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Ne l’appelez pas « Père »

Publié le 02/11/2010

"Michel Branchi n’a pas dû vraiment attendre de connaître l’exacte signification du mot « doxographe » pour se faire une opinion sur la fonction de Patrick Chamoiseau auprès de Serge Letchimy. Du reste, pour savant qu’il soit, ce mot ne paraît pas exprimer la fonction exacte de notre Prix Goncourt auprès du président de la Région.

Si l’on s’en tient à la définition du mot rapportée par le dirigeant communiste, l’écrivain martiniquais paraît moins commenter ou traduire l’opinion ou les propos du successeur de Césaire que de jouer la fonction d’inspirateur telle que pratiquée au sommet d’une autre nation, par un autre écrivain nommé Henri Guaino. On le sait, ces écrivains ne se contentent pas d’être des rédacteurs. En effet, le discours de Dakar prononcé par le président Sarkozy était pour son « nègre » davantage qu’une simple épreuve de rédaction. En effet, devant les caméras de télévision c’est lui-même qui explicitait la pensée supposée de Nicolas Sarkozy. Ainsi, la question s’est posée aux esprits curieux, s’agissant de l’article de Serge Letchimy titré « l’Europe de civilisation », paru en plein débat sur le congrès défunt.

Rendons néanmoins justice au rédacteur en chef de « Justice » de sa fine analyse de la prose du PPM (exercice assez rare dans la presse martiniquaise), exprimée sous la signature de l’écrivain de la région et par la voix du secrétaire général du parti. Il compare le verbe de celui-ci et la plume de celui-là. Il retrouve dans ces deux exercices les mêmes mots, exprimés à profusion, les mêmes concepts. Non sans raison, il les a ramassés dans une formule : « copié – collé ». « Responsabilisation » est le mot nouveau, « processus de responsabilisation », la nouvelle formule. Ce sont les « ingrédients » d’un vocabulaire mais surtout d’une philosophie politique qui ne paraît plus désormais émerger des balisiers de quartiers.

Certes, ce nouveau vocable de « responsabilisation » participe de ce goût du verbiage politique qui a toujours accompagné nos littérateurs. Ainsi convient-il de distinguer la responsabilité et la responsabilisation. La première évoque un mode de fonctionnement qui se vérifie dans la pratique politique, dans l’action politique, dans la politique positive, si l’on peut dire. Dans l’autonomie d’action. Cette philosophie de l’action c’est l’autonomie telle que qualifiée par Serge Letchimy : « un état d’esprit ». C’était en 2002 : il y a bien longtemps. Mais nous sommes en 2010.

La responsabilisation est d’une acception plus politique, plus conceptuelle, plus indéfinissable et plus incertaine par nature. C’est vrai que la responsabilité n’est pas dépendante que du statut politique. Du reste, l’indifférence qu’on leur porte ou la légèreté manifestée dans leur mise en œuvre ne parviennent pas à faire oublier les aires de responsabilité, mal ou non utilisées, du statut départemental. D’ailleurs, le récent rappel à l’ordre adressé aux élus par les associations écologiques à propos des fermes photovoltaïques pourrait signifier : « Vous avez le pouvoir de développer l’énergie à la Martinique, exercez donc ce pouvoir, mais faites-le avec l’expertise de spécialistes martiniquais, dont vous vous prévalez ».

En revanche, la responsabilisation suggère la remise en question et, Michel Branchi a raison, on ne peut pas évoquer la « responsabilité optimale » sans faire référence à une évolution statutaire qu’aurait, selon lui formellement refusé le PPM en janvier dernier. D’ailleurs, « une redéfinition des structures institutionnelles », c’est ce que proposent mot pour mot Didier Laguerre et Patrick Chamoiseau et que ne réprouve pas le dirigeant communiste. Dans une manière de complicité retrouvée, ce dernier soupire : « Manière de dire qu’il convient d’avancer par étapes sur la voie de la souveraineté ou de la libération nationale ».

« Masques », « thuriféraires » : ces mots qui fleurissent d’ordinaire dans les lignes de « Justice » ne paraissent pas être à leur place dans cette production de Michel Branchi, où la litote et le sous-entendu triomphent et cachent mal une forme de retrouvailles ou de proposition de retrouvailles. Il suffirait presque qu’il n’y ait ni « père » ni « leader fondamental ». Michel semble dire à Patrick et à Didier, et, par-delà, au grand Serge : « Allez, je ne vous hais point ».

Yves-Léopold Monthieux, 1er novembre 2010

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  • Ne l’appelez pas « Père » 2 novembre 19:50, par Stéphane

    Michel ne dit pas seulement " Allez je ne vous hais point " ! Mais il dit surtout merci d’admettre que le processus de responsabilisation est inéluctable pour lui et est le bienvenue de la part du PPM et en particulier après l’échec cuisant des tenants du 74 dont il fait partie et qui ne pouvait qu’être à contrario les thuriféraires du peuple ayant décidé de manière tranchée et catégorique le 73.

    Répondre à ce message

  • Ne l’appelez pas « Père » 3 novembre 00:00, par .Toto

    Ilo nous faut dire à Monthieu l’origine de "responsabilité optimale". C’estb une récupération qu"effectue Chamoiseau d’un thème du parti indépendantiste MODEMAS dont il a été membre.C’est une idée à luii qu’il a écrit dans unj petit livre dont il a laissé Malsa endossé nla paternoté. Le manque de notion de latin de Chamoiseau lui a fait , tout en écrivant un concept juste, lui donner une fausse significaztion ;oPTIMUS EN LATIN VEUT DIRE LE MEILLEUR ET OPTIMA , LA MEILLEURE. IL TRADUIT LA SOUVERAINETE OPTIMALE COMME SI C’ETAIT UNE SOUVERAINETe2 MAXIMALE. IL SE TROMPE ENTRE OPTIMALE ET MAXIMALE ;On peur écrire des romans créolisteS et être nul en grammaire et étymologie.ARRIVE AU PPM IL A COLLE OPTIMALE A N’IMPORTE QUEL AUTRE MOT ;

    Répondre à ce message

  • Ainsi va ... 3 novembre 08:24

    "On peur écrire des romans créolisteS et être nul en grammaire et étymologie."

    Ce besoin de mépriser le local est marquant chez eux. Ainsi va la société coloniale.

    Répondre à ce message


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