Collectivité Martinique : Sarkozy joue l’équilibre
TweetLes élus martiniquais expriment leurs premières réactions suite à la rencontre de ce lundi 8 novembre 2010 avec le président de la République. Des réactions globalement satisfaites, de part et d’autre.
Sur les principaux points abordés, l’intervention de Nicolas Sarkozy permet, en annonçant des "préférences" équilibrées, d’apaiser les tensions entre groupes politiques :
Sur le mode de scrutin, le Président de la République semble privilégier une élection à la proportionnelle intégrale, sur quatre sections (qui correspondraient aux quatre circonscriptions législatives actuelles). Si ce choix satisfait les élus du MIM et du RDM, qui l’avaient proposé au sein de la commission mixte, il est accompagné d’une autre proposition, issue des rangs de la majorité régionale. L’Etat envisage en effet de retenir la prime de 20% à la liste arrivée en tête. Un bonus qui selon Daniel Marie-Sainte, leader de l’opposition régionale, fausse la réalité du vote, puisqu’il accorde aujourd’hui une large majorité des sièges à une liste qui n’a pas recueilli 50% des suffrages des martiniquais. Pour Serge Letchimy, cette prime constitue un moyen de "stabiliser nos institutions".
Sur la fusion des deux collectivités, le principe d’une commission tripartite Région/Département /Etat (Préfet) a été validé. Cette commission permettra d’évaluer de manière collective tous les enjeux de cette lourde fusion.
Sur les compétences, l’Etat continue d’examiner avec les élus les compétences de la collectivité. Un point abordé avec prudence par le Chef de l’Etat, et par les uns et les autres. Au lieu de la loi organique envisagée début octobre par la Ministre de l’outremer pour ces compétences nouvelles, qui motivaient également la tenue du congrès à la demande du PPM, le président et les élus ont discuté des compétences que pourrait obtenir la nouvelle collectivité, à sa création, par voie notamment d’habilitations.
Sur la date de mise en oeuvre de la collectivité unique, aucune décision n’est arrêtée, mais il semble que le Président de la République, peut-être dans un souci de satisfaire les uns et les autres, ait évoqué la possibilité d’une mise en place entre 2012 et 2014. de son côté, le président de la région Martinique continue d’indiquer qu’"il faut se donner le temps de la mise en place", et souligne "l’impossibilité juridique qui existe de réduire le mandat des conseillers généraux".
L’ensemble de ces éléments sera consigné dans le projet de loi que les élus espèrent recevoir avant la fin de l’année 2010, comme le prévoyait le calendrier annoncé par Marie-Luce Penchard.


