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Photovoltaïque : Lorsque la puissance publique se dédit

Publié le 26/10/2010

On ne peut pas dire que ce jeune entrepreneur de Ducos soit payé de retour pour son audace dans le domaine des énergies nouvelles. Ce lundi 25 octobre 2010, au journal télévisé de RFO, M. Daunar disait comment, avec un ami d’enfance, il avait initié le projet d’installer une centrale photovoltaïque à Ducos. Le site est un terrain classé agricole, mais au plus bas degré de cette qualification, c’est-à-dire à la limite de l’improductivité agricole.

Autosuffisance énergétique et autosuffisance alimentaire

Ce Ducossais aurait été le premier martiniquais à prendre le risque à un moment où la réglementation concernant cette activité nouvelle était en cours de mise en place. On a assez répandu depuis 20 ans l’idée de développer l’énergie solaire et souligné le retard pris par la Martinique par rapport aux autres départements d’outre-mer, pour ne pas considérer le projet à sa juste valeur. Il a répondu à l’aspiration à l’autosuffisance énergétique. On connaît le résultat que, dans le domaine de l’agriculture, ont donné des décennies de discours en faveur de l’autonomie alimentaire. Proche de la nullité. Et lorsqu’un progrès se manifeste, il est généralement accueilli par un haussement d’épaules, surtout s’il se réalise dans la culture de la banane. Du moins a-t-il été possible que ces discours aient permis de conserver quelques milliers d’hectares à l’état d’hibernation ou par reforestation naturelle. Ainsi, ne pouvant rien pour l’agriculture, les associations croient pouvoir agir sur les énergies nouvelles. Mais on assiste toujours au même résultat : l’immobilisme.

La meilleure façon de protéger la terre agricole : la cultiver

La conservation des terres agricoles serait plus naturelle si on y pratiquait les cultures nécessaires à la consommation locale. Et, évoquant un célèbre slogan, on pourrait ajouter que la terre n’est protégée que si elle est cultivée. Ainsi, les actions de défense de la terre agricole vivraient de l’inactivité agricole et la défense de la terre à l’état brut occuperait presque autant les agriculteurs, ou à tout le moins leurs représentants, que la production elle-même. Au lieu de travailler la terre on la conserve. Ce n’est pas tant l’objectif de ces derniers qui choque que le moment où ils se manifestent. Tout se passe comme si, pour se mettre en évidence, la partie syndicale ou associative attendait que les travaux commencent. La confrontation physique est alors inévitable. Il semblerait même qu’elle soit voulue et que la force des associations puisse se mesurer à leur capacité à arrêter des chantiers et à faire obstacle aux décisions de la puissance publique.

Le citoyen ne peut donc que croire au bon droit de ces mouvements.

En effet, tout le monde est dans son rôle dans ce département dont on répète à satiété que ses habitants sont les meilleurs spécialistes des affaires martiniquaises. Le jeune chef d’entreprises veut bâtir son pays et lui apporter de la richesse ; on lui a assez appris à l’école que la chance de la Martinique est le travail des martiniquais et que la matière grise du pays a bien mieux à faire dans le secteur productif que dans les couloirs de la fonction publique. Les élus donnent leur avis légitime et nécessairement éclairé : ce sont des hommes et des femmes de terrain. Le monde de l’agriculture et les défenseurs de l’écologie défendent les valeurs du patrimoine foncier et environnemental. Enfin, l’Etat prend la décision et paie. On comprendrait mal que les différents intervenants n’aient pas été consultés avant cette décision. On ne serait pas davantage rassuré de savoir qu’ils interviennent sans ordre et que les associations de protection de l’environnement et de sauvegarde de l’agriculture n’aient été invitées à se présenter sur les lieux des travaux qu’après l’ouverture des chantiers. Car à voir comment leurs interventions sur les chantiers font inverser le cours des choses, le citoyen ne peut donc que croire au bon droit de ces mouvements.

Des équipements photovoltaïques d’abord sur les toitures : une évidence.

