Publié le 06/10/2010
Les moyens mis à la disposition des collectivités, assure le président de la Région, ne permettent pas de développer la Martinique. Selon lui, il en faut de nouvelles et il invite les élus à le dire au cours d’un congrès qu’il convoquera le 25 octobre prochain. Il n’est pas besoin pour cela de quitter l’article 73. S’agirait-il alors de demander au congrès l’autorisation d’utiliser des moyens que nous possédons déjà ?
Au plan local, la réunion du congrès est l’acte d’ouverture de la procédure d’évolution institutionnelle qui se termine par la consultation populaire. Peut-on imaginer une nouvelle décision du congrès qui ne soit pas sanctionnée par une nouvelle consultation ?
On observera qu’à l’image de ce qui avait été reproché à AMJ, les élus de la région ne semblent pas avoir été consultés avant l’annonce de la décision. Par ailleurs, en 2008, le délai entre l’annonce et la tenue de la réunion était de deux mois, il est aujourd’hui de trois semaines. Cette date est-elle liée à la date butoir du 30 octobre fixée par la ministre de l’Outremer ? Reste que la brutalité reprochée hier à AMJ n’est pas moindre aujourd’hui. « La population « doit » comprendre » l’évidence et l’inéluctabilité de cette décision, vient d’affirmer son successeur.
« Plus de 80 000 personnes en-dessous du seuil de pauvreté »
Pour sa part, le président du Département, qui pourrait cacher un autre, s’oppose formellement à ce congrès qui signifierait, d’après lui, que « la question posée le 24 janvier par le président Sarkozy n’était pas claire ou que la majorité des électrices et des électeurs qui y ont répondu « oui » ne savaient pas ce qu’ils faisaient ». Joseph Virassamy ne dit pas autre chose. Claude Lise estime que l’urgence doit se porter ailleurs. Il lance un véritable SOS : "La Martinique va mal... le mal a désormais atteint un très haut niveau de gravité »... plus de 80 000 personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté ». La Martinique « atteint déjà les moins 6 % ». L’explosion de la demande sociale qui asphyxie les budgets du département et des communes atteste que le mal est également un mal social. En un mot, le mal serait généralisé.
Au nom du « devoir de responsabilité… »
Au nom du « devoir de responsabilité », le patron du RDM déclare donc s’opposer à l’ouverture d’« un débat institutionnel qui risque d’empoisonner le climat politique et de compromettre tout effort de redressement économique ». Cette déclaration est à la fois surréaliste et juste. M. Lise souhaite que ne soit pas ouvert un débat qu’il a pourtant lui-même ouvert avec le Rapport Lise – Tamaya et qu’il a entretenu, notamment pour la Loom, avec une détermination qui a contribué à la situation actuelle. On voit bien que ce débat n’est pas terminé. Par ailleurs, il reconnaît implicitement les inconvénients économiques et politiques d’un tel débat, ce en quoi il a raison, à la différence près que les dégâts d’aujourd’hui sont ceux du débat en cours, pas, ainsi qu’il tente de le faire accroire, ceux d’un débat à venir.
Une Martinique responsable, mais responsable de rien.
Au nom du devoir de responsabilité, après 30 années de pouvoir décentralisés, la responsabilité des élus martiniquais, celle des « spécialistes martiniquais », ne figure nulle part dans son propos. Les causes de la faillite seraient structurelles, sous-entendu d’ordre statutaire. Elles seraient également dues à la crise économique et aux entreprises. Mais le devoir de responsabilité le conduit à se retourner vers l’Etat dont il souhaite « la forte implication ». Drôle de réflexe de responsabilité que celui qui consiste à dire que la Martinique, qui possède l’exclusivité de ses « spécialistes », est responsable mais n’est responsable de rien, et que c’est toujours l’Etat qui doit payer. Pour faire face aux caprices des éléments atmosphériques, le maire de Schoelcher a décidé de soumettre à l’Etat un dossier de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Le militant nationaliste est pressé d’en appeler à l’Etat, mais il en a juridiquement le droit. Mais c’est quasiment le même réflexe manifesté par M. Lise pour pallier aux caprices de la météorologie politique martiniquaise. Comment s’étonner, dès lors, qu’avec un tel état d’esprit la Martinique ne se retrouve ainsi encayée au milieu du gué institutionnel.
« La forte implication de l’Etat » est attendue
Ainsi « la forte implication de l’Etat » est attendue afin de réparer les dégâts d’une politique qui a concentré sur le débat institutionnel toutes les intelligences pendant dix ans. Et encore, il s’agirait sans doute d’un acompte issu d’un état de situation ponctuel, qui sera vraisemblablement revu à la fin du processus. Car, sans préjudice de prolongements ultérieurs, ce désordre institutionnel, social et économique devrait durer encore pendant quatre années supplémentaires.
Le privilège de la Martinique par rapport à tout autre pays ou collectivité est que le statut actuel qui est tant exécré lui permet d’organiser sans risque sa faillite, de ne jamais déposer le bilan, comme c’est un peu le cas pour la Grèce, et exiger que cet état de catastrophe politique se prolonge autant que souhaitable au frais de l’Autre.
