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Un Congrès mort-né

Publié le 10/10/2010

Serge Letchimy l’indique sur sa page facebook : "Dans une société qui se veut démocratique il faut savoir exposer ses idées à la discussion et discuter des idées de l’autre. Le but d’une discussion ne doit pas être la victoire mais l’amélioration".

Mais quelle sera en ce sens l’amélioration portée au projet de Collectivité Unique, sans la discussion avec une opposition absente de ce Congrès annoncé fin octobre ou début novembre 2010 ? (Le Président du PPM a en effet annoncé son intention de reporter de quelques jours la tenue du congrès suite à la disparition de l’un des cadres supérieurs de la Région).

Un "déni de démocratie" de la part du PPM et du gouvernement ?

Tour à tour, le MIM et le RDM ont dénoncé le "déni de démocratie" que représente la convocation précipitée d’un Congrès pour discuter des compétences de la Collectivité Unique.

Du côté du PPM, l’objectif affiché et renouvelé est d’informer élus et population, et de réussir à présenter au gouvernement un projet consensuel et complet, apportant des propositions aux questions restées en suspens (les compétences, le mode d’élection...). Un objectif qui a d’ores et déjà du plomb dans l’aile : les anciens partisans de l’article 74 ont déjà annoncé leur décision de boycotter la réunion, et exigent que soit respectée la volonté populaire, clairement exprimée à l’occasion des deux votes successifs des 10 et 24 janvier. La question posée aux électeurs de la Martinique et de la Guyane ne semblait en effet pas laisser place à des discussions complexes, puisqu’elle demandait à ces derniers de se prononcer sur la fusion des deux collectivités et de leurs compétences. Une fusion qui nécessitait une loi ordinaire, de création et d’organisation de la nouvelle collectivité.

Mais à l’occasion de son point presse du 4 octobre dernier, la Ministre de l’outre mer confirmait qu’en plus de la loi ordinaire, le gouvernement travaillait à la préparation d’une loi organique, intégrant notamment les domaines dans lesquels la collectivité disposerait d’habilitations. Un processus différent de celui qu’elle présentait le 6 janvier 2010, à l’occasion d’un entretien accordé à l’hebdomadaire l’Express :

L’Express : Que se passera-t-il en cas de victoire du oui le 24 janvier ?

MLP : Cette fois, nous nous attellerons à la rédaction d’une loi ordinaire - et non plus organique - créant une seule collectivité qui disposera des compétences du département et de la région. Cette loi devrait se préparer plus vite, mais prendra tout de même un peu de temps, car il faudra arrêter la composition de cette nouvelle assemblée : le nombre d’élus, le découpage des circonscriptions, le corps électoral, etc..

Vers un Congrès efflanqué, et une ambiance politique détériorée

Ceux qui avaient cru à un apaisement des joutes politique une fois les votes de janvier acquis, constatent aujourd’hui leur erreur. Les échanges demeureront vifs durant plusieurs années encore : élections cantonales, sénatoriales, présidentielles et législatives se succèdent à partir de mars 2011, dans un calendrier dont la "clôture" pourrait se situer en 2014, date clef des réformes institutionnelles.

Dans la perspective de tous ces rendez-vous électoraux, le président de Région, qui semble bénéficier à la fois du soutien du gouvernement, et de l’état de grâce lié à ses nouvelles fonctions, aura néanmoins fort à faire pour contenir l’offensive lancée contre lui. Autoritarisme dans l’assemblée régionale, unilatéralité dans la gouvernance, détournement de la volonté populaire, son opposition, aujourd’hui concentrée autour de Claude Lise, président du Conseil Général, souligne avec insistance ses "faux-pas" sur tous ces sujets.

Objectif : entamer la crédibilité du leader du PPM, pour éviter la chute du Président RDM du Département en mars prochain, pour conserver des marges de manoeuvre en vue de la présidence de la Collectivité Unique, pour éviter "l’hégémonie" du PPM sur le pays.

FSRR 10 octobre 2010

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  • Un Congrès mort-né 11 octobre 09:17, par virassamy joseph

    Cher FSSR

    vous auriez pu intituler votre texte de la façon - orientée- suivante :

    "Le CONGRES dit NON à Serge LETCHIMY"

    ou encore

    "L’air du temps dit NON au Congrès"

    ou encore

    Claude LISE dit NON à Serge lETCHIMY"

    car enfin cher ami, pourquoi diable, LETCHIMY va-t-il au devant d’un Congrès pour une collectivité qui ne verra jamais le jour ?

