Haïti dans la déveine
Tweet"Haïti dans la déven’, misè yo pa ka bout’" est le couplet d’une célèbre chanson du pays d’Haïti, reprise par les plus grands artistes créoles. Haïti toujours dans la déveine un an exactement après le terrible seïsme du 12 janvier 2010, ses 250 000 morts, ses 300 000 blessés, ses milliers d’amputés à vif, son bon million de sans abris, et ce Choléra importé qui continue à tuer...près de 4000 morts, encore.
Déveine quand ceux qui sont supposés l’aider se refusent à voir plus loin que leur stratégies particulières, qu’il s’agisse d’Etats ou d’organisations privées. Quand des humanitaires de bonne foi sont des "jouets sombres" "dans les eaux glaciales" de ces intérêts privés. Ou quand certains de ces humanitaires nourrissent parfois eux-mêmes des desseins bien obscurs : trafics d’enfants, recrutement de fidèles...
Une coordination nationale légitime est indispensable lors de grandes crises. Or l’Etat haïtien, déjà faible auparavant, est désormais à la dérive. L’organisation d’élections en cette période troublée n’a rien arrangé. Au-delà des violences provoquées par les soupçons de fraude, les longs mois de cette période électorale, et l’absence de décideurs à la tête de l’Etat, ont achevé d’entraver l’action de reconstruction.
Et clou de ce triste spectacle, René Préval, président sortant, qui avait encouragé l’intervention de l’Organisation des Etats Américains (OEA) dans la préparation et le contrôle des élections, semble s’apprêter à refuser le verdict de cette même organisation. L’OEA préconise en effet le retrait de son poulain - et probablement futur gendre - Jude Célestin. L’obstination de "Ti-René" prolongerait la plongée d’Haïti dans ce "chaos" complexe, dont la communauté internationale n’est assurément pas seule responsable.
Franck SRR
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