Publié le 16/09/2010
Didier Laguerre
Co-président de la commission mixte
A Messieurs les Présidents des Conseils Régional et Général,
J’ai l’honneur de vous transmettre le compte-rendu des travaux de la commission mixte des élus du Conseil régional et du Conseil général, mise en place le 1er juin 2010.
Pour mémoire, je vous rappelle qu’elle était composée de sept conseillers régionaux avec comme chef de file, moi-même ; et de sept conseillers généraux dirigés par Monsieur Eugène Larcher. Dans le cadre de ces travaux, cette commission a pu bénéficier, à titre d’experts, du concours de messieurs Emmanuel Jos, Justin Daniel, Christian Vitalien.
Le texte que nous vous remettons est un compte rendu fidèle des différentes positions qui se sont maintenues autour des dix axes de travail et de réflexion que nous avions retenus.
Le groupe « Ensemble pour une Martinique nouvelle » que je dirigeais, a abordé cette réflexion dans un esprit de concertation la plus large possible. Nous n’avons pas ménagé nos efforts afin de parvenir à une « union sacrée » qui nous paraissait indispensable sur une question où l’avenir de la Martinique, et celui de nos enfants, sont manifestement engagés pour les décennies qui viennent.
De notre côté, rien n’a donc été négligé pour qu’une voix martiniquaise se fasse unanime sur l’essentiel, et porte, dans un esprit d’élévation et de responsabilité, les propositions qui seront faites aux instances françaises en vue des dispositions juridiques ultimes.
La question n’est pas celle d’une évolution statutaire en soi, elle est celle d’une accession à un processus de responsabilisation. Il s’avère que, dans notre cas, pour passer d’un système d’assistanat-dépendance à un processus de responsabilisation, il faut une redéfinition des structures institutionnelles qui ne peut se trouver dans la simple addition ou fusion de deux institutions « conseil général et conseil régional ». Ces deux institutions ont montré leur incapacité à atteindre cet objectif, et c’est d’ailleurs un des enseignements du vote du 24 janvier dernier.
Je crois que c’est la tâche de notre génération que de sortir de la mise sous tutelle qui relève de la gestion assistée ou de l’indifférenciation malsaine avec la France. Derrière l’exigence de la responsabilisation, il y a une conviction fondamentale : l’existence d’un peuple et d’une nation martiniquaise. Il s’agit d’actionner le seul ingrédient qui n’a jamais été de mise dans tous les plans de développement que l’on nous a assénés depuis 1946. Cet ingrédient c’est la responsabilisation. La prise en main de notre destin dans le monde, cela est fondamental.
La responsabilisation ne peut plus se poser en termes de rupture ou de séparation d’avec la France. Elle se pose en termes de différenciation et d’interdépendance. Il s’agit donc pour nous de construire de manière autonome et créatrice des liens de partenariat véritable avec la France, avec la Caraïbe, avec l’Europe, avec le monde. Une Martinique en processus de responsabilisation peut décider, si elle le désire, de confirmer son adhésion au pacte républicain français, comme elle peut choisir d’adhérer en plus à une organisation latino-américaine, ou caribéenne. Notre accession à la différenciation et à la responsabilisation ne se pose plus qu’en termes de rupture et d’opposition à la France, voire de repli sur soi, comme le cultive nos opposants.
Hélas, si quelques points de convergence ont pu être dégagés sur des aspects mineurs, nous en sommes restés à une mosaïque de positions différentes, voire divergentes, dans lesquelles les clivages politiciens et les positions idéologiques, et sans doute revanchardes, ont pris le dessus sur ce qui devait constituer une vision haute de l’intérêt de notre pays.
Je persiste à penser que l’auto-définition de cette nouvelle collectivité, « suis generis, à statut particulier », reste une occasion historique majeure pour notre Martinique. Dans le respect de la décision du peuple martiniquais d’être régi par l’article 73 de la Constitution, je crois qu’il nous est possible d’ouvrir les fenêtres, d’appeler l’oxygène, et d’avancer sur la voie d’une responsabilisation optimale, par l’extension des moyens constitutionnels qui sont mis à notre disposition.
Le peuple martiniquais a signifié une fin de non-recevoir à l’aventure et à la fragilisation de ses acquis, mais il n’a en rien renoncé à disposer d’une meilleure emprise sur les outils politiques qui vont forger sa destinée.