Il ne viendrait à quiconque l’idée de se désintéresser du fond du problème qui, ainsi posé, est facile à comprendre : il est préférable d’installer des équipements photovoltaïques d’abord sur les toitures au lieu d’obérer les surfaces. C’est le même argument qui prévalait pour choisir le monorail au lieu du tramway, s’agissant du TCSP. Mais les débats ouverts par l’affaire des énergies nouvelles font apparaître de singuliers arguments. L’argument du profit malin qu’on reproche au béké et aux multinationales envahit insidieusement l’ensemble du monde productif jusqu’aux plus petits acteurs de la vie économique. Au lieu de développer chez nos jeunes la culture des affaires on préfèrerait voir prospérer celle du gagne-petit. Le profit malin serait donc celui qui provient de la défiscalisation ou autres aides ou bonifications qui ne sont, d’ailleurs, toujours pas accordées qu’aux seuls chefs d’entreprises. Mais seul l’entrepreneur est dans le viseur. Il est donc interdit aux riches d’être plus riches, mais aussi aux non riches d’être riches. Et voilà que, l’air goguenard, on s’emploie sur un plateau de télévision à accuser presque M. Daunar de succomber à l’appât du « pactole ». On ne peut pas mieux faire pour diriger nos jeunes vers la fonction publique et faire prospérer l’idée de leur inaptitude au métier d’entrepreneur..

Les contribuables devront rembourser l’Europe.

Mais plus généralement, l’arrêt d’un chantier en cours expose l’entreprise aux pires difficultés. On ne compte pas le nombre de chantiers arrêtés qui entraînent la disparition des entreprises et la faillite des entrepreneurs. Ces derniers retiennent peu l’attention d’autant plus que les ASSEDIC servent d’amortisseurs aux salariés qui laissent ainsi l’entrepreneur seul face à ses déboires. Lorsque l’arrêt du chantier tient à un dédit de la puissance publique, la situation n’est pas différente. C’est alors le contribuable qui en fait les frais. Ainsi, suite au tollé provoqué par les travaux d’irrigation de Grand-Rivière, de recul de la Région en recul de l’Etat, la puissance publique avait repris l’autorisation accordée alors que des travaux avaient déjà été réalisés pour des millions d’euros. Aujourd’hui l’Europe demanderait à l’Etat de lui restituer la part des sommes engagées qu’elle aurait accordée pour une opération non réalisée.

Le jeune entrepreneur dit avoir reçu de l’Etat le permis de construire depuis 2007. Les travaux seraient en phase d’achèvement. On n’ose penser aux conséquences que pourrait avoir, pour la poursuite des activités de cette entreprise et pour le chef d’entreprise lui-même, un nouveau dédit de la puissance publique.

Yves-Léopold Monthieux, le mardi 26/10/2010

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Cliquez ici pour lire les 6 Messages de forum

  • Photovoltaïque : Lorsque la puissance publique se dédit 26 octobre 13:18, par Responsabilité

    Aucune voie de recours n’avait jusqu’alors été utilisée.

    Un moratoire, oui pour ce qui n’a pas démarré, car construire sur des terres productives est aberrant, mais non pour les opérations faîtes en toute légalité, où toutes les voies de recours n’ont pas été utilisées dans les temps.

    Sinon, qui souhaitera encore investir demain ?

    Henri Louis-Régis ? Garcin Malsa ? Philippe Pierre-Charles ?

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  • Sera-t-il possible un jour de développer notre île ? Ces situation délirantes se multiplient à tout propos… comme si coute que coute, chacun essaye de détruire son avenir et celui de ses enfants.

    - Association écologique et agricole ? Est-ce vraiment compatible ? Le chlordécone nous a appris que non…
    - Protéger la terre au lieu de la cultiver… c’est malheureusement chose courante… la terre qui est mise en cause à Ducos était de celles-là…
    - Nous sommes dépendants de l’énergie produite ailleurs et qui pollue notre planète et notre île… mais on se refuse depuis des années à développer les énergies renouvelables… pourtant abondantes chez nous… pourquoi ? Quel intérêt financier lie nos "décideurs" et certaines associations dîtes "écologistes" à la sara ?
    - Cultiver de l’énergie… n’est-ce pas une démarche agricole ?
    - N’y a-t-il pas un leadership caribéen à développer en développant ces énergies et en les exportant alentours… ?
    - Le rêve ultime de tout martiniquais n’apparaît-il pas vraiment lors de ces blocages : être fonctionnaire d’un Etat idéal et gras, qui dirigerait vie et consciences… ?
    - Seule la misère, le renoncement, la lenteur résistante et l’inaction auraient une valeur morale ? Même avec leur cortège d’enfants : violence, désespoir, mésestime de soi, haine, répétition transgénérationnelle, recours aux paradis artificiels… etc ?

    Ce dossier, comme celui du TCSP ou de l’éducation et la formation, ou de la prévention… est symptomatique. il est temps de penser au soin. Je suis scandalisé.