On vous le jure, cela s’appelle la responsabilité.
Yves-Léopold Monthieux, le 6 octobre 2010
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Ayant entendu SL ce matin à la radio, il a affirmé haut et fort qu’il ne s’agissait pas au travers du congrès de relancer le débât institutionnel, mais de pouvoir présenter une position majoritaire si possible au gouvernement sur les 3 points restant à trancher.
Celui qui focalise toutes les attentions est celui sur les compétences. Il est bien évident que ne pourrait être demandées par voie d’habilitation que des compétences qui auraient déjà pu, à l’instar de la Guadeloupe ou de la Réunion, être demandées dans le cadre institutionnel actuel (Région et Département).
Sinon SL donnerait raison à ceux qui le soupçonnent de noirs desseins. De même, il serait utile d’être un peu plus respectueux sur la forme (délais...).
Il sera intéressant de voir qui s’y rendra et ce que donnera un vote à bulletin secret
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Quand avant les élections l’on disait aux partisans de droite comme de gauche qu’il était dangereux de voter pour la collectivité unique parce qu’en fait ,le problème qui se posait était celui de la mésentente de nos hommes politiques,ils nous répondaient qu’il fallait que l’on sorte de la situation dans laquelle on se trouvait parce qu’elle était la pire.La collectivité unique :la panacée !! Aujourd’hui, force est de constater que sur bien des aspects un Marie Jeanne a remplacé un autre Marie Jeanne. Les problèmes économiques sont loin d’intéresser les politiques ; seules comptent,et pour longtemps encore ,les questions de statut ou d’évolution institutionnelle. Je trouve criminel d’avoir poussé des gens à faire un choix qui n’offrait aucune garantie d’une meilleure situation. Les investisseurs finiront par fuir ce territoire dont les intellectuels sont des irresponsables. Les partisans de la collectivité unique sont de plus en plus silencieux et certains n’hésitent pas à critiquer SL alors qu’ils ont voté contre les positions traditionnelles de leur parti pour soutenir le projet de l’actuel président de région.La chanson de Luis Angel disait :"volè volè volè,diab ka ri mé zanmi ga yo,ga yo…" .Je reste persuadé que nos chers intellectuels seraient bien inspirés de se regrouper en force de propositions économiques pour infléchir cette tendance de mettre en avant ,souvent comme excuses,les questions institutionnelles ou de statut.
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Je constate que les présidents territoriaux de Guadeloupe M. LUREL et GILOT, après dix huit mois de mûres réflexions, sont très prés de la position adoptée par messieurs LESUEUR et LAVENTURE en 2003, à savoir garder les deux collectivités débouchant sur une assemblée unique ayant comme référence la ville de Paris.
A l’instar de feu Emile Maurice qui voyait l’avenir de la Martinique à travers le développement touristique et qui était honnit des hommes dit de gauche, actuellement plus projet touristique que moi, tu meurs.
Les hommes de droite qui sont qualifiés d’oxydés et de rétrogrades, sont-ils des avant-gardiste ?
Si cela s’avère exact, ils devraient faire payer des droits d’auteurs aux doucineurs.
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La convocation du Congrès est programmée. C’est une décision politique qui nous engage tous, en faisant fi de notre avis. On s’attendait donc à ce que vous émettiez une opinion sur la question. Votre silence est-ce un assentiment tacite ou du fatalisme ?
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Mon cher Obéro, il est un temps pour analyser les situations, qui suscite la réflexion, et un temps pour prendre parti et défendre ses idées. Le parti pris n’intéresse en réalité qu’un petit cercle de polémistes, dont vous êtes apparemment.
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Vous opposez deux choses qui sont de mon point de vue indissociables : la réflexion et le jugement ; le "parti pris" étant une des modalité du jugement. Et c’est précisément la disjonction entre réflexion et jugement qui constitue un des principaux problème cette démocratie d’opinion où en dernière instance les voix qui font la décision sont celles des réseaux et les médias. Aucune analyse de la situation présente ne peut éluder le fait qu’on est en train de faire une proposition, celle d’un nouveau Congrès, qui ne va pas de soi et qui peut peser profondément et durablement sur le présent et l’avenir de ce pays. L’analyse, à moins qu’il ne s’agisse que d’un exercice purement académique et mondain, devrait permettre d’éclairer le jugement des citoyens. On peut ne pas être d’accord avec la position du Président LISE et même dénoncer ce qu’on croit être chez lui une posture politicienne, reste encore à argumenter sur ce que devrait être la réponse politique adéquate face à cette proposition si peu banale huit mois après deux consultations ou on pouvait penser que ce qui devait être dit, pour l’heure, avait été dit. A moins qu’on considère que la seule attitude politique face à ce qui est de mon point de vue (cela n’engage que moi) une offensive politique c’est le "ressassement" des ressentiments.