L’éthique politique en la matière exige, non pas l’addition mécanique de deux outils imparfaits, mais une dynamique d’innovation, d’audace, d’auto-organisation visant à nous doter, dans le cadre de notre appartenance à la République, d’outils institutionnels modernes, conformes aux mutations du monde et aux grandes ambitions que nous nourrissons tous pour notre pays.
Je regrette infiniment que le calcul politicien et l’esprit de revanche aient pris le pas sur la dignité et la raison. Je prends acte de l’échec de cette commission, et recommande que nous poursuivions, par tous les moyens possibles, la recherche de cette « union sacrée », de cette voix forte et commune, qui fera en sorte que les propositions qui seront signifiées aux autorités françaises soient l’expression de la plus grande majorité possible d’élus martiniquais. Des élus investis d’un esprit de liberté et non de soumission idéologique, et conscients de la nécessité d’une inébranlable et juste autonomie de conception.
Didier LAGUERRE
16 Septembre 2010
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Il y eu naguère le "Discours de la Méthode". Aujourd’hui, Laguerre nous sert le discours de la "Posture"["la recherche de cette « union sacrée », de cette voix forte et commune, qui fera en sorte que les propositions qui seront signifiées aux autorités françaises ].
In fine, l’Etat tranchera...un peu d’humilité donc, "chers" (= coûteux car trop nombreux) élus.
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j’aurais préféré voir le texte produit par la commission ad hoc , concernant la future collectivité et les habilitations demandées.
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Personnellement je pense que Didier Laguerre a tout à fait raison de ne pas faire l’hypocrite et de dénoncer les choses telles qu’elles sont. Il est plus que probable que le manque de lisibilté volontaire de l’avenir par le MIM et le RDM , que l’envie de faire capoter l’organisation de la future Collectivité qu’ils ne dirigeront pas, explique la colère, oh combien retenue par Didier.
A côté de Marie Sainte et de Lise, il est jeune et les deux lascars leaders d’hier prennent sa position pour un crime de lèse majesté. Ne t’en fais pas Didier, ce sont déjà des "has been" ; ils aboieront encore un peu mais la caravane les toisera en passant.
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Lise a enfin trouvé un sujet pour sortir de son silence
Peut il nous donner plus de précisions sur les 100 000.00 € que dera rembourser sa collaboratrice car il s’agit de nos impôts
ces hommes la sont dépassés et il ne l’ont pas encore compris AMJ a compris lui
qu’espère Lise encore, Madeleine a déjà compris Bauras
eux ils font de la résistance pendant combien de temps encore
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C’est extraordinaire !!! Le néo-PPM me surprendra toujours, Quel culot ou quel inconsistance ! (au choix ou les 2 )
Le début du discours de Didier Laguerre aurait pu être prononcé pour appeler à voter "oui" au 74 le 10 janvier. Mais voilà, par opportuniste lui et ses amis ont soutenu le Non. Et voilà qu’ils nous parlent de responsabilité renforcée, etc... Mi makakri mi !
Ou sé di zié yo ouvè, mi tibren ta !
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Un discours schizophrène, rien moins. Il distille le faux et le pire, il n’a aucune cohérence interne. Le peuple n’a t’il pas dit OUI à l’unification des compétences des DEUX Assemblées dans le DROIT COMMUN et précisément l’article 73 de la Constitution ? Alors pourquoi Mr Laguerre et le PPM s’acharnent ils à faire un bébé dans le dos au peuple Martiniquais en tentant de lui imposer la possibilité de légiférer alors que le peuple a dit un NON massif au 74 ? Pourquoi le PPM veut-il nous mettre du 74 dans le 73 ? Monsieur Laguerre dit qu’il ne s’agit pas d’une évolution statutaire mais en même temps il nous dit vouloir changer de statut ! Il dit d’ailleurs clairement et çà le peuple doit l’entendre : "... il faut une redéfinition des structures institutionnelles qui ne peut se trouver dans la simple addition ou fusion de deux institutions Conseil Général et Conseil Régional" ! C’est on ne peut plus CLAIR ! Alors qu’a voté le peuple Martiniquais le 24 ? Quelle question lui a été posée par le Président Sarkozy et qu’a répondu le peuple ? Qui fait du calcul politicien ? Qui nous mène à l’aventure ? Le Président LISE a raison : il faut que le PPM RESPECTE le vote des Martiniquais. Ce sera une Assemblée UNIQUE regroupant les compétences des deux Assemblées actuelles NI PLUS NI MOINS. C’est ce pour quoi le peuple a voté, il faut le respecter !