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  • Je viens prendre part et au cote de cette entrepreneur c’est lui qu’il faut aider car c’est de l tromperie du preferable au petrole plutot que du propre Total fait obstruction au voltaïque car c’est reconnu depart le monde entier que le solaire ne laise rien comme polution les allemands ont acheter des terres au sahara pour produire leur energie propre n’ayant pas de soleil Venez chez moiici solaire electrique solaire ecs Venez MrDaunar j’ai une asso qui vous aidera a vous deffendre et ensemble faisons une campagne d’info solaire toiture pour que les 55millions donne a la sara pour perte de profitpour ïque en Martonique la reunion nous a depase de loin dansleur programmeJ’attends votre mail

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  • Ce jeune entrepreneur, a le mérite d’avoir senti le filon bien avant d’autres. C’est vrai que certains agriculteurs, après avoir épuisé toutes les possibilités de subvention en matière agricole sans que leur situation s’améliore, après avoir essayé vainement de déclasser ces terres pour les planter en bêton, se sont tout naturellement tournés vers cette filière nouvelle et prometteuse. Un investissement assurément sans risque avec des retombées pécuniaires quasi immédiates. L’idée d’une ferme même photovoltaïque sur de la terre agricole, ça sonne bien. La présentation de ce qu’on pourrait appeler, les premiers pas vers une autonomie énergétique à partir d’une source « propre » finit par endormir les esprits les plus critiques. Les autorités : préfecture, conseil régional (ancienne formule) maires, ont foncé tête baissée dans la brèche, reconnaissant aujourd’hui du bout des lèvres qu’il y a comme un petit couac.

    En effet beaucoup de paramètres inconnus surgissent et demandent réflexion. Des centaines d’hectares de terres sont condamnées à être polluées par ces panneaux, qui en fin de vie viendront s’entasser dans nos décharges. Quand on voit l’espace réservé aux batteries dans le cas d’une maison individuelle aménagée en cellule photovoltaïque, on s’imagine leur nombre sur plusieurs hectares et la difficulté à leur trouver un lieu de stockage après usage. Sachant que pour les besoins du pays ces projets sont en surnombre, la monoculture de cellule photovoltaïque, nous éloigne de l’indispensable nécessité de varier nos sources énergétiques. Puisqu’il s’agit de fermes livrées clef en main, l’argument « producteur d’emplois » n’est pas convaincant.

    Ecologiste et agriculteurs ont à mon avis raison de protester. Evitons de saccager notre pays par des actions inconsidérées et irréversibles. Bien sûr, il y des entrepreneurs qui se sentent floués dans cette affaire, mais je reste persuadé que dans la concertation, le bon sens et la raison finiront par prendre le pas sur une vulgaire histoire de gros sous.

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    • Il n’y a guère de bon sens à déballer des contre-vérités… Un champs photovoltaïque comme celui de Ducos tient en 3-4 containers (comme somme de déchets, on a vu bien pire par chez-nous… ça représente à peine la quantité de pesticides et d’engrais déversés par an sur ces mêmes surfaces de terre plantées en banane, sans compter le kérosène qu’il faut pour les amender… pendant ce temps, combien de voitures importons-nous, par jour, qui finiront au bord de nos routes !??? Faudrait-il interdire l’importation des voitures ??? De plus la zone en question était aux 3/4 un marécage quasi impossible à cultiver ! De plus photovoltaïque et agriculture peuvent être associés… ce que fait l’Espagne et la Californie, en mettant les panneaux à 2-3m du sol et en profitant de l’ombre des panneaux pour produire des légumes "sensibles" à notre soleil.

      Qu’ont fait, dans notre passé récent nos chers agriculteurs ??? à part détruire notre terre au chlordécone, lui, impossible à démonter… ??? A part les monocultures de la canne ? de la banane ?

      Et nos écologistes de carnaval… que vont-ils faire dans cette galère… toujours prêts à défendre l’indéfendable… en oubliant de défendre la nature, et à préparer un développement durable pour nos enfants… !

      Cette histoire, la mauvaise foi qui s’y rapporte… m’interroge sur l’honnêteté des protagonistes… en particulier de ceux qui bloquent ce type d’initiative ! Y compris à la région… L’entrepreneur en question… lui, sa motivation est simple… gagner de l’argent en développant son pays et en proposant une saine alternative à la sainte Sara !!! Sainte Sara qui n’aime pas ce genre d’initiative… empiétant sur son domaine exclusif de l’énergie aux Antilles… ses vassaux n’aiment pas non plus !

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