    Je l’ai dit hier aux camarades du PS, qui m’ont religieusement écouté:La loi voulant créer cette collectivité ne passera l’examen du Conseil Constitutionnel.Ils se souviendront, je le pense, de ma prédiction.

    Vous aviez dit et redit que le Conseil d’Etat m’avait dit NON. Mais voyez que même dans son ordonnance rectificative (hors délai)du 9 septembre, il a réaffirmé que DEPARTEMENT et REGION demeurent.

    Or la collectivité Unique, comme son nom l’indique ne peut se concevoir que "se substituant" au Département et à la Région.

    Le CONSEIL d’ETAT dit qu’il n’y a pas substitution. Il l’a dit le 19 juillet ,il l’a répété le 9 septembre.

    "Pas de bras, pas de chocolat"= "Pas de substitution, pas de collectivité Unique"

    C’est en substance ce que je dirai,dans ma QPC,au Conseil Constitutionnel.

    L’alinéa 7 de l’article 73 est formel.Quand on est département et qu’on veut quitter ce statut il faut deux conditions : substitution et consentement.

    Selon le Conseil d’Etat, il n’y a eu ni l’un ni l’autre.

    Et s’il n’y a pas eu substitution, a quoi donc a servi la consultation truquée du 24 janvier ? Le Conseil d’Etat l’a dit lui-même : à approuver l’ASSEMBLEE UNIQUE.

    C’est la seule porte de sortie. Il n’y en a aucune autre.

    Et voilà pourquoi le moral des partisans de la collectivité Unique commence à flancher. Hier à l’Université des Mornes du PS, c’était flagrant : ceux qui continuent à parler de la collectivité unique n’en parlent qu’avec une conviction en berne. Ils savent qu’elle a du plomb dans l’aile, beaucoup de plombs ;

    Et le report du Congrès n’en est qu’une manifestation supplémentaire.

    JV

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  • Un Congrès mort-né 11 octobre 09:46, par Franck SRR

    Merci notre cher fidèle pour ce retour du berger !

    Que d’énergie gaspillée alors, par nos élus qui s’étripent dans des commission mixtes et des Congrès à n’en plus finir, et par un gouvernement qui s’entête à vouloir nous concocter deux belles lois fondatrices autour d’un concept lui aussi visiblement mort-né !

    Il nous faudra donc d’un nouveau Congrès une fois tout cela effondré pour définir les contours de l’Assemblée Unique, et d’un nouveau vote des martiniquais !

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  • Un Congrès mort-né 11 octobre 15:22

    Tous les gens sensés se battent pour arriver le plus tôt possible à la retraite en espérant pouvoir encore disposer, de quelques bonnes années de vie et enfin jouir pleinement de cette magnifique conquête sociale. Pourtant en cette bonne vieille Martinique, il existe une catégorie de vieux gorilles qui sont telles des sangsues, accrochées à leur pouvoir et autres avantages. Quand on les écoute, c’est pour le bon peuple qu’ils se battent, ce n’est jamais pour leur poche. En disant cela, je vise deux fossiles en particulier, lesquels font une fixation sur le Congrès. On les savait capons, mais là, c’est une véritable phobie qui s’empare d’eux à la seule énoncée du mot « congrès ». C’est décidé, ils préfèrent « kayé » ce jour là, que de s’y rendre. La politique de la chaise vide, n’est jamais la bonne solution, mais on verra ce que cette attitude donnera en mars prochain. D’aucun chuchotent déjà « Pour qui sonne le glas ? »

    Répondre à ce message

    • pour qui sonne le glas ? 11 octobre 16:47, par quès aco ?

      Oui, "pour qui sonne le glas ?". On se penche sur le sort de nos pauvres présidents. On est bien dans le cadre de la politique politicienne où nos leaders réussissent à nous scotcher. Personne ne se soucie du sort de la Martinique, personne ne pense que le glas pourrait sonner pour la Martinique.

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  • Un Congrès mort-né 11 octobre 20:29, par martinique bafouée

    N’est-ce pas lamentable ce qui ce passe ? Des dirigeants politiques qui refusent l’idée même d’un congrès . ceux la même qui hier réclamaient des responsabilités locales pour conduire ce pays, aujourd’hui appellent au secours le Président de la République Française pour décider pour nous et leur transmettre ses décisions ensuite pour avis. tout cela est hallucinant . Et je n’entends pas le peuple . Ne se rend t’il pas compte de l’ignominie de ces farceurs contre notre pays ?

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  • Un Congrès mort-né 11 octobre 21:38

    Eh quès aco ? Ké tal ?

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