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Le sujet de Serge Monthieu est absolument pessimiste ; il y a catastrophe quand il y a pénurie de recours et par conséquent manque de réflexion de la part de nos hommes politiques.Je dois rassurer l’auteur,les hommes politiques martiniquais sont en ce qui concerne la vieille garde assez bien formés ; je ne me hasarderai surtout pas à porter de jugement négatif sur Carole, ni sur Marie-Sainte,ni sur Lesueur, ni sur Laventure ; je ne me permettrai pas de porter de jugement négatif sur Chauvet, ni sur Letchimi, ni sur Marie-jeanne.Ce sont des gens bien au fait de la chose politique.Ce sont des gens qui depuis des décennies sont sur le terrain et qui se sont pour certains aguerris dans le syndicalisme.Donc, dans le camp indépendantiste, il y a des gens à formation politique solide ; à droite de même ; chez les autonomistes de même.Donc le pays n’est pas indigent en leaders, potentiels.Ce qui change la donne, c’est l’application que ces hommes font de leur savoir en culture politique.Ceux que j’ai cités sont largement au dessus du lot.Je devrais y ajouter un certain nombre comme Désiré, Delépine, Dulis (en osmose avec le sage Petit), Madeleine et son mari,Saé, Marie-Hélène, Mondésir,liste non exhaustive etc, tous des hommes et des femmes de plus de cinquante ans ; et puis il y a la classe montante des Nilor,Sainte-Aimée,Mégnan, Rapha, Clémenté, actifs politiquement mais qui ne bénéficient pas de la formation et de l’expérience des premiers cités.Ils ont un vécu différent de celui des premiers cités.On les classe en trois groupes, les indépendantistes, les autonomistes et les intégrationistes.ILS SONT TOUS ISSUS DU LABORATOIRE DE LA COLONISATION QUE L’ETAT FRANCAIS SE COMPLET A APPLIQUER INLASSABLEMENT SUR LEUR CERVEAU ;le rôle de l’Etat français est de faire en sorte que les ressortissants des DOM deviennent de parfaits français dans leurs têtes et leur comportement ; cela depuis 1946, renforcé au lendemain de la reconnaissance des indépendances par l’ONU en 1960.Donc, il va affaiblir les nationalistes et donner du balan aux intégrationistes.Or, si leur action était vraiment efficace, on verrait aux élections un succès grandissant de la droite.Or ce n’est pas le cas et rien que pour cela, je peux affirmer qu’il n’y a pas encore, comme le dit Monthieu de catastrophe politique.Car le peuple vote pour les nationalistes, autonomistes et indépendantistes.lE RISQUE que font courrir les indépendantistes au peuple c’est par leur stratégie.Ne voulant pas faire leur autocritique, ce qui leur permettrait de reconnaître le caractère utopiste de leur revendication nationale, ils se croient plus forts que le Hamas. Et dans leur démarche à haut risque ils s’opposent à tous les coups aux autonomistes.Alors qu’ils ont intérêt à opter pour l’autonomie actuellement, quelle soit étape ou pas, c’est le peuple qui décidera. Ils sont menés par des leaders qui se révèlent liliputiens de la stratégie.Pourquoi, parce que ces lesders sont obnubilés par le Pouvoir, revenir au Pouvoir.Politiquement, c’est une ineptie ;l’histoire nous démontre que un parti ne revient au pouvoir qu’avec des têtes nouvelles.Le perdant s’efface au profit du second au minimum ; Et le cas échéant, avec des idées éclaircies et renouvelées.On ne charoie pas de l’eau dans un panier percé.Un panier percé sert de référence ; on lui met une statue et on avance dans l’intérêt du Peuple avec des gens nouveaux.Et en plus cela doit se produire après autocritique publique.Or le gouvernement français est arrivé, après avoir essayé de fourvoyer nos leaders dans ce qui n’était pas l’autonomie, mais un montage néocolonial dans le 74, à faire se dresser les uns contre les autres, des indépendantistes potentiellement autonomistes et des autonomistes authentiques.C’est un combat de coqs dans lequel seule la France sera gagnante car elle seule arbitrera.Le résultat sera l’alourdissement de la chape de plomb assimilationiste sur notre tête.Les pistes sont en plus brouillées par des transfuges du PPM, autonomistes eux-aussi qui veulent empêcher leur ancien parti d’arriver au pouvoir.Le leader préfère vendre son âme en s’alliant aux indépendantistes, eux aussi autonomistes transitoires.
Scientifiquement analysée, quelle sera l’issue d’une telle confrontation ? autonomistes contre autonomistes,, cela revient à dire existence d’autoanticorps ; nous serons devant une maladie autoimmune dans la quelle l’organisme se détruira lui-même.lA MARTINIQUE MARTINIQUAISE NE VERRA PAS LE JOUR ET NOUS SERONS PLUS QUE JAMAIS LES RATES DE LA DECOLONISATION ; Nous serons les zoos que Glissant a annoncés dans le "Discours antillais" ; un tourislme intense s’activera chez nous .
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