"Non madame, je ne vous donne pas la parole !"
"Non madame, je ne vous donne pas la parole".
En prononçant ces mots, lors de la séance plénière du 14 septembre 2010, Serge Letchimy, président du Conseil Régional de la Martinique vient d’ouvrir un nouveau front dans la guerre de positions qui oppose sa majorité à une partie de l’opposition, autour des questions de fonctionnement de l’assemblée.
Genèse de la nouvelle friction : Le président et les élus évoquent, en ouverture de séance, la délicate question du courrier adressé aux élus régionaux, qui a déjà valu de nombreux échanges entre groupes, et un référé du tribunal administratif enjoignant le président de ne pas ouvrir le courrier des élus.
Il s’agit cette fois de décider en commun du traitement réservé aux courriers, réexpédition ou amélioration du fonctionnement des casiers d’élus à la Région. Au terme de plusieurs interventions, le président indique son intention d’effectuer une visite des actuels casiers avec les élus intéressés, et annonce le second point de l’ordre du jour. Sandrine Saint-Aimé demande alors la parole, et commence une intervention sur le sujet précédent. L’élue du MIM est aussitôt interrompue par Serge Letchimy, qui lui indique être passé au sujet suivant, et l’invite à revenir sur son intervention à l’occasion d’une prochaine plénière, ou en adressant un courrier au président. Surprise de l’élue et fin de l’acte 1.
La conseillère régionale n’en reste pas là. Soutenue par son groupe, elle adresse le courrier ci-dessous au président de région, et entend bien soulever la question de la liberté de parole des élus lors de la prochaine plénière.
Pour notre part à Politiques Publiques, ce énième accrochage sur une question de forme nous suggère deux réflexions :
Etait-il utile que les indépendantistes du groupe des "Patriotes Martiniquais et Sympathisants" portent devant la "justice coloniale française" une demande de non ouverture de leur courrier, et n’avaient-ils pas d’autres moyens de régler ce problème "entre martiniquais" ?
En quoi était-il important pour un président de Région d’interdire à une élue de s’exprimer sur un sujet encore frais, quand bien même allait-on aborder un autre point de l’ordre du jour...
Avec d’un côté une opposition qui se drape désormais généreusement du droit français, et de l’autre une majorité "autocratique" (terme employé par Sandrine Saint-Aimé dans son courrier) qui semble bien décidée à profiter de l’ascendant électoral offert par les martiniquais, on peut s’interroger sur le temps perdu autour de ces questions au détriment des vraies problématiques auxquelles sont confrontés les martiniquais....comme si la lourdeur des procédures des administrations et collectivités n’était pas déjà suffisante.
Le courrier de Sandrine Saint-Aimé
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