, visait une sensibilisation de la population de tous âges à l’importance de la culture dans notre société, par la mise en place d’un Festival et d’une Biennale durant 17 ans, qui ont acquis une renommée internationale.

Je n’insiste pas là-dessus, puisque c’est de part l’ambiance culturelle créée au Marin, que l’idée vous est venue de vous installer dans notre commune. Je vous rappellerai par la même, que l’idée du Marché d’Art Contemporain a été initiée en 2002, par André PIERRE-LOUIS et moi-même. Que cette idée avait eu pour origine, la constatation qu’en Haïti, l’art naïf était exposé naturellement dans les marchés.

L’idée était également de créer un espace où les artistes pourraient vendre leurs œuvres. Je crois d’ailleurs que Le Marché d’Art Contemporain du Marin est aujourd’hui le lieu où le plus d’œuvres d’artistes martiniquais est vendu. Certes, vous avez participé activement à la préparation de ces évènements annuels dont le rôle était dès le départ, la mise en contact de nos plasticiens martiniquais avec d’autres artistes de renoms et tout particulièrement ceux du monde Caraïbe.

Cela jusqu’à l’édition 2009, à laquelle vous êtes intervenu pour le compte de la Mairie. Hélas, déjà à cette dernière, vous aviez tenté de saboter le M.A.C au vu et au su de tous.

Vous savez que personnellement, je n’ai jamais désiré faire du Marché d’Art Contemporain du Marin une manifestation élitiste, contrairement à votre opinion personnelle qui a souvent voulu exclure de manière arbitraire, les jeunes artistes martiniquais, à cause de vos tendances élitistes. Et j’ai du intervenir plusieurs fois pour ouvrir la manifestation aussi bien à des artistes de renom, qu’à des jeunes artistes méritants, simplement pour leur amour de l’Art, à l’exemple des étudiants de l’IRAVM.

Pas plus que je n’ai considéré qu’il fallait mettre une barrière infranchissable entre l’artisanat de valeur et l’Art de manière générale.

Enfin, j’ai souvent été heurté par votre désir permanent de vouloir éliminer les artistes marinois.

De même, je suppose que vous n’avez pas fait le compte des aides de toutes natures que la municipalité vous a apporté depuis de nombreuses années.

Vous vous êtes vous-même écarté de la commune du Marin. Peut-être parce que vous ne distinguez pas très bien la différence qu’il y a entre des intérêts privés et des intérêts publics.

En tant que Maire, je suis tenu d’organiser le développement de la culture selon des procédures bien définies. Dès les premières années, nous avons confié le développement de l’action culturelle à un Office Municipal de la Culture, l’O.M.C, dont le coût a fini par devenir insupportable pour les finances communales. Puis-je vous rappeler que la commune du Marin a commencé son action culturelle avec une population de 6000 habitants (aujourd’hui + de 9000 hab). Ses moyens ne sont par conséquent, pas comparables à ceux de villes telles que Fort-de-France ou le Lamentin, tandis que ses efforts pour le développement de la culture martiniquaise sont tout aussi comparables.

Pour continuer notre travail après la fermeture de l’OMC, nous avons mis en place un Service Municipal de la Culture, dont notre Directeur fait un travail remarquable, par les actions qui s’y déroulent toute l’année, contribuant à son plein essor.

Aujourd’hui vous tentez par des moyens déloyaux de porter atteinte au prochain Marché d’Art Contemporain du Marin, cela me déçoit et peut-être que le temps vous amènera à penser que vous vous êtes fourvoyé. Par ailleurs, la proposition que vous nous avez faite pour la manifestation financée par des fonds européens pour un coût avoisinant les 500 000,00 €, qui selon vous ne coûterait rien à la Mairie, mais qu’elle devrait supporter, prouve que vous n’avez jamais ressenti les risques financiers que de pareilles évènements peuvent faire courir à une municipalité.

Le Marin a souvent supporté des manifestations annoncées comme étant sans coût pour la commune, mais dont le solde final est resté à notre charge. C’est pour toutes ces raisons que je ne relèverai pas vos impertinences à mon égard ; vous faites de moi un CORTES, je pense que vous ne savez pas qui était Hernán CORTÈS…UN DICTATEUR !

Je vous signale simplement que j’ai été élu Maire et Conseiller général du Marin DE MANIERE DEMOCRATIQUE au 1er tour, depuis 1983.

A ce que j’entends des marinois, comme des visiteurs, il fait bon vivre sous la dictature de Rodolphe DESIRE au Marin, si on veut bien comparer le Marin aux autres cités de la Martinique et même de la Caraïbe.

Pour résumer, HABDAPHAI, vous m’avez profondément déçu et vous vous apercevrez que le prochain Marché d’Art Contemporain du Marin aura un éclat particulier, en vous rendant compte également, qu’autant pour vous que pour moi, aucun homme n’est indispensable."

Le Sénateur Honoraire-Maire et Conseiller général du Marin, Rodolphe DESIRE

Le texte d’Habdaphaï

Dénonciation de KIDNAPPING artistique pour des fins politiciennes de la municipalité du MARIN

Cette action permet de découvrir les rapports qui existent entre la politique et la culture. Les professions qui se trouvent dans le domaine artistique souffrent de leur manque d’émancipation et de monstration.

Les artistes sont considérés comme des gens à part.

Dans cette société martiniquaise, nous, les plasticiens sommes dans une précarité totale, aucun effort politique n’est fait pour nous faire participer aux jeux de la vie de la cité.

Je dénonce depuis deux ans le paternalisme et le comportement de cette administration qui se sert des artistes comme d’un jeu de quilles.

J’aurais pu me taire, mais je suis un artiste qui se doit de dénoncer les dérives de cette municipalité qui depuis 2009 se bat avec moi comme si j’étais un adversaire politique. Ma performance de 2009 pendant le marché d’art, la destruction par le feu de trente tableaux pour dénoncer trente insultes faites aux artistes pendant la préparation de la manifestation en est la preuve.

Le marché d’art est un outil d’émancipation, c’est le seul moment où nous

pouvons revendiquer, échanger, partager, améliorer nos professions, les artistes

doivent se réveiller.

Je pense que nous devrions nous mobiliser pour ne pas laisser le marché d’art de la ville du Marin devenir ni une vitrine politique, ni une kermesse.

C’est une manifestation qui a toujours été réalisée par les artistes en collaboration avec la municipalité. Laisser la main mise sur le marché d’art à cette municipalité, c’est le faire mourir.

C’est un rendez-vous attendu par la population et par les artistes mais je pense qu’il est important de nous mobiliser pour que le marché d’art soit indépendant de toute pression politique.

L’édition précédente, celle de 2009, a connu bien des déboires mais les artistes ont été solidaires pour qu’elle puisse avoir lieu.

Il faut, aujourd’hui, pour les futures générations d’artistes, faire en sorte que le marché d’art soit indépendant.

La ville du Marin s’est trompée en faisant table rase sur tout le travail accompli, en matière de culture, par les organisateurs des éditons précédentes.

Nous, les artistes avons créés une manifestation touristique, culturelle, éducative et économique de qualité.

Il faut nous battre pour continuer à nous exprimer sans contrainte

Il faut nous battre pour que nos droits et ceux des futurs artistes à l’émancipation soient reconnus.

Il faut nous rassembler pour que notre travail ne soit pas donné en pâture. En municipalisant le marché d’art contemporain, Monsieur le Maire, collectionneur et aussi un amoureux d’art nous a trahi et nous nous devons de réagir.

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