Haïti : Un nouveau président, de nouveaux défis ...
TweetLe Conseil électoral provisoire a consacré lundi la victoire de Joseph Michel Martelly comme 56e président de la République dans le cadre du second tour de la présidentielle de 20 mars dernier. Elu sous la bannière de Repons peyizan, organisation politique récemment constituée et qui participe pour la première fois aux compétitions électorales, il dispose de trois sièges au Parlement. Le nouveau président aura l’opportunité de choisir son Premier ministre, en consultation avec les présidents des deux Chambres, conformément à l’article 137 de la Constitution, car aucun parti n’a obtenu la majorité au Parlement.
Au même titre que l’ancien prêtre de Saint-Jean Bosco, Jean-Bertrand Aristide, devenu président en 1990 sans aucune expérience politique et administrative, Joseph Michel Martelly devra affronter le fonctionnement d’un régime d’Assemblée en Haïti alors que la culture du présidentialisme hante encore les esprits de tous les présidents haïtiens élus sous l’égide de la Constitution de 1987. De Leslie Manigat en passant par Jean-Bertrand Aristide pour arriver à René Préval, aucun d’entre eux n’a permis à son Premier ministre de faire fonctionner la machine gouvernementale selon les principes généralement admis en régime d’Assemblée où les attributions du président et du Premier ministre sont distinctes. Qu’il s’agisse de Rosny Smart, de Jacques-Edouard Alexis, de Michèle Pierre-Louis ou de Jean-Marie Chérestal, les opinions sont les mêmes sur la velléité des présidents haïtiens de limiter les voies et moyens des Premiers ministres, de peur que ceux-ci ne soient glorifiés par la population.
Dans ses rapports avec le Parlement, l’exécutif garde dans la plupart des cas une certaine méfiance. C’est un pouvoir de blocage, de l’avis de certains. C’est la démocratie pour d’autres. Lors de son premier mandat en 1991, dans l’intervalle de sept mois de gouvernance, Jean-Bertrand Aristide s’était laissé prendre au piège du Parlement au point d’engager une dizaine de conflits avec celui-ci. Sous la présidence de René Préval entre octobre 1997 et mars 1999, le pays était resté pendant dix-huit mois sans Premier ministre conséquemment aux mésententes intervenues entre l’exécutif et le Parlement.
Elu président de la République, Michel Martelly sera-t-il en mesure de choisir un Premier ministre qui saura s’élever à la dimension d’un homme d’Etat avec une connaissance approfondie de l’administration publique tout en maîtrisant les mécanismes de gestion des rapports exécutif/législatif ?
Lemoine Bonneau [email protected]
Lu dans www.lenouvelliste.com
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