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arrete ton délire ce qui interesse LISE s’est d être opposé de façon bete et méchant à tout ce que propose le PPM, l’objectif est de faire porter à SL un échec tout cela au détriment des interets du peuple.
Mr Laguerre a raison d’informer le peuple sur les réalités de ces discussions. Comme cela on sait qui veut mettre des roches dans la machine.
Le fait de consolider ou étouffer certaines compténces pour avoir un outil coherent et efficace ne trahi nullement le vote du 24 janvier. le fait de faire une fusion bete et méchant des compétences du conseil general et regional serait contraire à la décision du peuple car on a demandé une évolution des institutions dans le 73 garantissant l égalité des droits ce que ne faisait pas le 74, pas pour faire la meme chose, c’et vraiment pour que les choses avancent réelllement.
comme regler le probleme des transport, si nous n avons la main sur la comptence transport maritime. il faut bien rapatrier certaines comptences essentielles pour avoir un outil institutionnel performant pour nos élus.
la stratégie du MIM et du RDM est toujours la meme : faire regretter au peuple de ne pas les avoir écouter, de foutre une baffe à SL et au PPM et d’aller à l’indépendance, et continuer à vivre politiquement pour CL et AMJ. l ’interet du peuple il s en foute !!! car l occassion était donné pour enfin mettre de coté les esprits partisans et de faire au mieux pour le pays mais encore une fois on préfere pourrir le débat et choisir l obstruction.
il faut faire mieux dans ce nouveau cadre q’offre l’art 73 qe ce que l on a fait jusqu’à présent.
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Un discours politique, dans un contexte poitique tendu. Une explication méthodique et rationnelle face à des comportements doctrinaires,revanchards et un discours idéologique aux contours mals définis.C’est ce qu’il faut retenir de l’intervention de Didier Laguerre. Il est affligeant d’observer comment un homme politique d’expérience tel que CL, que l’on aurait pu croire plus averti des choses de la politique se trouve à soutenir des forces politiques se qualifiant de patriotes, nationalistes, et indépendantistes, mais qui sont avant tout des doctrinaires et des tenants du repli sur soi. Il aura certainement oublié le discours universaliste et humaniste d’Aimé Césaire. Ressentiment quand tu nous tient !!!
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Qu’on m’explique par quelle opération du Saint Esprit les gauches pourraient parler d’une seule voix après consultations, lorsque qu’on a tout fait pour faire échouer l’unité en amont avec la bienveillance du pouvoir en place. Que chacun assume donc sa stratégie et sa différence, SARKOZY tranchera pour tous et bien évidemment dans le sens de ses intérêts à lui. Mais de grâce "foutez la paix au peuple". Il a dit ce qu’il avait à dire. Si ce n’est pas assez audible pour vous alors proposez une nouvelle consultation. On n’en est pas à une prêt. On boira jusqu’à la lie...
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cela ne m etonne pas que les patriotes et le RDM soit dans une position d’opposition absurde et irresponsable.
sur la question de la date 2011, oui votons déjé pour les élus et aprés on va voir pour la fusion !! c est cela un discours d elus responables. tu dors dans une maison sans toit. Pendant que les élus font se tirer les cheveux pour faire l installation collectivité, le pays continue à sombrer !!! meme les juristes disent que raisonnablement la collectivité ne peut etre installé qu’en 2014.
le personnel, le patrimoine, le regime statutaire tout cela ne se fait pas en 6 mois ni 1 an.
pour les renforcements de compténces voulue par le PPM, oui ils ont raison dans le cadre sécurisé du 73 on peut le faire, pour faire mieux qu’avant, ils le savent les MIM et RDM meme esprits obtus, ils ne sont prisonniers de leurs postures. le 24 on a refusait l aventure scabreuse de l art74 et restait dans une évolution dans le 73, ce que l on veut que nos elus fassent mieux que ce que ce faisait déja !!
les logiques politiciennes n ont malheureusement pas disparues d autant plus que les patriotes et RDM savent que leur fin est proche et que leur survie politique ne depend que de l echec de cette collectivite unique, c’est pathetique !!!!
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